37
Magazine Dijon

Décembre 2008

 N°37
 
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02

Le conte de Noël du gentil fourreur qui voulait devenir charcutier !!!

Il était une fois, dans notre bonne Ville de Dijon, un gentil fourreur qui travaillait, en compagnie de sa femme, dans sa modeste échoppe de la rue Charrue.


fourreur

Sortant sur le pas de sa porte pour saluer voisins et amis de passage, il avait toujours un mot drôle, aimable, rassurant pour les mamies qu’il voyait trottiner dans des fourrures qu’elles auraient quitté depuis longtemps pour des neuves, si la crise n’était passée par là. Mais lui, il leur proposait gentiment de leur donner un petit coup de jeune (aux fourrures, car notre fourreur n’est pas magicien, suivez un peu !) Avec les commerçants et les commerçantes, il se lâchait un peu plus, n’hésitant pas à se moquer gentiment des « gens en gris » qui gâchaient le paysage par leur mauvaise humeur perpétuelle. Surtout ceux qu’il savait être moins dans le besoin que la moyenne de ses voisins. Il avait beaucoup d’humour, notre gentil fourreur, se désolant de voir dans les vitrines des prix avec « des zéros partout, j’sais bien, c’est presque indécent » : avec son air un peu fantaisiste, c’était un philosophe. Les plus jeunes l’appelaient « parrain » en rigolant car on est une grande famille, au centre-ville, et eux, comme ils n’écoutaient pas la télé et ne lisaient pas vraiment les journaux, ils continuaient de mener joyeuse vie, en se disant que les mauvais jours allaient passer. Et, s’ils ne passaient pas, ils iraient voir ailleurs si le soleil n’était pas plus chaud !
Lui, il ne rêvait pas de grands espaces, mais de retourner dans sa campagne paisible, une fois la semaine finie. Son échoppe était devenue, avec le temps, bien trop petite pour accueillir ces cuirs et ces peaux qui faisaient tant rêver les commerçantes voisines et notamment celles des Halles : elles le voyaient passer parfois, en quête d’un casse-croûte à offrir à de gentils voisins, comme ceux qui étaient venus décorer la rue aux couleurs de Noël, avec de modestes moyens et beaucoup de bonne volonté. « Au Cochon qui Fume », les vendeuses le connaissaient, la patronne surtout, elle lui faisait goûter les dernières productions artisanales dégotées ici et là. Mâme Villerey n’avait pas voulu devenir charcutière, elle venait d’un autre monde, d’un autre rêve, alors ils ont parlé, et lui, timidement, il lui a avoué qu’il rêvait d’elle depuis longtemps. Enfin, de son stand, pour éviter les quiproquos. Et notre bonne fée (bon, d’accord, on l’a un peu aidé !) lui a permis de réaliser son rêve et de jouer les vendeurs, proposant aux unes de l’andouillette, aux autres du boudin blanc. Le plus drôle, c’est cette mamie de passage qui, blasée ou le connaissant bien, lui a lancé : « tiens, vous êtes là, maintenant ? »… Depuis, rassurez-vous, si vous avez passé commande d’un vison, il est retourné à sa machine à coudre, mais faites lui plaisir, s’il a du retard, ne lui en voulez pas, apportez lui plutôt quelques tranches de cervelas, il se remettra d’autant plus vite au travail. Joyeux Noël, Monsieur Morizot !

 
 

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