70
Magazine Dijon

Printemps 2017

 N°70
 
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06

par Émilie Chapulliot

Trump, le vin jaune et les autochtones.

Bon c’est vrai, Donald, c’est pas le mec le plus finaud que l’on connaisse. Pour autant, et je suis vraiment désolée de vous l’apprendre de cette manière, il n’a jamais prononcé cette phrase :

’’ le vin jaune est un concept ridicule inventé par les Chinois ’’


Trump

Cette vraie-fausse info, on la doit (Serrigny) à l’Écho de la Boucle, le Gorafi de Besac. Côté bourguignon, on l’avoue, ça nous a bien fait marrer. En vrai, ça nous a même fait cogiter grave. Je crois que Donald, le vin il s’en fout. Le Jura ? Je vois pas bien comment il pourrait s’en soucier, alors qu’il n’est pas foutu de placer l’Allemagne sur une carte. Mais c’est là où il est vraiment con : car avec des cépages autochtones, jamais croisés, jamais malmenés, jamais bousculés génétiquement parlant, jamais éloignés de leur terroir, le Jura incarne la pureté à l’état pur, la race suprême du cépage ! C’est d’ailleurs, ce qui dans le verre peut nous faire flipper. On voit rouge avec le nez épicé du Poulsard ou le côté poivré du Trousseau ; on devient tout blanc quand il s’agit d’avaler un Savagnin. Non mais c’est vrai, on se retrouve parfois bien couillon face à un cépage que l’on ne connaît pas. Faut dire qu’en Bourgogne on est relativement peinard avec notre pinot noir et notre chardonnay (un peu d’aligoté, de sauvignon et de gamay aussi par ci par là, mais pas de quoi paniquer).

C’est le moment de faire la paix. Cépages de tous les pays, unissez-vous.

Le Jura est incontestablement un paradis vert sur terre. Le voyageur se plaît à s’y perdre au hasard des reculées et des forêts. Il lui arrive parfois de tomber sur un morceau de Comté ou de croiser la route d’une saucisse de Morteau. Il se sent alors emprisonné dans des traditions et un puritanisme qui ne lui ressemblent pas vraiment. Car le wine-trotter est curieux, ouvert d’esprit et capable de grands écarts inattendus. Pour comprendre les vins du Jura et ses cépages typiquement atypiques, il va donc jouer la carte du multiculturalisme. Et improviser, l’air de rien, un voyage gustatif autour du monde, tout en restant les yeux rivés sur son verre de Jura. Moralité, la prochaine fois qu’il aura la mauvaise idée de dire que les vins du Jura ce n’est pas sa cam’, il tournera 7 fois sa langue dans sa bouche (encore épicée et émoustillée) avant de parler.

● Le déj’ vite fait mais bien arrosé Colombo de poissons / Savagnin

Savagnin

Pour accompagner ce colombo imaginé par le grand chef Picard, on dégaine un Savagnin. Pas n’importe lequel, une cuvée qui nous vient des parcelles de Côte de Feule et la Chaux, sur le vignoble de Pupillin. Ce qui est bien avec le Jura, c’est qu’on peut s’attendre à tout (dans le bon sens). Ce blanc par exemple n’est pas franchement typique des savagnins oxydatifs qu’on croise parfois. Pas lourd pour un sou, au contraire : franchement minéral et frais, parfait pour vous remettre les idées en place. La preuve aussi que derrière un cépage se cachent aussi un terroir et la main du bonhomme.
► Le vin : L’Essen Ciel, un savagnin 2014 du domaine Désiré Petit
(Prix départ cave : 11 €)
► Le resto : comme on n’a pas trop de restos antillais sous le coude (si vous en avez en stock, n’hésitez pas à nous sonner) on vous propose de faire une virée chez Picard. Colombo de poissons, riz et lentilles corail à 2 € tout pile.


● L’apéro entre potes Empanadas / Trousseau

Empanadas / Trousseau
Tous ceux qui ont la chance de parcourir l’Amérique du Sud se sont forcément enfilé ni vu ni connu, des empanadas, ces petits chaussons farcis de viande hachée et plutôt relevés. Même s’ils ne parlent pas la même langue, ils s’entendent plutôt bien avec les rouges jurassiens et particulièrement avec ce Trousseau de derrière les fagots. Du glouglou pour ne pas finir desséché et suffisamment de tanins et de tempérament pour tenir tête aux épices.

► Le vin : un côte du Jura (Trousseau) 2014 du domaine de Grand.
(Prix départ cave : 12 €)
► Le resto : Pachamama (traiteur péruvien) à Besançon (samedi matin au marché de Palente, mardi et vendredi au marché Révolution, lundi soir et mercredi soir sur le parvis de la Gare, empanada à partir d’1,80 €) ou Bulodo à Dijon en face de la gare au 55 de la rue Guillaume Tell (3 € pièce sur place ou à emporter).


● Le plateau télé Wok / Poulsard

Poulsard
Avec un wok tout doux (plus sucré que salé : porc, ananas, choux-fleur, pousse de bambou, shiitake, cacahouètes et sauce soja), on est bien content de rencontrer la légèreté de ce Poulsard qui nous vient tout droit de l’Étoile. Frais, fruité et facile : l’allié idéal et tout en gourmandise d’un bon plateau TV sans prise de tête.

► Le vin : un côte du Jura (Poulsard) 2015 du domaine de Montbourgeau.
(Prix départ cave : 10 €)
► Le resto : MyWok, 3 Boulevard de Sévigné à Dijon ou 1 Rue d’Arènes à Besançon. (wok sur place ou à emporter à partir de 6 €)


● Le brunch Kurtos / vin de paille

vin de paille
Si ce vin de paille est un dessert à lui tout seul, on ne se refusera pas pour autant une petite brioche hongroise avec. Son nom de scène c’est « kürtoskalács ». On vous épargne la phonétique, on vous précise juste qu’elle nous vient de chez Simone et Maurice, une jolie boutique rue de la Chouette, à Dijon. Anne-Claire, l’épicurienne en chef (sortie major de promotion de la prestigieuse école de gastronomie Ferrandi) est aussi très douée dans la création de glaces artisanales, mais ce n’est pas le sujet. Pour en revenir à nos moutons jurassiens, on vous dira simplement qu’un bon vin de paille peut créer la surprise et la note de douceur qui va bien à la fin d’un repas.
► Le vin : vin de paille 2011 du domaine Pignier
(Prix départ cave : 30 € les 37,5 cl)
► Le resto : Simone et Maurice 6, rue de la Chouette Dijon
(kürtoskalács sur place ou à emporter à partir de 3 €) ■


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