74
Magazine Dijon

Printemps 2018

 N°74
 
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09

L’art contemporain à Dijon 40 ans d’histoire !

Dijon, de toutes les cultures et pour tous les publics, raconte aussi une relation particulière à l’art contemporain, une histoire forte et prometteuse. Merci au FRAC et à INTERFACE pour ce retour vers l’art du temps.


Vue intérieur de l'exposition de Romain Vicari « New World » aux Ateliers Vortex. © Romain Vicari
« L’œuvre est à quiconque veut bien d’elle »
Rémy Zaugg

Épique ou opaque ?

L’art du temps n’est pas facile à appréhender. Pas d’hommes de Cro-Magnon par ici pour nous obliger à nous poser des questions existentielles. Quelques dates, pour mieux nous situer dans le temps, quand même : en 1766, le peintre François Devosge crée une école gratuite de dessin qui deviendra l’Ecole nationale supérieure d’art et de Design ; en 1799, le musée des Beaux-Arts ouvre ses portes au public. Il n’a cessé de croître jusqu’à nos jours, tant par sa collection que par ses espaces, mais il faudra patienter encore jusqu’à l’été 2019 pour l’ouverture des 64 salles rénovées. D’autres musées encore possèdent et montrent des collections remarquables comme les musées Magnin ou Rude, ne revenons pas là-dessus.

Dans les années 1970/80, ça remue. On parle structures alternatives, contre-pouvoirs, lieux de parole indépendants. De jeunes étudiants en histoire de l’art posent les premières fondations de l’art contemporain à Dijon.
« En 1977, Xavier Douroux (décédé en 2017) et Franck Gautherot entre autres fondent l’association Le Coin du Miroir. Ils sont rejoints en 1983 par Eric Colliard (décédé en 1995), cette même année les associations Le Coin du Miroir, A la limite et Déjà Vu se regroupent en une même entité. Ensemble, ils développent une réflexion critique sur la place et le rôle de l’art. […] Installée à ses débuts dans 30 m² au premier étage d’une librairie alternative, la structure déménage rue Saumaise dans un « appartement-galerie » puis en 1982 occupe finalement un ancien magasin de 500 m² au centre-ville intitulé « Le Consortium » et à partir de 1991, une ancienne usine de 4 000 m² située en proche périphérie, au 37 rue de Longvic. L’actuel bâtiment du Consortium ouvre ses portes en 2011. »*
1982, les FRAC (Fonds régional d’art contemporain) sont créés par le ministère de la Culture et les Conseils régionaux dans toute la France. Le FRAC Bourgogne ouvre son premier lieu d’exposition dans cette même rue de Longvic et commence à constituer sa collection (soit aujourd’hui 650 œuvres de 250 artistes). En 2013, il reprend l’ancien espace d’exposition du Consortium au centre ville, Les Bains du Nord reprennent vie, l’art contemporain s’installe définitivement à Dijon.
Bon, là, vous pouvez faire une pause, un café, regarder la météo, on repart, c’est complexe. Mais encore, ne vous plaignez pas, on résume.
La métropole dijonnaise et sa région comptent également d’autres lieux où l’on montre et où se fait l’art contemporain, comme Les Ateliers Vortex, l’appartement Galerie Interface (1992), L’Entrepôt 9, la Halle 38 (ateliers municipaux d’artistes installés depuis 2017 dans les anciennes casernes dijonnaises), mais aussi des ateliers d’artistes qu’ils soient collectifs ou individuels : Yan Pei-Ming, Didier Marcel, Cécile Bart, Lilian Bourgeat, l’atelier des Chiffonniers, Gentaro Murakami et d’autres artistes nouvellement diplômés de l’ENSA Dijon... Ces jeunes artistes s’installent volontairement à Dijon et ses alentours pour prendre part à cette scène artistique.

Interface

Interface est une association loi 1901, créée en Janvier 1992 à Dijon.
Elle a pour objet de soutenir les jeunes plasticiens par l’aide matérielle et logistique propre à la réalisation et à la diffusion de leurs œuvres.
Depuis les années 90, il est important pour Interface de soutenir la création la plus contemporaine, la plus en devenir, en produisant de nouvelles œuvres. Avec le temps, en plus d’un regard tourné principalement sur la jeune création, la programmation a intégré des artistes confirmés comme par exemple Marc Camille Chaimowicz, Jean Dupuy, Yan Pei-Ming, Philippe Cazal, Marc Couturier, Niek van de Steeg, Daniel Buren ou Cécile Bart.

Cette détermination à promouvoir l’art contemporain se retrouve également dans le journal « horsd’oeuvre » édité depuis 1997. Ce gratuit tiré à 5 000 ex. est aujourd’hui distribué dans plus de 150 lieux d’exposition en France. Combinant œuvres d’artistes et textes critiques, « horsd’oeuvre » offre un regard différent sur la création contemporaine.

Et le public dans tout ça ?

Cette question a été posée à Frédéric Buisson co-directeur artistique d’Interface à Dijon :

“Qu’on le veuille ou non, le contemporain finira par entrer (ou disparaître) dans l’histoire et deviendra patrimoine, donc autant être critique actif de son vivant ! On parle beaucoup de médiation en art et d’accompagnement des publics. Toutefois ce n’est pas à l’œuvre de se mettre au niveau des connaissances du visiteur. Les structures dijonnaises comme Interface, Le Consortium, le FRAC Bourgogne, les ateliers Vortex, Entrepôt 9, ont développé chacune à leur manière des outils de médiation pour mieux appréhender les choses données à voir.
Communiquer plus sur : « nous sommes là pour vous aider » est une évidence mais il ne faut pas rendre obligatoire et absolue cette ambition démocratique d’un art qui serait fait pour tous. »
“ Efforts et envies de chacun sont nécessaires pour comprendre l’art, qu’il soit contemporain ou passé. Les grands médias parlent trop souvent d’art contemporain qu’en matière de spéculation, de record ou d’événement où l’art présenté frise avec spectacle et divertissement. Or ceci pollue et biaise le débat et la réflexion.
Le visiteur doit au contraire laisser de côté ses a priori, rentrer dans des univers, voir beaucoup d’expositions, se laisser guider et accompagner pour mieux au final, forger sa critique personnelle. Ce qui ne signifie pas tout accepter, la subjectivité en art existe ! L’art contemporain est d’une certaine manière plus facile à appréhender car il parle de notre socle commun, le monde dans lequel nous vivons ensemble. Les démarches artistiques s’ouvrent sur des regards pluriels de notre société et remettent parfois en cause des ordres établis, des pensées ou esthétiques trop normées, dictées. Mais ce champ des possibles n’est pas toujours si compliqué, la dérision, l’humour, le jeu sont autant de territoires que certains artistes s’approprient. Venez rendre visite à ces artistes qui se livrent sans filet à travers leurs œuvres, nous serons votre guide ! » ■
* Pour plus de renseignements, présentation du Consortium : Le-Consortium


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