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Magazine Dijon

Automne 2019

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Quand la Chine faisait encore rêver !

Au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, voyage dans le temps sur les pas de François Boucher, artiste, collectionneur et homme avisé.

Les amateurs de peinture du XVIII ème le placent au même niveau que Watteau et Fragonard, mais il était temps qu’une exposition d’importance - reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture - soit consacrée à l’un des artistes qui oeuvra le plus au renouvellement des arts décoratifs.
Aujourd’hui, un homme comme lui ferait un malheur, il décorerait les grands hôtels et les appartements de nos grands hommes. Mais il s’intéresserait à d’autres régions encore épargnées par l’afflux de voyageurs en tong.


François Boucher : Le Repas de l’empereur de Chine
François Boucher (1703-1770) - Le Repas de l’empereur de Chine - 1742, huile sur toile
© Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon, photographie Arcanes

Boucher avait senti son époque vibrer pour la Chine, à travers le commerce des objets d’art, qui en cachait d’autres, moins reluisants. Artiste habile, aussi curieux que créatif, il sut inventer un véritable répertoire exotique et, selon les Goncourt, « faire de la Chine une des provinces du rococo ».
D’où le titre de cette exposition, qui mériterait une explication, car le mot « rococo » ne veut plus dire grand chose aujourd’hui, sauf pour ceux qui font la tournée des églises en Tarentaise ou en Bavière.
Nombre de salons parisiens se mirent grâce à lui à l’heure chinoise, ses estampes faisaient fureur, porcelaine, tapisseries et mobilier portèrent sa touche créative.

Le musée de Besançon conservait précieusement depuis deux siècles les dix esquisses rélisées en 1742 pour la manufacture de Beauvais, qui furent au départ de cette exposition ambitieuse, forte de cent trente oeuvres européennes et asiatiques, prêtées par de nombreux musées et collections particulières. Un parcours poétique pour une approche singulière, à la croisée de l’histoire de l’art et de l’histoire du goût. Objets d’art, dessins, estampes, peintures, tapisseries, parmi lesquels de nombreux inédits, permettent d’évoquer la culture de cet artiste collectionneur, mais aussi inventeur et entrepreneur « ayant conscience des enjeux artistiques et sociaux de son époque, au-delà de l’étiquette un peu trop commode de peintre ou de dessinateur ». Sa Chine rêvée vous fera passer un après-midi hors du temps au musée de Besançon (ATTENTION : celui-ci est fermé le matin, en dehors des vacances scolaires). Profitez-en pour visiter le musée du Temps et la maison natale de Victor Hugo, les trois visites étant comprises dans le même billet (8 €). Évitez le mardi, c’est fermé. ■ GB

Plus d’infos sur mbaa.besancon.fr


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