64
Magazine Dijon

automne 2015

 N°64
 
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11

Je vous salue Marie !

Marie-Françoise Billoux restauratrice de choc

Restauratrice ! En tapant ce mot, j’ai pris un coup de vieux. Voilà que j’écrivais comme un de ces critiques d’autrefois qui, après avoir salué la cuisine de l’étoilé, apprécié les vieilles pierres sur les murs et le service jeune en salle, aurait voulu rendre hommage à l’hôtesse des lieux.

J’imagine la réponse de MF : « Hôtesse !

Il me prend pour qui ? » !


Marie-Françoise Billoux
« La MF », comme disent les hommes de sa vie, c’est plus qu’un sigle. Une figure dijonnaise. Statufiée comme l’ours de Pompon revu par Di Rosa, je la verrais bien trôner, ma reine-mère préférée, place du Palais, avec son chien Havane à ses côtés.

J’aime l’embêter rien que pour l’entendre aboyer. Pas le chien, Marie-Françoise. Il a suffi que je lui tende ce questionnaire pour entendre rigoler aussi bien Jean-Pierre et Alexis Billoux, respectivement mari et fils de celle qui règne depuis près de vingt ans sur ce resto de la place de la Libération fréquenté par le tout-Dijon...

Elle est la dernière des femmes de chefs de moyenne structure continuant de jouer les caissières de grand café, alors qu’elle pourrait tout plaquer pour revenir aux sources. Retourner en pèlerinage à Paray-le-Monial, sa ville natale, ou même à Digoin, la ville voisine, où elle avait repris, avec son jeune cuistot de mari, les rênes de l’hostellerie familiale. M-F n’a jamais regretté d’avoir tout quitté, en 1986, pour venir s’installer à la Cloche, à Dijon, avec son équipe de bonshommes (les femmes n’ont jamais fait long feu autour d’elle).

Ne jamais rien regretter, aller de l’avant, c’est dans son tempérament, d’où sa réaction face aux questions que j’ai voulu lui poser.

Rêver d’être un homme ? Regretter d’être une femme ? « Des questions à la con comme ça, je ne me les pose jamais ! »

Une seule lui a plu. Le moment où vous avez le plus profité d’être une femme : « celui où j’ai arrêté de travailler pour mettre Alexis au monde ».

Quant à parler du rôle des femmes passé, présent et à venir, ça les fait sourire, les Billoux :

« chez les grands d’hier, comme Dumaine, la femme jouait un rôle essentiel » . Au ton, j’ai compris qu’il y avait des noms actuels qu’elle préférait ne pas nommer. Et elle rajoute, tout en saluant avec le sourire des habitués prenant congé : « au lieu de me faire passer pour une virago, précise donc que c’est un métier de contraintes, où il ne faut pas compter les heures de repos, un métier fatiguant que les jeunes ne voudront plus faire dans les mêmes conditions » . Elle est comme ça, MF, moi je l’adore, et c’est l’essentiel.

■ GB


 
 

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