37
Magazine Dijon

Décembre 2008

 N°37
 
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05

Cuisines et dépendances
Texte : Gérard Bouchu et Myriam Henry
Photo : DR

Néo-cantines chics pour Dijonnais trendy

Avaler un sandwich en 20 minutes sur le coin d’un bar ou en arpentant la rue de la Liberté ? Dépassé !
Aujourd’hui « la » tendance c’est de manger vite, certes, mais bien et dans une ambiance branchée et pour trois fois rien (quoique trois fois rien, ce n’est déjà pas rien, aurait dit Devos !) Hop, tout le monde à la cantine. Pardon, la néo-cantine !


Néo-cantines chics
« Service qui prépare des repas pour collectivité » nous donne comme définition le Petit Larousse pour le terme de « cantine ». Une image qui colle parfaitement à ces nouveaux lieux à la mode où se ruent désormais les AD (non, pas les ados, mais les actifs dijonnais, ne confondez pas !). Des AD en mal de lien social, de branchitude et de bien manger. Mais, si collectivité il y a, ce ne sont plus des ouvriers que l’on y cotoie – ils ont depuis belle lurette déserté les centre villes pour les extérieurs -
mais des cols blancs structurés en réseaux ou tribus, répartis par lieu de prédilection.
Dans le même ordre d’idée, exit les cuisines roboratives des cantines telles qu’on pouvait se les imaginer autrefois. Au fourneau c’est un vrai chef qui officie (parfois étoilé) et qui offre (ou est censé offrir) le must en matière de créativité et d’originalité. Quant au cadre, plus de Formica et de chaises bistrots posées sur un lino élimé ; aujourd’hui ce sont des « décorateurs » qui officient et qui, en la matière, rivalisent d’ingéniosité pour faire de ces nouveaux lieux « sociaux » des vitrines du bon goût. Celui des murs étant censé refléter celui de l’assiette.

Bling-Bling !

Quiconque souhaite se mettre au diapason des dernières tendances en matières de design et de déco d’intérieur peut se tenir informé en poussant les portes de ces lieux pour épicuriens pressés. Couleurs, textures, cohérences en matière d’agencement, mobilier, jeux de lumières... tout est pensé dans le moindre détail, jusque dans la cohésion lieu/cuisine. Servir un bœuf bourguignon dans une néo-cantine revêt indéniablement de la faute de goût, direz-vous. D’accord, alors on l’appellera autrement, en lorgnant sur les plats du même type venant de Belgique ou de Hongrie.
Aux décors épurés, minimalistes s’associent indubitablement, dans l’esprit du visiteur mi So-So, mi Bo-Bo (Bling-Bling, dit-on aujourd’hui) des plats élaborés, jouant sur les alliances de saveurs « exotico-asiatiques »,
et mis en scène de manière raffinée de manière à coller le plus possible au lieu. N’empêche, le meilleur parmentier du moment, c’est dans une néo-cantine qu’on l’aura dégusté… « Pas comme à la cantoche », qu’il écrivait, DZ, un jour où il avait l’inspiration qui le titillait dans le bon sens !
Paradoxe s’il en est, ces néo-cantines remettent le bon vieux « pinard » au goût du jour. Un vin généralement servi au verre (à des prix néo eux aussi) avec, bien évidemment, la proposition du jour sur ardoise ; le must étant de « faire » découvrir au client un « jeune viticulteur du coin » déniché par le maître des lieux.

Pour citadins en mal de « racines » !

Hasard ou nécessité, une certaine crise dont on a déjà du vous parler ici et là incitant à cette floraison, les Dijonnais ont vu fleurir nombre de lieux
« show » ces derniers mois, et on vous en a indiqué quelques uns au fil. Jean Maisonnave vous chronique à sa façon DZ, le nouveau resto de David Zuddas sur le marché ainsi que le Tiger wok made in Dijon. Mais comme toute cantine fonctionne avec ses habitués, si vous appartenez au monde du barreau ou travaillez près de l’auditorium, vous avez déjà fait vôtres le Noti ou le Carré Rouge, adresses sympas et hautement dépaysantes où la réservation est devenue quasi obligatoire. Si vous avez jeté un œil dans nos pages, ou arpentez les rues piétonnes au départ de la place de la Libération, vous savez que l’attraction du moment, c’est le Saint-Fiacre, ouvert non-stop de l’heure du café à celle de l’apéro.
Seul regret, dans ce petit tour d’horizon des néo-cantines, pourquoi ne pas jouer le jeu jusqu’au bout et offrir aux citadins en mal de racines et de valeurs authentiques des grandes tablées à la gauloises ou ils pourraient tous se retrouver côte à côte le temps d’un déjeuner ? Là, on n’en finirait plus et j’en entends déjà certains me vanter les mérites du bar de la Préfecture, à sa déco qu’on ne peut qualifier de tendance (c’est le rendez-vous des hommes politiques, il est vrai) et d’autres de leur cantine de la place Emile Zola. Et les plus d’jeunes, ils vont où ? Ils rigolent en voyant leurs parents redécouvrir les néo-burgers et vont avaler le leur, non pas dans un restau de chaîne (on a sa dignité) mais au Dinabar, à l’entrée du Centre Dauphine. On a en oublié d’autres, direz-vous ? Bon, d’accord, mais c’est un peu voulu. A la prochaine…


1 Message

  • Néo-cantines chics 28 décembre 2008 17:47, par

    Je vous conseille vivement à tous
    La Cantine rue amiral Roussin
    Que des produits frais cuisinés et présentés de fort belle manière.
    Le maitre des lieux passionné de cinéma n’est pas vare d’un bel accueil.
    Il n’y a aucun écueil.
    Régalez vous.

 
 

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