42
Magazine Dijon

Avril mai juin 2010

 N°42
 
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02

Françoise Perrichet
Gérard Bouchu

Petites soirées rock entre amis  ! Chaude soirée chez les Perrichet, une famille de Dijonnais pas comme les autres : une avant première signée SABOTAGE

On ne pouvait pas faire un numéro Rock’n roll et ne pas présenter Sabotage, la petite association qui fait le bonheur des dijonnais. Vous rêvez de pogoter au fond d’un caveau sur un son trash et boire une bière avec les musicos, c’est possible. Vous préférez être bercé par une mélodie folk irlandaise dans un appartement cosy, ou admirer une toile contemporaine en écoutant de l’électro, c’est possible aussi  !


Petites soirées rock entre amis  à Dijon

boris ternovsky

• Le grand frère, Boris Ternovsky.

Il est là depuis le début, 7 ans de Sabotage, 7 ans de réflexion… qui ont vu les projets se transformer.
La passion que j’ai, c’est vraiment l’organisation de concerts. Au fur et à mesure des rencontres, l’arrivée de nouveaux membres dans l’association, dont les membres de Jaromil, le projet de diffusion de concerts s’est développé naturellement.
Boris est programmateur. C’est grâce à lui que les dijonnais écoutent des groupes émergents de toutes nationalités, à géométrie variable  : un duo en appartement, un artiste solo au fond d’un bar ou un véritable “band” à l’Atheneum.
On ne travaille pas avec des budgets pharamineux et même si on pouvait faire venir Radiohead tous les 4 jours, ce n’est pas notre objectif… D’où notre étiquette “dénicheur“. Nos envies de programmation doivent cadrer avec notre budget et les cachets que nous pouvons proposer aux artistes. Ce critère est primordial dans la sélection des artistes accueillis. La notion de découverte est réelle et très liée aux agents et bookers avec qui on travaille. Ils nous envoient des propositions de groupes qu’ils ont vus sur des festivals. Le premier pas sur la découverte, c’est vraiment eux qui le font.
Boris a le succès modeste, c’est un garçon réservé. Quand même, on lui doit de drôles de bons moments avec William Fitzsimmons au Consortium, ou Pollyanna en appartement et tellement d’autres. Un concert par semaine ou pas loin, c’est une vraie chance.
Son disque préféré  : Simian – Chemistry Is What We Are
Son souvenir : Pendant le festival Soundtrack à l’Atheneum, le dernier artiste a finit très tard avec peu de public. Le lendemain, l’hôtel m’a appris qu’il avait fait une sorte de coma éthylique dans le couloir et que les patrons avaient appelé la police, le pensant mort. Au final, ce n’était rien, juste une mauvaise blague…



• La grande sœur, Chantal Masson

Chantal Masson
Elle accueille les artistes comme ses amis  :
Le soir, pasta per tutti avec une bonne bouteille, on est en Bourgogne  ! Après le concert, atelier badge, chaque artiste en dessine, offerts à Sabotage ou emportés en souvenir. Le lendemain, petit-déjeuner convivial dans sa cuisine, les adieux sont toujours promesses de retour. Certains musiciens reviennent en vacances.
On n’est pas des vendeurs de musique, on ne sait pas faire autrement, ce sont vraiment de belles rencontres à chaque fois. On fait venir des groupes qu’on aime. On les loge chez nous, on fête les anniversaires, un croissant avec une bougie, un birthday-badge en cadeau et hop  !
C’est une présidente passionnée pour qui la musique est une évidence depuis toujours. L’avenir  ?
Continuer à organiser de beaux concerts, à prendre du plaisir aussi même si on est de plus en plus professionnel, donner envie aux gens de sortir et découvrir des groupes avec nous. Dijon a pris une autre tournure, il s’y passe plus de choses, on s’y sent bien. Les musiciens surtout les américains adorent la proximité, 5 mn à pied pour eux c’est formidable. On fait des choses impossibles à faire dans une ville plus grande.
Son disque préféré  : Power, Corruption & Lies de New Order.
Son souvenir : Un soir où l’on organisait un concert de Crystal Stilts, je reçois un texto des Paramount Style qui avaient joué 15 jours avant. Le groupe peut-il s’arrêter pour faire un break entre Barcelone et Metz  ? Dijon n’est pas au milieu mais ils avaient envie de nous revoir. Résultat, une soirée très festive et 12 musiciens au petit déjeuner !


• La petite sœur, Delphine Diard.

Delphine Diard
La plus jeune du “noyau dur“. Depuis son arrivée, le public est listé, reçoit une newsletter, les programmes sont édités en temps et en heure. La communication, les relations, c’est son truc. C’est elle qui cherche des lieux alternatifs et approche les propriétaires susceptibles d’accueillir des soirées.
On investit tous les lieux dijonnais, ceux dédiés à la musique comme La Vapeur et l’Atheneum  ; mais aussi des appartements privés et des galeries, Interface et le Consortium. Il y a 2 ans, un concert dans une laverie avait beaucoup marqué les esprits. Le public est surpris et mélangé, les amateurs de musique et les papys qui font leurs courses… Le public est de plus en plus étendu, grâce au bouche à oreille. On est plus présent dans les médias, l’écho est un peu plus important.
Pour Delphine aussi, le futur a le même goût  :
Sabotage c’est une famille, on maintient cet esprit malgré un fonctionnement plus professionnel, des charges à assumer et c’est ce qui nous différencie. Quand les groupes viennent pour un petit concert au Deep Inside, on garde un accueil de proximité et de convivialité.
Son disque préféré  : la série de compilations Nuggets (pépites de garage rock et de rock psyché).
Son souvenir  : Jeremy Jay m’appelle au petit matin, perdu, après avoir passé la nuit dehors. Il ne retrouvait plus l’appartement de Chantal. Très cordial, malgré son aventure, et sa réputation de personne assez distante. Il a gardé un bon souvenir de son passage à Dijon.
Sabotage, 16 rue du Général Delaborde
21000 Dijon + 33 (0)6 09 43 09 81
www.myspace.com/sabotagecrew


Ils sont fous, les Perrichet  !

Ils ne sont pas les seuls, remarquez, il y a plein de Dijonnais comme eux qui s’acharnent, à leur façon, à transformer la ville, à la rendre plus douce à vivre. Ce sont eux qui nous servent de fil rouge tout au long de ce mag, vous l’aurez compris, ou du moins vous allez vite le comprendre.
Les Perrichet, c’est plus qu’une famille,une tribu, vivant à l’ombre du Palais. Le père est pilote, la mère artiste, elle écrit pour nous, elle est drôle, on a de la chance. Quand ils se retrouvent, ils invitent amis et voisins à des soirées plus musicales qu’arrosées (quand elles sont trop arrosées, il y a la Picole, cet ancien panier à salade digne des feuilletons français des années 60, pour ramener les invités)…
Ce soir-là, à leur retour de New-York, ils avaient invité l’association Sabotage pour la faire mieux connaître. J’imaginais rencontrer des gens aux cheveux multicolores, gentiment agressifs contre «  les vieux cons de Dijonnais  », même pas. J’ai confondu la présidente avec la secrétaire dévouée d’un cabinet médical, le musicien avec le fils de l’hôtesse, fier de sa toute récente progéniture…
Pour ceux qui n’auraient pas l’idée d’aller les entendre à la Vapeur, ce genre de soirées en petits comités, chez des particuliers comme dans le ventre de la Péniche Cancale, sont idéales pour capter le son de l’époque. En plus, chez les Perrichet, entre Løzninger et Hit by Moscow, qui fêtait la sortie de son premier CD, on mange mieux qu’au resto, la cave est superbe, et il y a le chien Bobby ou Michoko, un matou noir et blanc du genre pacifique, pour apporter un supplément de tendresse, comme si on en avait encore besoin. Bon, tout ça, c’était aussi pour présenter Sabotage. Comme vous n’étiez pas là, on vous met en dessous le lien pour retrouver les chanteurs, et Françoise, qui a fini sa vaisselle, peut vous présenter l’association, sans faire de taches…
Gérard Bouchu
www.myspace.com/lozningermusic
www.myspace.com/hitbymoscow

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