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Hiver 2018-2019

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par Carine Dufay

Le jour où j’ai redécouvert le MBAA

He’s BAACK, enfin, le musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon ! Immersion d’une bisontine qui se réapproprie un musée qu’elle a bien failli oublier ces quatre dernières années.


musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon

« C’est exceptionnellement magnifique, joli, beau, agréable… Comment est-ce possible d’être passée à côté de Besançon autant de temps. Je m’en veux, je vais y retourner... », lance la chroniqueuse Sarah Doraghi, dans l’émission matinale Télématin sur France 2, mardi 20 novembre.On ne pouvait pas faire mieux comme publicité. Des mots simples qui nous touchent, nous petits citoyens non érudits en art. Il faut dire qu’à Besançon, niveau art contemporain, les galeries et expos ne courent pas les rues. Quant aux beaux-arts, l’image triste et austère qui s’en dégage n’incite pas toujours le visiteur non diplômé en histoire de l’art à pousser les portes des musées.

installation

Un musée qui change des musées

Mais les choses changent car justement, le nouveau musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon bouscule les codes, s’adapte aux mentalités et aux nouvelles exigences. Générations x, y ou millénial obligent. Faut que ça bouge, ça vive. On oublie tout et on recommence, sans oublier la fameuse mission sociale bien évidemment. A Besançon, la culture sera donc ouverte sur le monde. Et surtout sur les passants qui passent, jeunes ou moins jeunes, riches ou SDF, illettrés ou agrégés. Tout le monde ira au musée, un point c’est tout ! On n’a pas injecté 11 millions d’euros pour que vous continuiez à l’ignorer, VOTRE musée ! Entre bowling et ciné, intégrez-le à votre planning du dimanche. Et en plus, une fois par mois c’est gratuit.
Message reçu. Donc, nous sommes allés visiter celui qu’on surnomme ici, MBAA. UN, car on l’a aimée la campagne de com franchement « bizz’arts » menée depuis plus d’un an. DEUX, car on déteste les idées reçues. TROIS, on est curieux, intéressés et… bisontins. QUATRE, c’est aussi un peu notre boulot.

Et on a aimé.

Sarah Doraghi à la télé parle de « lumière et de fluidité incroyables », d’un musée où « les époques et les mouvements ne se snobent pas entre eux ». Nous, on rajouterait bien aussi : « Une visite où l’on se sent libre d’aller, venir et revenir. Des œuvres qui s’admirent en contre-plongée ou en toute proximité car même un jeune enfant peut les toucher de la main. Des puits de lumière naturelle édifiés un peu partout qui arrosent les sculptures, les tableaux et leur donnent un relief, un reflet nouveau. De magnifiques murs en béton armé qui sont là, tout en n’étant pas là à la fois. Un espace immense où l’on se perd et où l’on se laisse guider par notre instinct ». La liberté nouvelle d’un musée non étriqué.
Les œuvres ? Oui, on peut citer les plus célèbres ou les plus regardées : L’Hallali du cerf de Courbet, le taureau d’Avrigney, la mosaïque de Neptune, la momie de Séramon, des Matisse, des Bonnard et autres Renoir, mais surtout le Bronzino, qui est au MBAA ce qu’est la Joconde au Louvre… Mais au delà l’architecture visionnaire de ce tout nouveau musée, se pose-là, comme une visite à part entière.

mbaa-nettoyage

Une architecture qui invite à la déambulation

L’auteur : Adelfo Scaranello, architecte bisontin qui n’a plus rien à prouver. Mais c’est en se penchant un peu plus sur le passé du musée, que l’on découvre un autre nom, celui de Louis Miquel, élève de Le Corbusier. Et tout à coup, cela sonne comme une évidence : les passerelles et murs de béton armé, ces grands espaces où résonnent les vibrations et les sons, cette déambulation libre et cocasse… Evidemment ! Le Corbusier a bel et bien soufflé cette énergie inspiratrice à notre musée. D’ailleurs, en 1963, le projet de réaménagement intérieur du musée des beaux-arts de Besançon était au départ proposé à Le Corbusier, réputé en Franche-Comté pour la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp. Indisponible, le projet est finalement confié à l’un de ses disciples, Louis Miquel.
Miquel s’est appuyé sur le célèbre concept du musée à croissance illimitée de Le Corbusier en y ajoutant sa signature sous forme de lignes rectilignes et de muséologie audacieuse. Un musée qui fait la part belle à la déambulation libre.

Un autre regard sur la ville

Plus rien n’est figé et les structures, rampes et escaliers se jouent des niveaux. On a aimé s’y perdre. On a aimé voir trois fois la même œuvre mais jamais du même point de vue. Puis l’on se demande : « Mais comment était-il ce musée avant, finalement ? Qu’a donc changé Adelfo Scaranello ? »
Aucun souvenir de ces lignes et de cette structure. Voilà, ce qu’a apporté Scaranello : il a redonné à l’architecture de Miquel, toute sa magnificence. Il l’a mise en lumière en ajoutant des puits de lumière mais surtout en cassant les nombreux rajouts et murs apportés en 30 ans.
Objectif : ouvrir, dégager de la surface, laisser entrevoir des vues traversantes. Pari réussi. Il est arrivé à nous faire douter de l’existence de la structure auparavant. Désormais, on regarde le musée de la Place de la Révolution avec un regard neuf. ■


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