56
Magazine Dijon

Automne 2013

 N°56
 
Accueil > Les numéros > N°56 > 06 > Les balades gourmandes de Marie-Thé
06

Les balades gourmandes de Marie-Thé

Suite des balades sur les pas de la guide la plus étonnante du pays beaunois, qui n’a désormais plus de scrupules à participer à l’éducation des Dijonnais maintenant que nombre de Beaunois célèbres choisissent de s’installer dans la capitale des Ducs. À ne pas confondre bien sûr avec l’autre... Mais que se passe-t-il en ce moment dans la capitale du Bourgogne ? ■ GB


Marie-Therese

Ah ce mot Bourgogne ! La Bourgogne ! Le bourgogne… Qu’il soit seul, au masculin ou au féminin, dans le monde entier, il fait rêver...
D’ailleurs, en français, on parle de la couleur « rouge bordeaux » : les anglophones traduisent par « red burgundy » !

Quoi de neuf, donc, dans ma bonne ville de Beaune et sa région ?

Après vous avoir emmené à Germolles, mon château préféré de ma Duchesse de Bourgogne préférée, Marguerite de Flandre, continuons sur les traces des Ducs ou plutôt d’une autre Duchesse.

Le destin de Marguerite de Flandre était vraiment lié à notre région, puisque mariée en 1369 à Philippe le Hardi (1er Duc Valois) elle avait auparavant épousé à l’âge de six ans et demi, Philippe de Rouvres, âgé de 11 ans.
Mais celui-ci meurt subitement de la peste quatre ans plus tard, en 1361. Il était notre dernier duc de Bourgogne de la lignée des Capétiens.

Avec la dynastie capétienne, une autre duchesse de Bourgogne va faire parler d’elle. Souvenez-vous des rois maudits, du Roi de France Philippe IV le Bel qui fait arrêter les Templiers le vendredi 13 octobre 1307. Parmi eux, le Grand Maître, Jacques de Molay, si cher à la ville de Beaune où il a été adoubé en 1265.
Le fils aîné de Philippe IV le Bel, futur roi Louis X le Hutin, se marie le 23 septembre 1305 avec Marguerite, née à Dijon en 1290. Elle a donc quinze ans ! « C’est une superbe jeune femme aux cheveux noirs et teint ambré, un front rond et bombé, une bouche sensuelle, un menton court et partagé par une jolie fossette. Belle, intelligente, Marguerite a vécu une jeunesse très heureuse. Pour ses contemporains, c’était la plus belle jeune fille du royaume ; belle allure, dominatrice, conquérante, elle se permettait de dire ce qu’elle pensait, tout lui était pardonné. On dit même que cette jeune femme coquette mâchait du bois pour avoir les dents blanches, de même qu’elle soignait ses mains avec du lard de la soupe pour éviter les crevasses ».

A la mort de Philippe IV Le Bel en 1314, Louis X, devenu roi, la répudia et la fit emprisonner à Château Gaillard pour se marier avec Clémence de Hongrie. Certains prétendent que Marguerite fut étranglée, d’autres étouffée entre deux matelas ou qu’elle serait morte de pleurésie.
Mais la légende raconte que Marguerite de Bourgogne, reine de France, aurait peut-être été prisonnière libre au château de Couches, recueillie dans le plus grand secret et prise sous la protection de sa cousine Marie de Beaufremont, où elle serait décédée en 1333 à l’âge de 43 ans. Alors, légende ou histoire ?

Chateau-de-Couches
Château de Couches

Et puisque vous êtes à Couches, faites quelques kilomètres (17 km) en direction du Château de Sully. Dans une forêt, au milieu de nulle part, allez vous aérer dans un lieu magique, un de mes sites favoris, pour ceux qui apprécient le calme et la sérénité : le Monastère du Val Saint-Benoît.
Mais pourquoi cette superbe chapelle des XIIIe et XVe siècles au milieu des bois ? Histoire énigmatique de la construction de ce monastère. Alors légende ou histoire ?

Continuez votre balade,

c’est l’époque des champignons et, là encore, la Bourgogne se distingue avec un produit noble, utilisé avec parcimonie en cuisine : la tuber uncinatum ou truffe de Bourgogne.

La truffe est un mystère de la nature. Elle était déjà connue et appréciée des Grecs et des Romains. Six siècles avant notre ère, Pythagore vantait déjà les truffes.
Au Moyen-Âge, période pendant laquelle elle était considérée comme une production du diable, en manger était faire un pacte avec lui !
La truffe de Bourgogne était vraisemblablement la seule truffe consommée à la table des ducs de Bourgogne et des rois de France au moins jusqu’à François 1er.

Comment savourer ce diamant noir des fêtes ? La truffe aime la simplicité

Conseils de mamie Marthe : il est préférable de cuisiner la truffe de Bourgogne fraîche. Elle se conserve parfaitement quelques jours au réfrigérateur. Dans un récipient fermé, mettez quelques œufs avec vos truffes, ils seront parfumés et prêts pour une belle omelette.
La truffe aphrodisiaque ? Depuis l’Antiquité, on prétend que la truffe aurait des vertus particulières. Mais jusqu’à présent, rien n’a encore été prouvé…
Insolite mais vrai, et le monde entier nous l’envie ! Ça se passe chez nous, à quelques kilomètres de Beaune, plus précisément à Bouze… les-Beaune !

truffe de Bourgogne fraîche

Rien ne prédestinait Michel Couvreur, ce Belge d’origine, à venir s’installer dans notre si belle région. Docteur en droit international, il est passionné par les arts graphiques, le grec ancien et… l’œnologie. Cette dernière passion orientera sa vie professionnelle. Dès 1951, il s’installe comme négociant, avec une affection particulière pour les vins de Bourgogne, qu’il commercialise surtout en Belgique et en Angleterre. Cet intérêt pour notre terroir se concrétise par l’acquisition d’une propriété à Bouze-les-Beaune, mais pourquoi Bouze ? To booze, en Anglais veut dire picoler… Il fait creuser des caves longues de 130 mètres. A partir de 1978, il réoriente son œuvre vers l’élevage de whiskies. A quarante-cinq pieds sous terre, cet alchimiste s’affaire à restituer au mythique scotch whisky les lettres de noblesse que les amateurs croyaient perdues dans la nuit des temps. Il réussit à ressusciter ce breuvage d’exception, subtil et complexe, encensé par les amateurs du monde entier. En bon père de famille, il a transmis son savoir-faire à sa fille Alexandra, son gendre Cyril Deschamps et le fidèle maître de chai, Jean Arnaud Frantzen. « Ne pas poursuivre l’aventure de mes beaux-parents aurait été un gâchis » confie Cyril Deschamps qui, en bon sous-marinier, (et oui, sous-marinier ! quel destin !), se sent bien sûr à l’aise sous les voûtes abritant les fûts offrant au whisky tous les arômes qui lui confèrent son élégance et sa saveur.
Et si on terminait par le petit village médiéval connu pour ses ruelles étroites, ses anciennes échoppes, sa crypte carolingienne… Vous sentez l’odeur d’anis ? Cette petite graine d’anis vert, trempée dans du sucre depuis 1591, embaume les rues de Flavigny-sur- Ozerain. Jules César, Louis XIV (il avait, dit-on, toujours une boîte d’anis dans sa poche - pour l’haleine ?) , Mme de Sévigné, Mme de Pompadour et bien d’autres encore, raffolaient de ces minuscules bonbons dont les vertus médicinales étaient connues et surtout reconnues. L’anis serait efficace dans le traitement de troubles digestifs, les problèmes de toux et favoriserait la montée de lait chez les femmes qui viennent d’accoucher !

Et n’oubliez pas : « Convier quelqu’un, c’est se charger de son bonheur pendant tout le temps qu’il est sous votre toit. » Brillat-Savarin.■ MTG


 
 

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | SPIP PUBLICITÉ : 03 80 73 01 15 ou 06 86 86 48 28 - contact@bing-bang-mag.com
BingBang magazine Dijon - Edité par EDIBANG : SARL au capital de 14 400 euros - 52, avenue de Stalingrad - 21000 DIJON - Tél : 03 80 73 01 15 - E-mail : 

Création sites internet Dijon : i-com - Photographic : Photographe publicitaire - Marielys Lorthios Photographe culinaire
Toute reproduction même partielle des articles et des photos interdite. Droits réservés.