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Magazine Dijon

Hiver 2013-2014

 N°57
 
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Le Papy Noël de Marie

Noël 2011-Noël 2014 : une belle histoire d’amour filial contée par une Dijonnaise, commerçante dans le centre ancien, qui ne fait pas forcément dans les sucreries. La preuve...


Je m’appelle Marie, je suis maman de deux petites filles et suis moi-même la fille de mon papa.

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Rien d’extraordinaire, me direz-vous. Sauf que mon papa, il est né en mai 1946, en ces temps troublés d’après-guerre et de libération par des soldats étrangers, GI américains, entre autres…

L’un de ces soldats libérateurs a laissé derrière lui des objets : une gourmette avec son matricule, une chevalière, une photo… et aussi l’embryon d’un fils à ma grand-mère.

Toujours du banal, diront les plus blasés ?
Oui, si l’on s’en tient aux faits et qu’en guise de grand-père ou père on s’accorde avec la mention « soldat inconnu » !
Seulement voilà, je ne l’acceptais pas vraiment… Il manquait une pièce à mon puzzle.

Qui était ce grand-père reparti de l’autre côté de l’Océan ? Etait-il toujours de ce monde ? Avait-il eu d’autres enfants ? Probablement, et par conséquent, j’avais moi-même aussi une famille là-bas, des oncles (d’Amérique…), des tantes, des cousins !
J’avais envie de les retrouver, de les connaître, d’échanger avec eux : leur dire que j’existais… 

Alors en 2010, profitant d’une période où j’avais du temps, j’ai débuté mes recherches sur Internet, avec le peu d’éléments que j’avais en ma possession et j’ai fini par obtenir des renseignements auprès des Archives Militaires Américaines de St Louis. Un nom est apparu au lieu d’un matricule : Delmiro Gonzalez, avec sa date de naissance et des infos sur son passé militaire.

Une première étape était franchie, mais l’âge de cette personne correspondant à mon grand-père frôlait les 90 ans !
La probabilité qu’il soit encore vivant était mince… La Croix Rouge m’avait d’ailleurs annoncé sa mort. Et puis des Gonzalez, il y en avait des milliers aux Etats Unis ! Sans adresse comment faire pour le retrouver ?

Avec de l’obstination - et aussi de l’argent dépensé auprès de différents sites internet - j’ai fini par obtenir les coordonnées postales de neuf personnes répondant au patronyme de Delmiro Gonzalez pouvant correspondre. J’ai donc rédigé neuf lettres identiques de mon plus bel « english », en joignant la photocopie de la photo souvenir du jeune soldat, de ses objets, de celle de ma grand-mère et enfin celle de mon père.

En juillet 2010, ma boîte mail s’est illuminée ! Un homme avait reconnu son père sur la photo et si mes dires étaient vrais, alors j’étais sa nièce.
De mails en skypes, nous dialoguons et j’apprends que le père de mon père est toujours vivant : il est marié, il a eu quatre enfants et mon père est son sosie en plus jeune. AMAZING !
Alors vient le temps de l’annonce de l’existence de ce fils à toute la famille et au géniteur lui-même ; soixante ans après, c’est un véritable choc psychologique. Des tests de paternité sont réalisés, après de multiples démarches compliquées, et les résultats confirment ce que je savais déjà. Je les remets à mon père le 24 décembre 2011 : tout un symbole…
Et puis vient le temps de la rencontre physique, après les rencontres virtuelles ; l’oncle, qui s’appelle aussi Delmiro Gonzalez, vient en France en septembre 2012 avec son épouse, et nous nous retrouvons comme si nous nous étions toujours connus.

A notre tour, au printemps 2013, alors que l’état de santé de mon grand-père semble se dégrader, nous décidons de partir, ma mère, ma sœur, mon père et moi. Nous n’allons pas manquer cette rencontre inespérée, pas maintenant...

Nous nous envolons pour Chicago et, à notre arrivée, tous les membres de la famille américaine sont venus pour nous accueillir et nous mener vers leur/notre ancêtre. Que ce jour tombe celui de la Fête des Pères est un pur hasard et les « retrouvailles » entre le père et le fils sont remplies de pudeur (deux caractères peu démonstratifs ces deux-là !). Mais nous, les autres, tout autour, on rit, on pleure, on est heureux de se connaître, enfin…
Nous avons agrandi la famille d’un coup et celle qui vit loin se révèle être très proche du cœur.
Il m’aura fallu trois ans, traversés de doutes et d’espoirs, mais j’ai gagné la plus belle récompense qui soit et je l’ai partagée avec mes proches…
Alors… YES WE CAN !

Pour la suite du conte ou simplement acheter quelques bonbons et sucreries pour finir l’année en douceurs, retrouvez Marie chez elle : Gourmandises & Tentations, 8 rue Auguste Comte, à Dijon. Tél : 09-53-36-95-32. www.gourmandises-et-tentations.com


 
 

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