43
Magazine Dijon

Juillet Août Septembre 2010

 N°43
 
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02

Jean Maisonnave

Soit dit en passant Billets de retour d’un indigène intermittent


Dijon est une ville agréable entre deux averses. J’y reviens avec plaisir.
Pas toujours. Des fois, c’est pour enterrer un ou une. Des plus jeunes, de plus en plus souvent. J’y retrouve tout le monde, on en profite pour faire le point entre rescapés, on échange les nouvelles. Questu deviens, questce tu montes, pourquoi tu te représentes, comment ça va le resto. On évoque avec tristesse la vedette du jour, puis on se serre la main en se lançant : allez, à la prochaine. Non sans légèreté : ce sera peut-être un prochain.
En repartant, je me dis qu’un jour, ce sera moi la vedette. Le but d’une vie. J’espère que la salle sera pleine. Il y aura un article dans le Bien Public : « On ne le verra plus sur le pas de sa porte »… Dire que je vais manquer ça ! Mais pour certains, disons, un certain nombre, je vais manquer tout court, ils auront du mal à s’en remettre. Finalement, je préfère ne pas voir ça de mon vivant.
Quand je reviens, j’aime bien aussi me retremper dans la vie de là, je visite, je m’informe. L’autre jour, j’ouvre le Bien Public, qu’est-ce que je lis : « Madonna a été vue sur le pas de sa porte ». Texto. Et je n’en savais rien. Peut-être que des gosses avaient tiré la sonnette, ou qu’elle sortait les poubelles, on se demande… Dans la même page, j’apprends aussi qu’en banlieue, je sais plus laquelle, un boutiquier ne sert plus que des hamburgers hallal. Le lendemain, je vois sur France 3 qu’un vigneron de Chablis invente le Chablis kacher. Le principe est le même, c’est un type qui fait des grigris sur le matériel mais jusque-là, les choses n’allaient pas bien ensemble, alors que maintenant je vais pouvoir arroser mon hamburger hallal avec du Chablis kacher. Sauf le vendredi bien sûr, ou les nuits de pleine lune. Ce nonobstant, c’est un progrès pour l’humanité, la spiritualité élève le commerce, ces petites choses donnent du sens à la vie.
Et reconnaissez que, plus la vie prend du sens, plus il devient difficile d’avoir à la quitter. D’autant que, cette histoire de retourner à la poussière, je ne vois pas qui ça peut réjouir, sauf, peut-être, un aspirateur. D’un autre côté, des hamburgers n’importe comment avec du vin traficoté, c’est pas une vie, je ne vois pas non plus qui peut avaler ça, à part un aspirateur. On ne sait plus quoi penser, sinon ceci : béni soit l’aspirateur !

Jean Maisonnave


 
 

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