52
Magazine Dijon

automne 2012

 N°52
 
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07

Françoise Perrichet

La rentrée sera Rude Expo François et Sophie Rude au musée des beaux-arts dijon

Oui c’est vrai, elle est facile et je ne suis sûrement pas la première à vous la faire. Mais c’est tellement vrai, et je vais vous dire pourquoi il FAUT qu’elle soit RUDE, pourquoi vous devez aller voir cette exposition sur François et Sophie Rude, citoyens de la Liberté.


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Parce qu’elle est “Famous” 

Labellisée exposition d’intérêt national, récompensant les expositions de grande envergure, vous auriez l’air bête en habitant Dijon de ne l’avoir pas vue.

Parce que, justement, ce sont deux Dijonnais

François, né en 1784 dans un milieu très modeste, est fils de forgeron. Éloigné de l’atelier de son père, maître-serrurier, par un accident l’obligeant au repos, il suit les cours de dessin de François Devosge. Remarqué pour son talent, on l’envoie à Paris ou il entre aux Beaux-Arts pour préparer le prix de Rome. De retour à Dijon, il devient le protégé de Louis Fremiet, le père de Sophie.
Sophie, fille de bourgeois, voit le jour en 1797, rue des Forges. Comme toute femme, elle ne peut suivre les cours « publics » de l’école de dessin, mais Anatole Devosge (le fils de l’autre), ami de la famille, lui donnera des cours particuliers. Le père de Sophie, fervent bonapartiste, est obligé de s’exiler et charge François Rude d’accompagner les femmes de la famille à Bruxelles. En 1816, présentée par son maître, elle entre dans l’atelier du célèbre Jacques-Louis David et devient son élève favorite. Elle se fera remarquer dès 1820 au concours de l’académie de Gand avec son tableau : « La belle Anthia ».

Le départ des Volontaires de 1792

Parce que c’est un couple exemplaire

François Rude et Sophie se marient en juillet 1821 à l’église Sainte-Gudule. Ils ont toujours été en étroite union de cœur et d’esprit, entretenant un grand respect et une grande estime réciproque. Aucune concurrence artistique entre eux. Au contraire, ils se soutiennent beaucoup et participent tous deux à la vie artistique de leur temps. Ce ne sont pas des mondains, ils se consacrent à leur travail, leur famille et leurs amis. Revenus à Paris, ils vivent de cours donnés dans leur atelier et présentent chaque année une pièce au Salon, vitrine artistique de l’époque.

Portrait de jeune femme détail

Parce qu’ils sont talentueux

François Rude est un des plus grand sculpteur du XIXe siècle. Il présente, en 1827, « Mercure rattachant sa talonnière », sculpture techniquement étonnante, qui le met en valeur, mais il ne sera révélé qu’en 1831 par son « pêcheur napolitain ». Une modernité, un esprit nouveau se dégage de cet adolescent souriant jouant avec une tortue qui choquera, mais lui rapportera la Légion d’Honneur.
Sophie Rude est une grande portraitiste. Au salon de 1827, elle se fait remarquer avec un grand portrait en pied d’apparat de sa sœur, avec moult draperies, puis présentera ensuite trois tableaux historiques, mais toujours à travers de scènes familiales ou intimes. En 1841, face à la “concurrence” de Delacroix et sa prise de Constantinople, elle abandonne le genre historique et se remet aux portraits. Pas de concessions, pas de complaisance vis-à-vis des modèles, elle apporte un soin minutieux aux décors et aux tissus.

À cause de l’arc de triomphe

Tout le monde le connaît, et pour cause. Imaginé par Napoléon dès 1806, c’est finalement Louis-Philippe qui commandera à Rude “le départ des volontaires de 1792”. Le relief de Rude est vraiment le plus percutant, le plus vif de l’arc. Le côté triomphal, gigantesque, le mouvement, l’action, tout est dit dans cet arc grâce auquel il atteint la renommée.
Pour la liberté
A l’heure ou les FEMEN se dénudent et manient la tronçonneuse pour se faire entendre, nous pouvons rendre hommage à ce couple. Elle, parce qu’être une femme peintre à cette époque n’est pas si facile, lui pour l’avoir soutenue et encouragée toute sa vie. Révolutionnaire puis bonapartiste, ils ont sans cesse combattu pour la Liberté.

Pour vous faire marcher

L’exposition court sur quatre lieux et vous aussi, du coup ! Le musée des Beaux-Arts expose les tableaux de Sophie, ceux que vous connaissiez et ceux qui encombraient les réserves, dépoussiérés pour l’occasion. Les statues de François sont là en partie, nettoyées elles aussi, ainsi que des dessins et croquis. Deux étages pour vous mettre en jambe.
Le musée Rude, fermé cet été pour rénovation, accueillera, au pied des quatre œuvres monumentales, des vidéos montrant les sculptures là ou elles sont en réalité.
La Nef exposera quand à elle Jacques Perreaut, artiste tournusien, pour un hommage contemporain de la Marseillaise.
Les archives municipales exposent également au salon Apollon.

Pour vous faire plaisir (enfin)

Les couleurs chatoyantes des soieries et la délicatesse des visages dans les tableaux de Sophie ; la volonté, le dynamisme, le naturel dans la pose des statues de François ne peuvent que vous émouvoir, et c’est bien ce qu’on demande en premier à une exposition.


 
 

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