76
Magazine Dijon

automne 2018

 N°76
 
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Philippe Bouyou, luthier Support your local guitar maker.

Philippe Bouyou, luthier dans la vallée de l’Ignon.

Depuis septembre 2016, Philippe Bouyou fabrique des guitares électriques dans son atelier de Villecomte, dans la vallée de l’Ignon, au nord de Dijon. Aujourd’hui, il a sorti 7 instruments de son atelier. Sans prédispositions particulières au métier de luthier, il revendique haut et fort son savoir-faire en matière de machines à faire du rock’n’roll.


Philippe Bouyou
phiguitars

« Je traîne pas mal sur des groupes de luthiers sur facebook. On s’échange des photos d’essences de bois. C’est carrément du Woodporn !
- Oh, t’as vu mon palissandre ?
- Huuum. Et toi, regarde mon cormier ! … On passe un peu pour des zinzins. ».
Philippe Bouyou (Phi) a l’art de mettre à l’aise quand il reçoit chez lui, dans son atelier. Au milieu des ciseaux à bois, des gouges, des perceuses et autres vilebrequins, on se sent comme dans un cocon chez Phi Guitars. Surtout que le larron reçoit, bière à la main.

It’s a long way to the top (if you wanna rock’n’roll)

Philippe a goûté à la fabrication de guitare pour la première fois en 2006, mais le déclic, c’est en 2012 qu’il intervient. « Je traversais une mauvaise, mais alors très mauvaise période de ma vie. Le moral dans les chaussettes. Plus le goût à rien. » raconte Phi. Ni une, ni deux, sa compagne Charlotte a l’idée de lui offrir un stage de lutherie chez Dominique Bouges, à Curtil-Saint-Seine. « Là, je me suis aperçu que je ne pétais pas tout ce que je touchais, loin de là. J’aurais dû rester un mois. Au final, j’y ai passé presque 3 mois. ». Technicien chez Radio France depuis plusieurs années, Philippe décide de se lancer. « Dominique m’a dit « mais tu es taré, tu vas te planter, et bien comme il faut ! ». Je ne l’ai pas écouté, et je tiens bon ! »

Burgundy Wood Stock

Son truc à lui, c’est les bois du coin. « C’est mon côté écolo-bobo qui a des enfants [rires], et puis j’ai grandi à la cambrousse ! J’essaye de fonctionner au maximum par circuits courts ». Ce qui frappe chez Phi, c’est que, parti de rien, il est devenu un vrai geek du bois, parfois difficile à suivre : « Le Frêne de chez nous, Fraxinus excelsior, est différent de l’américain, le Swamp Ash (ndlr : frêne des marais), qui est des marais comme ma tante, d’ailleurs. Et puis ça dépend si on est en débit sur dosse ou sur quartier, et d’ailleurs... ». Surchauffe côté cerveau. On revient sur terre quand il nous parle de sa première guitare badgée Phi : « Elle est en noyer, qui a poussé à 100m d’ici ». Du local de chez local alors.
Aujourd’hui, il arrive à en vivre, « chichement, par contre ». Mais ça a l’air de lui passer au-dessus de la tête. « J’ai envie de me sentir utile, de fabriquer des choses ». Effectivement, les musiciens qui posent leurs mains sur les guitares de Phi ont l’air de dire qu’utile, il l’est. En tout cas, il vit et fait les choses par passion : « j’ai en stock assez de bois pour faire une centaine de guitares. Peut-être que je les ferai, ou peut-être pas. Qui sait ? [rires]. ». Le rock’n’roll serait mort ? Pas tant qu’il y aura des types pour fabriquer des guitares ! ■ Martin Caye
Plus d’infos : phiguitars.fr

Philippe Bouyou, luthier


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