77
Magazine Dijon

Hiver 2018-2019

 N°77
 
Accueil > Les numéros > N°77 > 11 > Rencontre avec Sophie Claudel
11

Rencontre avec Sophie Claudel directrice de l’École Nationale Supérieure d’Art de Dijon

À l’école de l’art

Retour aux sources de l’art, pour accompagner la réouverture d’un MBA dont les nouvelles salles occupent l’aile orientale créée à l’emplacement de la première école de dessin au XVIIIe siècle. Avec Sophie Claudel, la directrice de l’ENSA, ce n’est pas du passé que nous allons parler, mais d’avenir.


Sophie Claudel © DR

S’il est une femme qui compte sur la scène artistique locale, c’est bien Sophie Claudel . Arrivée en septembre 2014 à ce poste, elle insuffle à cette école un vent d’originalité et un je ne sais quoi de nouveauté que ce soit dans son organisation même, dans son ouverture à l’international ou encore dans les méthodes pédagogiques d’enseignement qui y sont utilisées.
Pour Sophie Claudel, l’ENSA se doit d’être deux choses : un projet artistique et de transmission. Alors que l’on s’attend à entendre parler d’enseignement, terme légèrement connoté, elle parle de son école avant tout comme d’un lieu de transmission. Sans doute parce que dans une école d’art il est autorisé d’utiliser des formes de transmission qui ne sont pas standards. Il n’en demeure pas moins qu’une école répond à un cadre spécifique qu’il faut respecter.
Aujourd’hui, elle rêve que soit offert au sein de son école, un enseignement exclusivement horizontal, comme dans les pays anglo-saxons. Un enseignement, où l’étudiant serait amené à partager son expérience et son savoir avec son enseignant permettrait ainsi un apprentissage partagé. Bien que soit déjà proposé à l’ENSA de Dijon ce genre de pratiques croisées, il n’en demeure pas moins qu’un étudiant habitué à recevoir un enseignement vertical peut parfois se sentir décontenancé par la liberté qui lui est offerte. 

ENSA Dijon, une école de la transmission ouverte sur la ville

Work Shop à l'ENSA Dijon, 2018 © Aurélie Gonet, ENSA Dijon

Sophie Claudel souhaite que cette école s’ouvre sur la ville, sur l’extérieur. Une ouverture aussi bien physique que d’esprit. Elle souhaite aussi que l’école s’internationalise, mais cette internationalisation doit d’abord passer par une ouverture locale : partenariats locaux, expositions dans des lieux patrimoniaux et culturels dijonnais, participation à la mise en place d’un réseau d’art contemporain dijonnais…
La recherche est également au programme de l’ENSA avec la création d’une unité dont les 3 axes sont : Art et société, Peinture et Mutations urbaines.
Un atelier de peinture de 120 m2 a ainsi été formé : soutenu par 5 professeurs de peinture, la mise en place de cet atelier remet à l’honneur ce médium. Pour elle, la peinture demeure un médium très visionnaire.

Mais au fait, l’art s’enseigne t-il et comment devient-on artiste ?

Sophie Claudel est catégorique : oui, l’art s’enseigne ! Le livre de Gustave Courbet, dont nous fêterons le bicentenaire de la naissance en 2019, intitulé « Peut-on enseigner l’art ? » est selon elle toujours d’actualité. Mais il ne faut pas se tromper de débat. Xavier Douroux disait, sous forme de boutade, que « les écoles d’art en France produisent de faux intellectuels et de mauvais artistes ». La France a la réputation d’avoir des écoles d’art qui se focalisent davantage sur les concepts au détriment de la pratique alors que l’un ne doit pas se substituer à l’autre. Il semblerait que l’ENSA veille à conserver un certain équilibre entre la pratique de l’art et les aspects théoriques.

Pour Sophie Claudel, l’ENSA existe uniquement et exclusivement pour faire de ces jeunes des artistes ! Mais tous ne le deviendront pas. 85 % des jeunes de cette école trouvent un travail dans le secteur culturel et le milieu de l’art dans les 5 ans. Le taux de ceux qui sont artistes et qui en vivent est approximativement de 1%. Le talent, et surtout celui de s’en sortir, voilà qui n’est pas donné à tout le monde
Depuis quelques années déjà, l’ENSA a mis en place des dispositifs d’insertion professionnelle à destination des jeunes fraîchement diplômés. 320 demandes pour 40 places en 1ere année, en 2019, soit une augmentation de 20% par rapport à l’année passée !

L’art contemporain dans l’espace public

La collection d’œuvres sur le campus universitaire commence dans les années 1950 grâce au « 1% artistique » qui institue la création d’œuvres d’artistes-plasticiens contemporains associés à la création architecturale publique. Depuis sa mise en place en 1951, le 1 % artistique a permis de financer environ 12 300 œuvres et Dijon fait figure de modèle.
Selon Sophie Claudel, cette occupation de l’espace public peut produire de belles réussites, mais aussi une certaine incompréhension de la part de citoyens. Tout dépend des intentions et de la démarche qui sous-tendent ces initiatives. S’il s’agit de mettre de l’art partout et de confondre pratiques amateurs et pratiques professionnelles, cela est insupportable. Il faut absolument éviter une espèce de surconsommation de l’art et pour ce faire, il est essentiel de travailler en amont avec des experts qui accompagnent les citoyens et responsables politiques. Pour chaque œuvre installée dans l’espace public, il est indispensable de prévoir un travail de médiation important. 
Selon Sophie Claudel, il existe bien d’autres idées et initiatives pouvant être mises en place pour valoriser l’art contemporain dans la capitale régionale. Par exemple, le Pôle d’Action et de Recherche en Art Contemporain (PARAC). Cet interlocuteur unique pour les acteurs publics, est un facilitateur et un catalyseur qui apporte aide, réflexion et expertise dans la conduite de projets artistiques. ■ Miss C


Répondre à cet article

 
 

 RSS 2.0 | Plan du site | SPIP PUBLICITÉ : 03 80 73 01 15 ou 06 86 86 48 28 - contact@bing-bang-mag.com
BingBang magazine Dijon - Edité par EDIBANG : SARL au capital de 14 400 euros - 52, avenue de Stalingrad - 21000 DIJON - Tél : 03 80 73 01 15 - E-mail : 

Création sites internet Dijon : i-com - Photographic : Photographe publicitaire - Marielys Lorthios Photographe culinaire
Toute reproduction même partielle des articles et des photos interdite. Droits réservés.