64
Magazine Dijon

automne 2015

 N°64
 
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08

Sophie Claudel Directrice de l’École Nationale Supérieure d’Art de Dijon


Sophie Claudel © Julien Dromas Sophie Claudel © Julien Dromas

Partie en 2003 à Londres puis à New-York, elle retrouve, après onze ans d’absence, un Dijon plus sympathique, plus ouvert. L’espace public a changé. Il y a plus de restaurants, de cafés, de vie.
Sophie a hésité longtemps entre un poste de directeur de la philanthropie à New-York dans le secteur privé et la direction de l’ENSA à Dijon dans le secteur public. Estimant que la culture est une mission de service public, elle choisit Dijon. “Onze ans sans la France, si je ne rentre pas maintenant, je ne rentrerai plus.”
Sophie présente un projet pour l’école de Dijon. Arrivée en finale avec un homme, Aurélie Filippetti, alors ministre de la culture tranche : puisqu’ils sont ex æquo, je prends la femme.

“Le problème numéro un des écoles d’art en France, c’est l’ouverture vers l’extérieur. À l’étranger, les campus sont des lieux de vie avec un théâtre, des galeries, une mini-cité. Donc, excepté au moment des examens, j’aimerai avoir trois grands projets de développement pour cette école.
Premièrement, faire une école encore plus ouverte sur l’extérieur
Deuxièmement, faire que l’école ait un vrai projet artistique
Troisièmement, avoir une ouverture, une envergure internationale.”

Un workshop réunissant tous les acteurs de l’école a proposé trois axes de travail :

1- Une école de peinture.

2- Art et société. Le point de départ d’une œuvre pourrait-il être le citoyen et non pas l’artiste ? Réfléchir à la question de l’usage, l’œuvre dans des endroits usités… La contrainte de la commande peut-elle être créatrice ?

3- Les mutations urbaines. Les élèves en design d’espace se pencheront sur le parcours d’art contemporain mené par le pôle contemporain.

Dix ateliers de recherche et de création sont lancés et génèreront 108 projets. Tout le monde est concerné, les sections art et design, toutes les années avec beaucoup d’intervenants prestigieux.

“Il ne faut pas s’endormir, il y a un contresens entre routine et création. La capacité d’analyse s’émousse avec le temps, il faut veiller à rester aux aguets, à se remettre en question perpétuellement.”

Questions :

1- Le moment, le jour où vous avez regretté d’être une femme ?

Quand j’ai commencé ma carrière c’était dur d’être jugée sur des critères sexistes. Après quelques années j’ai compris que ce n’était pas à moi de changer. Jusqu’en 2003, je vivais à Paris et j’étais extrêmement visée par le harcèlement de rue.

2- Le moment, le jour où vous auriez rêvé d’être un homme ?

Justement quand j’étais harcelée et que je sortais en me demandant combien de fois j’allais me faire insulter…

3- La femme que vous auriez pu épouser ?

Simone de Beauvoir

4- Votre idée d’un homme, un vrai…

Barack Obama… Il n’y a pas de comportement machiste aux USA

5- Le moment, le jour où vous avez « profité » du fait d’être une femme ?

Je ne sais pas

6- L’évolution et l’avenir des femmes dans votre secteur d’activité ?
De plus en plus d’artistes sont des femmes et pourtant, il n’y a pas moins de machisme dans le milieu de l’art qu’ailleurs… Je me rappelle de la phrase de Simone Weil : La parité, intellectuellement personne ne trouve ça bien, mais il est prétentieux de penser que l’on peut s’en passer.


 
 

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