72
Magazine Dijon

Automne 2017

 N°72
 
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02

Rémi Tamain artiste en marge

Humour élégant, vision décalée de la vie : Rémi Tamain s’amuse de tout et d’abord de lui-même. C’est à La Porcherie, lieu d’art contemporain hors normes dans l’Auxois, que son double imaginaire, Porcipote 1er a reçu BB, en toute simplicité. Se méfiant de nos délires journalistiques, il nous a adressé un self-portrait, franco de port, avec ses délires à lui. On a promis de le passer tel quel, ou presque. Cochon qui s’en dédit.


Rémi Tamain Photos © RP casque

Né dans les cartons à l’arrivée de mes parents en Bourgogne (sortant de la région parisienne, ils venaient d’acheter un négoce de matériaux de constructions dans un charmant village de l’Auxois), j’ai grandi environné de matériaux de constructions en tous genres... Curieux de nature, le personnel et mes parents s’arrachaient les cheveux car je faisais énormément d’expérimentations qui pouvaient s’apparenter à des bêtises.
J’aurais pu marcher dans les pas de mes grands-pères respectifs. L’un, paternel, négociant en matériaux, créateur de L’UNMRP et de l’enseigne BigMat. L’autre, maternel, quincailler à Etampes, premier dépositaire Butagaz d’Ile de France, fondateur du premier groupement français La QF, Quincaillerie Française, mais non... J’ai malgré tout conservé d’eux cet esprit créatif.
J’ai plutôt fait écho à maman, diplômée d’ICARE (branche artistique de l’EFAP). C’est elle qui m’a initié avant même que je ne parle aux rudiments de l’art (roman par exemple, il faut bien partir d’une base)...
Pas très intéressé par le secondaire et le cursus classique (j’étais même qualifié de benêt), je sortis très vite de cet entonnoir, direction : « l’art ». Ecole du Louvre (pas très longtemps), école des Beaux-arts de Beaune (année préparatoire), Beaux-arts de Nîmes (4 ans) et Beaux-arts de Dijon pour la dernière année (année de diplôme et surtout première année d’existence de la Porcherie en lieu d’expo).

La Porcherie

La Porcherie, au départ, simple récupération d’un espace libre au sein du négoce de matériaux familial pour créer mon atelier personnel. Trop grand, je me contingentai dans la salle la plus petite de cet espace. Finalement, de façon peut-être utopique, j’ai lancé en 2006 le lieu d’expo qui perdure encore.

74 artistes exposés, 38 expositions, 93000 visiteurs plus tard, la Porcherie change ou plutôt redéveloppe l’idée d’origine : les résidences d’artistes et la médiation culturelle. Redéveloppe car seul à gérer mon travail d’artiste et la machine durant 11 ans, je me vois rejoint par une équipe de choc. Le cochon singe le Phénix... La Porcherie, en 2018, ce sera donc des expos plus longues, des conférences, des ateliers de pratiques, un lien fort sur le territoire, la réhabilitation d’espaces pour en faire des logements dédié aux artistes. La création de commissions de sélection avec des acteurs locaux pour le choix des artistes résidents, des stages de sensibilisation à l’art contemporain, un nouveau site internet plus efficient...
En gros, la porcherie fait peau neuve, sans se faire trop de lard et en exploitant sa soie pour les besoins de l’art... Ce qui me permettra de me dégager un peu et faire ce que je sais faire de mieux : apprenti plasticien débutant en devenir, mon carburant c’est produire, réfléchir, faire plaisir, faire grogner, en tout cas faire réagir. Oui, je suis ce l’on appelle un artiste (quel vilain mot). Ce n’est pas pour rien que madame la ministre Fleur Pellerin m’a fait chevalier des arts et des lettres début 2016...

pièces à la porcherie
La mère de Remi Tamain

Petites cochonneries entre amis de l’art !

Lorsque Porcipote 1er vient nous voir, à Dijon, au volant de sa porcipotaumobile (un modèle rare de flypig), c’est toujours pour nous raconter des cochonneries liées à l’art, forcément.
Pour qui n’aurait pas compris pourquoi l’art, pour nous, depuis qu’on connaît cet hurluberlu, c’est toujours du cochon, quelques mots d’explication s’imposent.
La Porcipauté est née il y a de cela presque 4 ans dans l’esprit de cet artiste en marge voulant lier art à bonne chair. Ayant une empreinte étatique virtuelle, son territoire est bien physique puisque s’étendant sur la commune de Ménétreux-le-Pitois (mais si, elle existe !) au sein d’une propriété abritant La Porcherie lieu d’art contemporain.
Lieu de défense de l’art, du lard et du pinard, elle pose sa devise en sacerdoce : SEMPER BONUM PORCUM (toujours à bon porc). Lien entre le bien vivre et le bien voir, réunissant toutes personnes aimant ces deux mamelles de la vie. Pure utopie imaginant, autour de l’humour et de l’amitié, de pouvoir réunir des gens bons. La Porcipauté de la porcherie est une douce rêverie qui se concrétise petit à petit, proposant bientôt (espérons-le) des passeports afin que toute porcipotaine et tout porcipotain se reconnaissent. L’humanité au travers (pas de porc) de la porcipauté est ce qui prime, l’entraide aussi, la bienveillance de surcroit et l’humour pour emballer tout cela... A l’image de son créateur, la porcipauté est un lieu où les têtes de cochons sont les bienvenues et où les gens de coeur sont appréciés. Pas de faux semblant dans cette utopie ! Honnête, franc, sensible, drôle, truculent, rabelaisien, cultivé, et débarrassé de la graisse qui nous étouffe, voilà, s’il n’y avait que quelques mots à donner, ce que serait l’homme idéal de la porcipauté voulue par Porcipote 1er.

■ Pour son altesse Porcipote 1er,
son secrétaire, Grouik-Grouik Bonpain

La Porcherie. lieu d’art contemporain

22 route de Montbard - F-21150 Ménétreux-le-Pitois
t.+33(0)380969223 - p.+33(0)634336991 - site : www.laporcherie.com - Contact : laporcherie@gmail.com
La Porcherie reçoit le soutien du conseil départemental de la Côte d’Or


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