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Magazine Dijon

Décembre 2009 Janvier Février 2010

 N°41
 
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05

Le petit théâtre de Bridget P.

La dernière fois que j’ai mis les pieds au théâtre, c’était pour entendre Charlie Winston. La salle était comble et l’ambiance surchauffée. Tout le monde debout, chantait à tue-tête, l’anglais narquois aurait fait danser une maison de retraite !


Cette fois-ci c’est pas la même, une vraie ambiance de “Au théâtre ce soir“, on murmure, se demande pardon, salue les voisins. C’est qu’on est venu voir du culturel, oui madame, du Musset et on va s’en prendre pour deux heures et demi, sil vous plait ! La lumière baisse, les toux s’assagissent, ça va commencer, le silence… Mais non ça grince, c’est infernal ce bruit, dès que l’on remue une fesse, toute la rangée de fauteuil se met à couiner. Je suis gênée, je ne bouge plus, ça recommence, un véritable concert de ressorts. Mais taisez-vous les chaises ! Vous êtes toutes neuves, vous avez coûté une fortune et vous râlez. Ce serait plutôt au trésorier payeur de dire quelque chose : Remboursé ! L’ambiance est bizarre, chacun soupçonne son voisin d’hyperactivité. Chut. Le calme revenu, je me rappelle les paroles d’Yves Beaunesne, le metteur en scène : c’est une pièce écrite pour être lue et non pour être jouée, trop de lieux, une chronologie impossible à suivre, construite comme un polar. Le théâtre et l’opéra sont les bras moteurs du spectacle vivant réunis dans un même corps. En regard de Rigoletto, je voulais proposer Lorenzaccio, comme une réflexion sur le pouvoir et l’amour : eux figures de duc très forts et deux écrasés du pouvoir, des personnages comme des cancrelats qui dansent sur une plaque brulante, un volcan au bord de la rupture et demain tout va exploser. Je m’attends à être bousculée. Le décor est simplissime, un rideau suspendu, un tapis et voilà quinze lieux différents représentés. Il y a des dizaines de personnages mais peu d’acteurs, pff, des marionnettes de bois roulent sur scène et prennent vie dans les bras des humains. Le texte n’est pas assez Shakespearien et bien, la lumière enrobe les comédiens, les étoffent. Quelques scènes manquent de vivacité, quelques interprètes n’ont pas trouvé l’émotion juste mais c’est vite oublié. Lorrenzo est grandiose, le duc transcendant et la cadence bien menée. La scène finale emporte tout dans une osmose de lumière et de musique. Médicis, gagnant !

Waouw, si Rigoletto est mené pareillement, ce sera Meraviglioso, mozzafiato !
C’est un pendant magnifique à Lorenzaccio et si le théâtre est du chocolat au lait, il est évident que l’opéra est du chocolat noir. Verdi se posait les mêmes questions mais à la manière d’un italien. Rigoletto que je raconte comme une espèce de Charlie Chaplin, se balade avec sa pauvre âme perdue et sa grande poésie et essaie de préserver sa fille de toutes les vilenies du monde. Rigoletto est pauvre comme les clowns d’Italie, les Gus, les Groc, les grands clowns russes. Yves Beaunesne
Une, j’adore le chocolat, deux, c’est à l’Auditorium. Bingo !
Bridget P


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