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Magazine Dijon

Printemps 2017

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04

Réception chez le dernier des Grands Ducs

Un après-midi inoubliable au Palais, pour assister à la naissance virtuelle de la cité de demain. À la foule avide de réconfort et affamée de scoops, François Hollande n’a pas parlé cuisine électorale, mais projets. Une nouvelle présidence l’attend, il reviendra, promis.


Réception chez le dernier des Grands Ducs
Rappelez-vous cet album où l’on voyait Tintin et Milou traverser la salle du palais d’Ottokar pour aller rejoindre les officiels, sous le regard admiratif des courtisans. Certes, François Hollande n’a rien du héros à la houppe et aux idées fixes, et personne n’aurait envie de caresser sa garde rapprochée, mais son arrivée sous les vivas de la foule, manifestement dopée, a été une bouffée d’oxygène pour tout le monde, à commencer par lui.
Son discours fut même un petit moment de bonheur pour les journalistes qui avaient passé deux heures à attendre sous la pluie, à passer des portiques dans tous les sens et demander des autorisations pour assister à un film - même pas vraiment en 3D - et à un défilé de poncifs.

1 million de visiteurs, promis !

Sa venue à Dijon est un rite « qui va s’arrêter ou se renouveler », a-t-il dit. Il faudra trouver autre chose cette fois qu’une nouvelle « pré-inauguration » de la future Cité de la Gastronomie pour l’appâter. Élisons le donc vite « président » à vie (de la Cité, bien sûr), lui au moins ne parlerait pas dans le vide. Comme l’ont fait les représentants d’Eiffage – mais c’était leur boulot qu’ils défendaient - ou les conférenciers obligés de vanter les mérites du futur monument historico-cocorico-gourmand dijonnais. Une réalisation en devenir depuis un an dans laquelle le public a pu enfin pénétrer, derrière lui, par écran interposé. Une Cité qui fait plutôt rêver avec ses cours pour apprentis pâtissiers, ses 13 salles de ciné, ses espaces de conférence ou d’expo, son futur hôtel estampillé Hilton (enfin, une filiale), ses logements sociaux, ses boutiques, etc… Objectif à atteindre à l’horizon 2020 : 1 million de visiteurs par an, ce qui fait peu, au fond, sur les 100 millions attendus en France, une fois qu’on aura réglé quelques légers problèmes de sécurité, entre autres.

Reconnaissance du ventre

Dijon-métropole se doit d’avoir envers Hollande (sans lui on serait resté la capitale des Ducs !) la reconnaissance du ventre, d’où l’idée d’un monument élevé à sa gloire à l’entrée de la Cité. Et de ventre, il a été forcément question, avec l’ode à la gastronomie et au repas à la française, avec son entrée, son plat, son dessert, qui était l’objet de la table ronde organisée pour chauffer la salle, en attendant sa venue. Ce repas que les étrangers nous envient, comme si on passait notre vie à manger chez Lameloise, à Chagny. À la table d’Éric Pras, qui dirige cette belle maison, et joua l’invité surprise de la cérémonie, pas franchement à l’aise. Eric Pras, c’est un gentil, un très bon, et le seul 3 étoiles qu’on avait sous la main, apparemment. Sa collègue vice-présidente, Jocelyne Pérard, qui parlait du vin et d’elle, surtout, était plus drôle, elle resituait la Cité dans la bataille menée depuis 15 ans auprès de l’Unesco pour la reconnaissance des Climats. Cette femme va veiller au grain (de raisin), les acteurs sont en place, il va falloir que la pièce soit bonne pour remplir les salles, en 2019. Et pas seulement les salles de ciné !


François Hollande François Hollande à Dijon président… de la future Cité de la Gastronomie !

Oui, il faut qu’Hollande reste président, qu’il s’occupe de la Cité. On aurait dû lui demander son avis dès le départ. Pour la première expo, il aurait prêté le bouquin de cuisine que sa mère avait reçu de la sienne (de mère !), seul héritage de valeur à ses yeux. Il aurait peut-être imposé des foodtrucks tenus par de jeunes chefs, des cantines bio, des tables d’hôtes avec des femmes en cuisine qui connaissent leurs affaires. « Des bonheurs simples, parfois plus élaborés », c’est ainsi que ce gros gourmand définit la cuisine. Il va nous pondre un livre de mémoires culinaires, on attend ça avec impatience. Faut qu’elle sente le marché, le naturel, la vie, cette Cité. À moins que Pras nous invente un bistrot à sa façon, comme à Chagny. Là, on dit oui. Et François Hollande sera ravi d’y goûter la vraie cuisine du pays, avec entrée, plat et dessert, à prix doux.
Il ne reviendra plus en avion, le président à vie, seulement en TGV, il arrivera tôt, pour avoir le temps de faire son marché. Et on le laissera faire la sieste. Un élément du repas à la française qu’on oublie, la sieste. Espérons qu’il y aura encore suffisamment d’herbe, autour de la Cité, pour pouvoir en profiter. ■ GB


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