60
Magazine Dijon

Automne 2014

 N°60
 
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03

Patrick Gevrey, collectionneur Joueur de TerroT

C’est le drame. Les salades d’antan sont reléguées en décor de hamburger et les vierges phosphorescentes, les gondoles lumineuses, les fermières changeant de couleur avec la météo qui décoraient en 1969 les tubes cathodiques de nos grands-parents ne tiennent plus sur la tranche des écrans plats. Alors un jour, Patrick Gevrey sera président. De la SDLOT, la Société de Défense de la Laitue et des Objets de Télévision.


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Longtemps charcutier-traiteur place de la République, Patrick est un très sérieux collectionneur de collections : bibliothèque Michel Vaillant, porte-clés des années 60 de maisons dijonnaises disparues, un morceau de la grille du lycée Carnot arrachée en 1968, des photos inédites d’un char Sherman descendant la rue de la Liberté…
Et puis il y a sa passion, les motos dijonnaises. Les TerroT, surtout. « Les usines TerroT ont fait vivre mes parents. Les gars qui partaient à l’usine s’arrêtaient le matin à la charcuterie. Ils achetaient le pain, le casse-croûte, le journal. Cinq ou six commerces gravitaient autour de cette industrie. »
En 1962, la marque, célèbre dans le monde entier, s’éteint brutalement, mais Patrick est de ceux qui préservent le souvenir de ces années et en sauvent le patrimoine.
Avec son club, l’Arbracam, il souhaite reconvertir le bel immeuble rescapé en Musée Terrot. Une puissante attraction touristique « avec un atelier de restauration où les jeunes des lycées techniques pourraient travailler des bouts de ferraille qui ne ressemblent à rien et en faire des pignons de boîte de vitesse de 500. Un véritable projet pédagogique. »
Terrot représentait sur ses affiches publicitaires beaucoup de femmes pilotes. La moto classique est très conviviale, sans le côté agressif des motos modernes. Si, en 1968, Patrick roulait en cyclos sport italiens, aujourd’hui, lorsqu’il s’arrête dans un village avec sa BMW, « les gens reconnaissent le modèle des films de Lautner, celui qui escortait de Gaulle. »
Il faut protéger ces objets. « On vit dans un monde qui n’a plus de passé. On avance, et derrière on lamine. »
Le collectionneur est un résistant, militant pour un avenir maîtrisé, à l’opposé d’une fuite en avant : « Tes CD dureront-ils aussi longtemps que les Manuscrits de la Mer Morte ? »

■ Olivier Mouchiquel

Courses, balades en motos anciennes, expositions, bourses d’occasion : tous les événements de la moto burgonde sont sur www.arbracam.orgOn y trouve même plus de 5000 plans d’usine Terrot à télécharger.
À lire : « TerroT & Magnat–Debon : Histoire d’une aventure humaine et industrielle »,
Bernard Salvat - Editions EBS - 2004


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