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Magazine Dijon

Automne 2017

 N°72
 
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Paola Sonza Une Présidente hors norme pour un quartier en marge

Paola Sonza est une présidente « en marge ». Les habitants, comme les commerçants du quartier Jean-Jacques, sont prêts à partir au combat à ses côtés. Cette femme de tête (en tant que coiffeuse, elle est bien placée pour n’en faire qu’à sa tête !) veut accompagner la mutation de ce quartier longtemps mal aimé de la mairie, populaire, sympathique, multi-ethnique, qui se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, après le départ de la clinique Sainte-Marthe.


Un quartier emblématique de la ville de demain, entre le futur espace piétonnier du musée des Beaux-Arts et une place de la République sauvée de l’ennui. Le choix est simple : imaginer tous ensemble un « centre-vie » commerçant, accueillant des bars, des restaurants, des boutiques dans le goût de l’époque, ou devenir un quartier de la soif peu fait pour redorer le blason « gastronom’hic » de la ville. Pour accompagner le changement d’image, un ciel de parapluies, qui devrait donner des couleurs aux jours gris cet hiver. Alors, pour quel quartier allez vous voter, en 2019 ?
Paola Sonza

Bulletin de santé du quartier

Comment va Jean-Jacques ? Pour son âge, ce quartier a encore du peps. Dans les années 50-60, on y trouvait tous ces petits commerces alimentaires qui alimentent les nostalgies des enfants du nouveau siècle (voir plus loin « Alimentaire, mon cher Watson »). Il y avait une charcuterie, des bars de quartier qui proposaient des plats du jour le midi, des épiceries folklo et même une poissonnerie, dont tout le monde espère le retour, avec un coin dégustation comme on en trouve dans toutes les grandes villes.
Au tournant de ce siècle, le quartier a failli être rayé du monde des vivants. Et puis des bars à thème se sont lancés, des petits commerces hors norme ont tenté l’aventure, la brocante du dimanche, une fois par mois, les puces, tout ça a permis d’accompagner le renouveau des habitants comme des commerçants, qui ont parfois du mal à cohabiter. Les premiers n’appréciant pas toujours de devoir supporter l’animation engendrée par les autres, la nuit, et les restes du passage des derniers clients, le matin. On préfèrerait voir les touristes suivre les traces de la chouette que celles laissées par ceux qui ont eu du trop-plein de bières et de pizza à évacuer.

Une mutation sans précédent

« Touche pas à ma rue Jean-Jacques ! » avait lancé au tournant du siècle une ancienne commerçante à François ­Rebsamen, qui lui a obéi. Le quartier, mal aimé, a vu ses commerces traditionnels fermer pour la plupart et est devenu simple lieu de passage entre théâtre et République. On attendait une ­piétonnisation élargie autour de la rue Verrerie, une transformation des placettes Garibaldi et Halles Champeaux, une voie unique de circulation rue Jean-Jacques, une République plus accessible, raté !
Et voilà qu’arrive un nouveau flux, illustré dans ces pages par des commerçants qui ont choisi de s’implanter là et ne veulent pas se planter. Vous allez les découvrir, en attendant de pouvoir apercevoir tous les nouveaux visages qui feront demain de ce quartier « en marge » un centre bien vivant, prolongement des Halles et du futur quartier des musées. À commencer par ces femmes qui, dans les cuisines de la Maison des Cariatides, et de sa voisine (le Palais dit Vin quitte la rue Monge pour la rue Chaudronnerie) vont donner une saveur nouvelle à la rue. Si la venue de Keigo Kimura, chef japonais étoilé, se confirme, à deux pas de l’Apéro-boutique de Marc-Ogé, chef breton ayant, comme son fils, les pieds sur terre, voilà qui devrait rassurer ceux qui s’inquiétaient de l’avenir d’un quartier tombé du côté obscur de la vie.

Un ciel de parapluies colorés !

La fin de la clinique Sainte-Marthe accompagne cette évolution, puisqu’elle annonce l’arrivée de nouveaux résidents, la création de bureaux, mais aussi d’espaces verts. Le percement d’un passage entre Jean-Jacques et Préfecture (rue aujourd’hui sinistrée dans sa partie haute) devrait entraîner un nouveau flux, moins alcoolisé, plus zen, et un lifting pour des immeubles qui font aujourd’hui grise mine, dans l’ensemble.
En janvier, pour accompagner les vœux, Paola Sonza et son équipe espèrent encore pouvoir placer dans le ciel de la rue des parapluies colorés pour contrer non seulement le gris de l’hiver mais la déprime hivernale, toujours redoutable. Sinon, on pourra toujours compter sur un étalage de soutien-gorges, les femmes de la rue ne manquant pas d’idées, les hommes non plus, mais ça, on en parlera plus tard. Car cette fois ce sont les résidents eux-mêmes qui vont rejoindre les troupes « en marge » de Paola-« Jean-Jacques »-Sonza. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a photographiée devant la statue de Garibaldi, le libérateur de Dijon. « Avanti Paola, alla riscossa… » ■ Gérard Bouchu


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