59
Magazine Dijon

été 2014

 N°59
 
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03

Par Marie-Thérèse Garcin

La Franche-Comté et la Bourgogne vont-elles fusionner ? La vie est un éternel recommencement… 21ème siècle ou 14ème siècle ?

Quand nous regardons le blason de la Franche-Comté, les Bourguignons n’ont qu’à bien se tenir !


blasons bourgogne et franche-comté

Ce lion majestueux, griffes dehors, à l’air de se régaler d’avance devant la Bourgogne plus royale et historique. Écartelé : au premier et au quatrième d’azur semé de fleurs de lys d’or à la bordure componée d’argent et de gueules ; au deuxième et au troisième bandé d’or et d’azur de six pièces à la bordure de gueules. Ce blason combine les armoiries des ducs Valois avec celles des ducs Capétiens.

Quant au blason comtois, il remonte à l’année 1279 avec le plus français des comtes de Bourgogne, Othon IV. En adoptant dans ses armes le lion de Bourgogne au lieu de l’aigle germanique, il exprime sa résistance aux prétentions de l’Allemagne sur le territoire français. (1) et (2)
Les armoiries se définissent ainsi : « le grand lion d’or de Bourgogne armé et lampassé de gueules, sur champ d’azur parsemé de billettes d’or sans nombre ». (1) et (4)

Au XVIe siècle, le lion fut surmonté d’une couronne de comte et entouré du collier de la Toison d’Or. Mais cette ornementation n’eut jamais un caractère officiel et chacun reste libre d’en varier les motifs. (1) (2) et (4)
Désireux que la Franche-Comté n’oublie pas son passé, Edgar Faure, président du Conseil régional de 1982 à 1988, décida de mettre à disposition de toutes les communes un drapeau orné de la tête du lion. Seule la cité de Besançon, en sa qualité de capitale, porte les armoiries complètes et sans coupure. (3) et (5)


Bibliographie :

  • (1) Auguste Castan - Revue franc-comtoise - juin 1883 page 121
  • (2) Jules Gauthier - Mémoires de l’Académie de Besançon - année 1882 - page 52
  • (3) Rougebief - Histoire de la Franche-Comté - 1851 - pages 10-28-29
  • (4) Meurgey de Tupigny et Robert Louis - Les armoiries des provinces françaises - pages 22 et 23
  • (5) Gaston Coindre - Mon vieux Besançon - éditions Cêtre 1980 - page 78
  • (6) André Besson - Mon pays comtois - éditions France Empire 1983

D’abord Comté de Bourgogne, elle devient Franche-Comté

Selon une tradition, à l’époque où la Franche-Comté s’appelait alors le Comté de Bourgogne, le comte Rainaud III (1126-1148) revendiqua l’indépendance du Comté. Il refusa de prêter hommage à l’Empereur d’Allemagne, ce qui lui valut le surnom de « Franc Comte » d’où le nom de Franche-Comté donné à la province.(1)

Une autre explication fait état de la situation particulière du Comté de Bourgogne face à l’Empire Germanique après son rattachement à ce dernier en 1026. Ne devant que le service militaire à l’Empereur, le Comté restait libre de toutes impositions et gardait sa langue et ses traditions. C’était donc un comté franc et libre, autonomie qui lui aurait valu le nom de Franche-Comté.

En 1861, l’historien Auguste Castan précise que le terme écrit de « Franche-Comté » apparaît pour la première fois dans une chartre de 1366 mais sous la forme « France-Comté ». Selon lui, c’est la comtesse Marguerite de France, alors héritière du Comté de Bourgogne, qui aurait introduit cette expression dans les documents officiels. Marguerite était une princesse française, fille du roi de France Philippe Le Long et la grand-mère de Marguerite de Flandre, Duchesse de Bourgogne. Au XVème siècle, le mot « France-Comté » aurait pris la forme « Franche-Comté » car à cette époque, les actes officiels étaient rédigés aux Flandres où le « c » se prononçait « ch ».(2)

Bibliographie :

  • (1) Edmond Péclin - Histoire de la Franche-Comté
    collection « Que sais-je ? »
  • (2) Mémoires de la Société d’Emulation du Doubs
    année 1861 - Page 493

L’histoire nous rappelle notre union, quelques dates où les femmes jouent un grand rôle…

En 1363 Jean II le Bon cède à son fils Philippe le Hardi le duché de Bourgogne en apanage. Celui-ci épouse en 1369, à Gand, Marguerite de Flandres, héritière de la Comté de Bourgogne. En 1384 le duché et la comté de Bourgogne sont réunis. Dole devient la capitale de la Comté.
A la mort de Charles le Téméraire en 1477, il ne laisse qu’une fille : Marie de Bourgogne, âgée de vingt ans. Cette dernière devient donc l’héritière du puissant état bourguignon.
Louis XI récupère le Duché et laisse à Marie, la Comté.
Marie de Bourgogne épousera le 19 août 1477, Maximilien d’Autriche héritier des Habsbourg et futur empereur romain germanique.
Maximilien de Habsbourg laisse le gouvernement des Pays-Bas et de la Franche-Comté à son fils Philippe le Beau. Le peuple, attaché à la maison des Bourgogne, voit en lui l’héritier de Charles le Téméraire et l’acclame aux cris de « Vive Bourgogne ».
Philippe meurt trois ans plus tard en 1506. Son fils Charles Quint n’a que six ans. Maximilien confie le gouvernement de la Franche-Comté à sa fille, la comtesse de Bourgogne Marguerite. Cette femme issue du sang des comtes de Bourgogne sait rapidement se rendre populaire même si elle gouverne depuis Malines capitale des Pays-Bas. A la mort de Maximilien en 1519, son petit-fils Charles, déjà roi d’Espagne depuis 1516, devient empereur du Saint Empire romain germanique, sous le nom de Charles Quint.

Attention, la devise de la Franche-Comté est :
"Comtois, rends-toi ! Nenni, ma foi !"

Mais nous sommes (si) fiers d’être Bourguignons !

Il y a de nombreux Bourguignons qui ont des origines Franc-Comtoises ou inversement.
Moi-même, je peux l’avouer maintenant, je suis Bourguignonne de père bourguignon et de mère franc-comtoise.


 
 

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