71
Magazine Dijon

Été 2017

 N°71
 
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La Côte d’Or, Quel cinéma

50 ans après La Grande Vadrouille, la Côte d’Or retrouve un premier rôle à l’écran : Ce qui nous lie, le nouveau Klapisch, tourné à Meursault et dans les environs, est un film drôle, émouvant, vivant. À ne pas manquer, pour se mettre au frais dans une salle de cinéma d’abord, et au vert sur la route des vins, ensuite.


Course folle © E.Jacobson-Roques
Si vous ne connaissez pas Pascale Lambert, vous ratez quelque chose. C’est une actrice du tourisme, et dans le genre têtue, on ne fait pas mieux. Elle a tellement insisté pour qu’on aille voir le dernier Klapisch, en projection privée, à Paris, à Quetigny, à Dijon, partout où il a été projeté en avant-première, qu’on se méfiait un peu. Et puis, on a assisté, en présence du réalisateur, à l’Olympia, à une projection qui a bluffé tout le monde, même certains édiles, qui y ont été de leurs petites larmes. Pari gagné : j’allais de nouveau pouvoir être fier d’être bourguignon, la prochaine fois qu’un Marseillais, un Breton ou un Nordiste me flanquerait dans les dents le dernier film vantant les mérites de leur coin de France.
Faut dire qu’en un demi-siècle, depuis une certaine « Grande Vadrouille » - qui avait fait connaître la Bourgogne autrement que par ce ban bourguignon qui me faisait rougir de honte -, des nanars pour parler de ce qui nous lie à notre terroir, qu’on le veuille ou non, j’en avais vu. Quelques bons films aussi, faut le reconnaître.
En tant que pigiste, j’ai même assisté à des tournages faisant partie désormais des classiques du 7ème art : Cyrano avec Depardieu en 1990 à Fontenay et Dijon, Les Valseuses avec Depardieu, toujours, Patrick Dewaere et Miou-Miou, Jeanne la Pucelle en 1994 dans l’Auxois, Partir-Revenir, avec Trintignan, par un Claude Lelouch encore en possession de tous ses moyens, dans l’Auxois toujours…
J’ai loupé plusieurs tournages, à Semur, parce que je n’avais pas l’âge, en 1957, de me glisser derrière de Funès (« Ni vu ni connu »), ni en 1960, pour suivre Gene Kelly (La Route Joyeuse, avec Brigitte Fossey), ni en 1961 pour voir Gérard Barray se battre dans « Les 3 Mousquetaires »… D’autres n’ont pas marqué l’histoire du 7ème art, comme « Vaudeville », tourné par Marboeuf dans les anciens magasins du Pauvre Diable et des Nouvelles Galeries, avec Guy Marchand et Marie-Christine Barrault, qui pouvait rendre visite au plus célèbre et à la fois le plus méconnu des compositeurs dijonnais : Jean-Marie Sénia, auteur d’innombrables musiques de films.
Comme j’adore les polars, je me suis toujours fait un devoir de regarder les feuilletons tournés par ici, pour FR3 généralement, genre « Sang de la Vigne », avec Arditi. Une vision du monde du vin et des Bourguignons parfois limite caricaturale, qui fait se poser des questions. Après tout, on nous voit peut-être ainsi, vigneron que la richesse a rendu prétentieux, agité du bocal montrant sa trogne rougeaude en train de faire un ban bourguignon, flic noyant son chagrin dans le marc de Bourgogne, ou vieillard vivant dans une bicoque en pierre aux rideaux jaunis par le soleil…
Et Klapisch est arrivé, sans se presser. Il a pris le temps de nous observer, de se faire des copains dans les vignes, de boire et acheter leur vin (encore mieux), de nous découvrir au fil des saisons, et surtout d’écrire « Ce qui nous lie », une histoire de famille sur fond de vignobles, belle, mélancolique par moments, drôle aussi, bien sûr, qui aurait pu virer tragique, mais bon, allez voir le film, vous l’aimerez, et surtout vous aimerez un peu plus ce petit coin de terre que le monde nous envie, depuis que l’UNESCO l’a reconnu. Et puis, pour une fois, on voit des gens faire le ban bourguignon sans que ça paraisse ridicule. Clap de fin.
Si vous avez manqué l’expo présentée à Paris puis au Clos de Vougeot, allez voir sur internet les photos du tournage prises par Klapisch lui-même, pendant près de cinq ans. Une réflexion sur le lien entre la nature et l’homme qui nous touche, et sur les traces que ce dernier va laisser sur terre (même si l’homme est le grand absent de ces photos). Au château du Clos de Vougeot (en compagnie d’Emmanuelle Jacobson-Roques et du beaunois Michel Baudoin) jusqu’au 14 juillet. ■ GB


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