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Magazine Dijon

Automne 2017

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Les brasseries dijonnaises nous font leur cinéma !

Nos meilleurs souvenirs de brasseries dijonnaises ? La Brasserie du Théâtre, Les Ducs, La Taverne de Maître Kanter, La Concorde, La Grande Taverne… À la grande époque du moins, avant que le mot ne fasse peur. Les grills, les pizzerias, les bars à vin sont venus ensuite, fidélisant le midi comme le soir des habitués qui allaient attendre un quart de siècle avant de retomber dans la « folie brasserie », au début des années 2010.


Brasserie au bureau
La Grande Taverne était autrefois une grande salle de cinéma et une grande brasserie. Était… Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui essaient d’oublier, en sortant de la gare, ce mur d’angle aveugle qui donne aux voyageurs une image peu reluisante de la ville.
Un autre cinéma de quartier, qui avait fini comme tant d’autres en projetant des films pornos, fut longtemps la honte du quartier République. 37 ans après sa « dernière séance », il revit, grâce à la persévérance de Richard Texeira, qui a conservé son balcon à l’italienne et ramené la vie en créant ici un des derniers maillons (fort celui-là) de la chaîne Au Bureau. On se méfiait, on a eu tort. Le décor à l’anglo-saxonne se noie dans une atmosphère de brasserie bien reconstituée, avec ballet de serveuses souriantes. Mais ça ne veut pas dire que les mecs font la gueule, attention ! Et la carte, plutôt longue, correspond à l’attente, qui est courte. Beau choix de bières.

Dis, papy, pourquoi les cinémas deviennent-ils des brasseries ?

Pourquoi les cinémas deviennent-ils des brasseries ? Avant, les deux allaient bien ensemble, se cotoyant sur les boulevards, la choucroute étant conseillée après la vision d’un film d’action américain et les huîtres après celle d’un film d’auteur français. On buvait des bières maison (dans une brasserie, logique !) ou des vins piochés dans des terroirs méconnus. Demain, c’est la cité de la gastronomie qui nous fera son cinéma. Signe des temps, on nous promet des salles de cinoche à côté des restos, on ne va pas chinoiser. Personne ne parle de brasserie, le terme ne semblant pas coller à celui de restauration. Mais on a bien qualifié de brasserie le bistrot du musée des Beaux-Arts, l’autre grand projet de la ville, qui a tout d’un bistrot chic, et rien d’une brasserie. Comme d’autres établissements que vous retrouverez au fil de vos balades en ville portant ce nom.

brasseries dijonnaises

Le box-office du moment

Puisqu’on est parti de l’ancien Alhambra, et pour rester dans le monde du cinéma, qui serait au box office aujourd’hui ? Autour de la République, La Bourgogne continue de tourner rond, avec son décor à l’ancienne, son équipe de choc, ses gueules d’atmosphère (il y a un menu Arletty), sa marquise au dessus de la terrasse.
Plus loin, en direction de l’Auditorium, Le Rameau a remplacé la brasserie Clemenceau. Normal, puisque la statue du compositeur est venue se poser devant le Conservatoire. Une adresse animée le midi, qui rassemble les gens de robe et de culture, et ceux qui sont en jeans et se foutent de la culture, autour de plats vite (et bien) envoyés.
Plus loin encore, Les Congrès, une brasserie bien placée face au Palais du même nom, sereine et chic, avec de vrais plats de brasserie à la parisienne. La reprise par un ancien de la maison augure bien d’un changement dans la continuité, ceci dit pour vous rassurer avant l’ouverture de la Foire.
Quatre brasseries dans le vent de l’histoire, chacune à sa façon, qui vont devoir lutter avec six autres, autour du théâtre et de la place de la Libération, allant du cheep au chic, du bio au moins bio, afin de s’adapter à une clientèle plus mouvante.

Pour qui préfère le théâtre au cinéma

Autour du théâtre, la brasserie du même nom est devenue, il y a cinq ans, quand Thibaut et son frère en ont fait un des phares de la nuit dijonnaise… Le Trinidad. Un lieu festif qui fait dans le zen ou le mojito selon l’heure, le burger végétarien ou la pasta à la carbonara, et qui va aborder un nouveau tournant cet hiver, en montant d’un cran et d’un étage, pour un bar de nuit aménagé de façon à ne pas gêner le voisinage (!).
La Comédie à côté partage une des terrasses les plus animées de Dijon, de jour comme de nuit. Et un coin de place sympa sur lequel on n’aurait pas parié il y a dix ans. Il faudra attendre pour savoir ce que la nouvelle équipe de la Brasserie des Loges, en face, a dans le ventre et à la carte. Ou encore celle du BHV (repris cet automne par des anciens de la Comédie) place de la Lib. Oui, faut suivre, mais on reviendra plus tard sur tous ces changements. Là plus qu’ailleurs, il faut suivre la fameuse devise dijonnaise : « donner du temps au temps ».
Tragédie, nostalgie…
BRASSERIE-LA-BOURGOGNE

Alors, où trouver une vraie ambiance brasserie à Dijon, aujourd’hui ? Regardez les noms qu’on a tiré du chapeau (dans l’intro !). L’ancienne et regrettée Concorde est dans l’attente d’une nouvelle vie, après une fermeture cet hiver de l’Édito, sa nième métamorphose depuis un demi-siècle, pour des travaux que tout le monde va guetter avec curiosité. La taverne de Maître Kanter ? C’est aujourd’hui une halte pour amateurs de potences. Jean-Paul Madaleno avait pensé à elle, avant de s’intéresser au projet un peu fou envisagé dans l’ancien hôtel de police devenu CCAS, entre la rue du Bourg et les halles. Un des gros flops du moment, avec la Poste, ce qui n’est pas bon pour le quartier. Même s’il possède ce qui ressemble le plus à une brasserie à l’ancienne, dans l’esprit des vieux habitués : Le Central.

Trilogie des Ducs

Les Ducs © DR

Quant à la Brasserie des Ducs, elle est désormais aux mains d’un chevalier d’industrie qui ne manque pas d’idées, depuis un an, pour redonner vie à une place de la Libération coincée entre son image royale caduque et son désir de renouveau. Après le Temps des Ducs, cet hiver, Jean-Bernard Jacques a ouvert cet été Les Enfants du Rock, par nostalgie des années 80, et La Diva, cet automne, par nostalgie de la pasta qu’il n’a pas vraiment le temps d’aller manger en Italie. Cet homme pressé venu du grand Est (Nancy) a été élevé dans le respect des bonnes choses, il s’amuse avec la déco, pas avec l’assiette, épuisant ses cuisiniers comme ses serveurs. La trilogie des Ducs s’arrête pour permettre à tous de souffler, mais il ne faudrait pas qu’un de ses voisins ne décide de vendre. Comme il n’a pas envie d’avoir un resto chinois à côté des siens (ce qui aurait pu arriver cet automne), il nous offrira peut-être cette Poissonnerie dont on rêve pour Dijon. Une brasserie marine, pour adoucir le côté minéral de la place, certains vont en faire des cauchemars. À moins qu’il ne crée cette micro-brasserie dont il nous parle, depuis un an. Il est capable de faire pousser du houblon dans la cour, si si, vous verrez. ■ GB


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