Citadines
Texte : Laurent Poisneuf
Photo : BingBang
Elle est née au pic de la popularité de son prénom : 5500 Claudine cette année là ! Pas de revendications à l’héritage sulfureux de l’égérie de Colette mais quelques similitudes bien trempées à la cancoillotte dans la gouaille naturelle de la dame. Ce serait plutôt brut de décoffrage , humain, attachant, libertaire, désintéressé... « Ici c’est un lieu de tolérance... » Pas rare en effet de croiser au fil des tables un véritable sac à malice de clients issus de tous horizons. Tablées d’étudiants, couples gays, cultureux songeurs, qui retrouvent ici le sourire, dignitaires qui perdent vite leur dignité, artistes : tous font étape içi et raffolent de l’endroit tant la spontanéité de la maison est légendaire ! Une oeuvre sociale en quelque sorte qui ne vise pas à empiler les zéros à la fin du bilan annuel. 16 années de restauration au compteur tout de même !
« C’est sûr il s’est pas marié avec une petite secrétaire.... » Lui c’est le complice , le mari de plus de 30 années de pacte républicain , qui fait la compta du resto à temps perdu. Presque l’antithèse de madame dans l’approche et la réserve. On pourrait penser .. et bien on ne pense pas !....Car madame est déjà mamie par trois fois , fruit d’une belle descendance initiée par le couple au sortir de l’adolescence qui donna vie et beau caractère à deux enfants. « C’est sûr, les chiens ne font pas des chats.. ; » glisse-t-elle sur un ton malicieux. Toute la satisfaction d’une maman-mamie décalée, décapante mais attachée à certaines valeurs ! « Je suis positive et j’ai la santé ! »
N’attendez pas de Claudine quelconque discours ou diatribes sur la vie économique ou culturelle de Dijon. Elle préfère goûter l’instant... se retrouver par hasard au centre des festivités , s’extasier un soir pas comme les autres sur les accords rythm’ and blues d’un groupe au détour d’une petite salle d’un café du cru.
Bon c’est sûr « y’ a pas la lumière à tous les étages mais bon faut bien vivre !
Hymne authentique à la vie... encore une que les doriphores ne sont pas prêts d’avoir !!!
Le p’tit resto 27 Rue d’Ahuy 21 000 Dijon -Tel : 03 80 56 22 81 Ouvert les soirs sauf le dimanche
