76
Magazine Dijon

automne 2018

 N°76
 
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03

Carole Grandgirard

Les nouvelles créatrices #Network 2.0 Je crée, tu crées, elles créent, nous "crayons"…

Artistes ? Artisans ? Voici quelques portraits de femmes créatrices qui ont l’art de rendre plus belle la vie, ce qui n’est pas si mal. Sans oublier l’art de communiquer, sans qui rien ne serait possible aujourd’hui.


Il se dit que deux tiers des français ont une activité manuelle régulière et que les loisirs créatifs aident à se sentir vivant. Ce qu’il est plutôt intéressant de remarquer c’est que d’un loisir du dimanche, cette petite occupation ludique est devenue pour certaines (et oui, ce sont principalement des femmes dont il est ici question) une activité principale permettant de dégager une source de revenu plus ou moins régulière. Il existe bel et bien un retour au « fait main » (ou DIY : Do It Yourself pour les anglophones), au local et ce n’est pas dommage !

WORKSHOP Aurélie Gonet

Aujourd’hui, il existe plus de 600 000 blogs consacrés à la création et aux loisirs créatifs. Mais aussi des blogs marchands comme Etsy, Dawanda, Amazon Handmade, A Little market, etc. qui proposent à chacun(e) la possibilité d’ouvrir une boutique en ligne et de vendre ses créations. Le rôle d’Internet est donc non seulement un catalyseur XXL pour se faire connaître et vendre le fruit de son travail, mais peut également permettre à ces mêmes créatrices de se rencontrer et de constituer un réseau actif. C’est ce que viennent de faire une trentaine de créatrices dijonnaises et bourguignonnes.
L’association Les Crée’actives constituée depuis mai 2018, regroupe des femmes d’horizons différents. Pour certaines il s’agit d’une activité secondaire, pour d’autres d’une reconversion de carrière ou d’un travail à plein temps. Encore est-il que toutes sont animées de la même envie de créer et de partager leur passion devenue travail. Au sein de cette association les métiers et les spécialisations sont multiples : sellière, couturière, modeleuse polymère, bijoutière, décoratrice, céramiste, créatrice de cosmétiques, bonnetière, dessinatrice, maquilleuse, modiste…

Cette montée en puissance de l’artisanat ne doit cependant pas faire oublier la difficulté de ces créatrices à vivre de leur travail. Il est aujourd’hui primordial de constituer des réseaux professionnels actifs permettant une mutualisation des énergies pour une meilleure visibilité et organisation des événements.

A Dijon, l’émulation a trouvé sa source, pour partie, chez Lili en Pagaille, boutique implantée au 14 de la rue des Godrans. Célia Beltrand, la responsable, décide de consacrer une partie de son espace aux créatrices locales. Petit à petit le cercle des créatrices se développe, prend sens et devient une particularité de la boutique. On y trouve des créations uniques, locales et originales. Les créatrices se rencontrent, s’apprécient et décident d’unir leur énergie et leur enthousiasme pour organiser des marchés, des ateliers, des soirées thématiques où la création locale est mise en avant. Pourquoi cet accueil et cet enthousiasme me direz-vous ? Pour certains l’heure est venue de consommer différemment, pour d’autres il est ici question de réhabiliter un regard sensible sur les objets faits avec temps et passion, mais aussi sur le travail de ces créatrices. Les marchés artisanaux sont l’occasion de les rencontrer, d’échanger avec elles sur leur parcours, leurs processus de création, les techniques et les matières utilisées, de ralentir un peu le rythme et de prendre son temps. C’est aussi l’occasion de trouver des produits uniques, reflet d’un univers personnel et original. L’idée est aussi d’aller à l’encontre de l’hyperconsommation et de la standardisation, et de rechercher une plus grande transparence et traçabilité des produits.

Selon Ronan Chastellier, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, « Faire soi-même forme, transforme et accomplit la personne. Cela lui permet d’avoir une deuxième vie créative, parallèlement à sa vie généralement bien plus uniforme et passive. Et cela répond à un besoin vital de variété, de jeu et de nouveauté. C’est joyeux, presque frénétique, de créer. Contrairement à la tendance ambiante, on n’est pas dans l’attente passive quand on se lance dans du tricot ou du scrapbooking ! ».

Aujourd’hui le « fait main » a le vent en poupe et participe aux nouvelles habitudes de consommation et de vie qui se dessinent :le vélo devient un mode de transport, le tout bio entre dans nos maisons et frigos, les éco-quartiers fleurissent dans les grandes villes, les jardins partagés alimentent les citadins, le miel se fabrique au dessus de l’opéra Garnier, etc. Effet de mode ou prémices d’une nouvelle ère, le DIY est-il réservé à une petite tranche de la population ou nous concerne t-il tous ?

Alors, on s’y met ?


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