Lydie Reversat
En 1981, Christine rejoint Usher et Chelsea et se retrouve derrière la batterie alors qu’elle ne sait pas en jouer. Qu’importe, à l’aube des années 80, à la différence d’aujourd’hui, on ose prendre des risques pour mettre le feu sur scène. Norma Loy n’hésite pas à casser les codes convenus et révolutionne le paysage musical par des performances branchées et décalées. Les concerts s’enchaînent sur fond de contestation, de musique industrielle et de cold wave. En 1992, Christine Martin signe son dernier concert avec Norma Loy à la Locomotive à Paris. Aujourd’hui, malgré la sortie en janvier 2010, de leur nouvel album Un/Real, aucun concert de Norma Loy n’est programmé à Dijon. Le groupe culte s’exilera à Paris, le 19 mai au Point Ephémère et le 26 juin au Botanique à Bruxelles. Norma Loy sur scène à Dijon ? Pour le coup, ce serait vraiment rock & roll !
Exit la musique, place à la politique pour Christine Martin. Les élections de 1981 sonnent comme une victoire à ses oreilles : « c’est génial, c’est la libération ! ». Ayant horreur de l’injustice, en 1995, elle fait son entrée en politique par le biais du syndicalisme. La « claque de l’élection de 2002 » lui donne envie de se rapprocher du PS. Elle y adhère en 2005 grâce à une rencontre avec Laurent Grandguillaume qui compte énormément pour elle. En avril 2008, elle est élue sur la liste de François Rebsamen. Comment passer de la batterie à la mairie ? L’écart n’est pas si grand : c’est la même énergie qu’elle met au service de la ville. Aujourd’hui, notre Miss rock & roll dope sa politique culturelle avec le même dynamisme qu’elle avait derrière sa batterie. Faire bouger Dijon, soutenir des actions nouvelles pour façonner la ville « avec et pour » tous les Dijonnais. Ses coups de coeurs parmi tant d’autres ? Kultur’Mix, le premier festival lancé par la star montante de la politique (Laurent Grandguillaume, toujours lui !), qui offre une chance unique à de jeunes associations de devenir de véritables acteurs culturels. Ne manquez pas Karnaval en fête (29 mai). Autre coup de cœur de notre Miss rock & roll, loin des sentiers battus de la culture institutionnelle : la Biennale d’Itinéraires Singuliers, qui s’est terminée le 11 avril, art brut itinérant « fort et bouleversant ».
