72
Magazine Dijon

Automne 2017

 N°72
 
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07

Numéro 3 :

les Coteaux de l’Auxois, la résurrection


Aurélien Febvre © DR

La légende raconte que les vins de l’Auxois ont jadis eu carrément la cote, jusqu’à Versailles où les gens bien n’étaient pas les derniers à s’en envoyer dans le gosier. En 1830, ce vignoble atteint même 4500 hectares (2/3 de la Côte d’Or !) et puis ensuite, c’est le drame. Guerre par ci, phylloxera par là, exode rural à tout va. Bref, les vignerons déguerpissent et le vignoble laisse peu à peu place à d’autres cultures. Des irréductibles, comme les Febvre, conservent quelques parcelles à droite à gauche et développent des activités de pépiniériste et de distillateur histoire de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. Faut dire aussi que rien ne les incitait à miser plus que ça sur le pinard… Car soyons clairs, l’Auxois, tout le monde ou presque s’en fout ! D’ailleurs on cherche toujours le chapitre consacré à l’Auxois sur le site du BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne)… En 1996, si la création de l’IGP Coteaux de l’Auxois vient gentiment remettre les pendules à l’heure, il faudra attendre les années 2000 pour voir des vignerons motivés réapparaitre. C’est le cas d’Aurélien Febvre qui a repris le domaine familial il y a 15 ans. Deux petits hectares (2/3 de chardonnay et 1/3 de pinot noir et de gamaret – un cépage suisse particulièrement résistant) pour montrer au monde de quoi l’Auxois est capable ! Car oui, ce petit morceau de Côte d’Or en a sous le cep ! En bio depuis 2004, il dompte ce terroir singulier avec pas mal de culot et beaucoup d’aisance. Face à lui, deux versants orientés sud dans le coin de Thorey-Sous-Charny.
Quand on creuse un peu, on se rend compte que le sol argilo-calcaire du coin est issu de la même couche géologique que celle de Monthelie (ça donne déjà une idée du terroir). Seule différence ou presque, l’altitude. 80 petits mètres qui changent tout : pour preuve, chez Aurélien, les vendanges débutent généralement 15 jours plus tard qu’en côte de Beaune. Œnologue de métier (ça aide quand même un peu, beaucoup), Aurélien a toujours cru en l’Auxois alors il ne triche pas. Pour ses vinif’, il privilégie des récipients neutres (comme des jarres ou des œufs en béton) d’un point de vue aromatique pour ne pas venir bousculer ses vins, ou leur apporter quelque chose de plus. Ses « petits » vins sont en réalité des grands garçons très nature au caractère bien affirmé et qui n’ont besoin de rien, juste de piquer votre curiosité. En blanc, à l’aveugle, on ne part ni à Meursault ni à Chablis, même si une certaine minéralité vient nous titiller. Droits dans leurs bottes, ultra frais, avec pas mal d’arômes d’agrumes et de pêches et beaucoup de finesse, ils pourraient avoir tendance à nous dérouter. En fait, ne cherchez pas à quoi ils vous font penser, contentez-vous d’apprécier et d’écouter Aurélien. Ses vins (même combat en rouge) sont tout simplement des signatures de l’Auxois. Point. Des canons identitaires qui s’assument et qui n’ont pas à rougir.

À partir de 10 € au domaine, et sinon vous en trouverez sur table, au resto, comme chez Loiseau à Saulieu par exemple et peut-être un jour chez Dingovino à Dijon (n’est-ce pas François ?)


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