79
Magazine Dijon

Été 2019

 N°79
 
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07

par Thierry Binoche

L’univers de Jamait


L'univers de Jamait

■ par Thierry Binoche

Découvrir avec Yves Jamait quelques-uns de ses lieux favoris, rue Berbisey, n’est pas pas forcément sans risque pour la santé ! Vue la notoriété du Monsieur, l’accueil dans ces endroits fut des plus chaleureux ! Dans le désordre, mais surtout avec plaisir, nous sommes passés d’un restaurant Ch’ti aux frites et bières délicieuses au restaurant pakistanais avec anecdotes, bulles et petites mises en bouche, douceurs du continent indien. Un léger détour chez « Vartan » l’ami arménien qui tient la supérette qui vous sauve la vie quand tout est fermé. Et ensuite un repas africain « chez l’bougnat », maintenant chez Ben, qui vous cuisine un poisson à vous marabouter la tête.
Un tour du monde cosmopolite qui a commencé et fini au bar de l’Univers bien évidemment. Occasion d’une vraie conversation de comptoir ! Jean-Louis Pelletier, patron emblématique du lieu, et Yves c’est déjà une vieille histoire.
Yves Jamait : Notre rencontre s’est faite petit à petit via une copine que Jean Louis aimait bien et avec qui j’étais à l’époque. Donc j’ai habité juste à côté pendant un moment et je venais plus souvent Et il faisait des ardoises, il en faisait à tout le monde ! Pendant une semaine il ne disait rien et un jour quand ça n’allait pas il te lançait « t’as payé ton ardoise ! » Il était assez lunatique là-dessus. En même temps j’ai eu des sommes assez conséquentes pour l’époque.

Mais Jean Louis peut-être avait-il déjà une âme de mécène. Et il nous sort le premier tableau peint par Yves et qu’il a acheté pour 500Frs, histoire d’effacer une partie de cette ardoise ! Depuis Yves en a fait beaucoup d’autres, des peintures et sûrement moins d’ardoises ! Par contre c’est à l’Univers qu’il a fait ses premiers pas de chanteur, lui qui n’y pensait même pas, et sur ce comptoir qu’il a écrit ses premières chansons. Depuis, un lien indéfectible lie ces deux là. Pour Jean-Louis la musique a toujours été présente dans son projet depuis qu’il a repris le bar de l’Univers en 1983.

Jean-Louis : Avant c’était un bar de quartier de jour qui fermait à 21h où les vieux jouaient aux cartes. C’était presque une annexe de L’ANPE où les gars venaient chercher du boulot ou des recruteurs des ouvriers ! Après quelques transformations le lieu a bien changé. Malgré les réticences et autres tracas du voisinage.

Yves Jamait : Je suis arrivé dans le quartier via le Cappuccino (NDLR : bar hélas fermé maintenant et qu’on regrette beaucoup !) et en passant devant l’Univers un jour d’expo qui avait fait beaucoup de bruit dans les deux sens du terme à l’époque, bien avant les gilets jaunes, je suis rentré, c’était chaud, le lieu était devenu à la mode !

Jean Louis : Assez vite j’ai décidé de faire des concerts. J’ai toujours été dans la musique, j’accueillais des groupes de toutes sortes, de tous styles, et je leur faisais à manger, bourguignon, chili ou des fois sardines grillées qui parfumaient le quartier !!!
Yves Jamait : C’est délirant le nombre de concerts que tu as faits, tout ça sans subventions, des vrais challenges. Tu as fait dans l’alternatif, tout couleur, un réel acteur de la culture qui pourrait en remontrer à certaines structures !

Des concerts qui, après une nouvelle transformation et un caveau plus adapté aux relations avec le voisinage, se sont amplifiés depuis une quinzaine d’année et pourront perdurer. Car Monsieur le Maire de la commune libre de Berbisey va passer le flambeau.

Jean-Louis : Le Maire c’est moi ! car le maire de la Commune libre de Berbisey c’est celui qui tient le bar et non pas celui qui s’est autoproclamé maire et qui n’a jamais rien fait ! La Commune est née après la seconde guerre mondiale. Les gens aidaient les familles dans le besoin, mais aussi pendant les périodes d’immigrations il y avait des italiens des espagnols des portugais etc, ils se donnaient rendez-vous ici pour trouver des appartements des boulots !

Yves Jamait : J’ai d’ailleurs cité la devise de l’Univers dans une de mes chansons : « Sans craindre ici le loup et l’agneau se désaltèrent »

Alors au moment où s’achève une sacrée tranche de vie Jean-Louis a choisi ses successeurs. « Je les ai choisis en posant mes conditions, le nom bar de L’Univers restera comme il a toujours été et il y aura toujours des concerts, d’ailleurs certains sont déjà programmés après mon départ ! »

Espérons effectivement que l’esprit reste le même et qu’il n’y perde pas son âme, car c’est souvent une personne ou une équipe qui en font la différence. Quant à Yves et Jean-Louis ils devraient se retrouver peut-être à l’Olympia le 5 novembre, ne serait-ce qu’à travers les chansons partageant leur histoire commune ! La descente de la rue Berbisey fut rude mais pleine de beaux moments et de découvertes, même pour un Berbiseyien ! Des fois le bonheur est vraiment près de chez soi ! ■


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