35
Magazine Dijon

Juin 2008

 N°35
 
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02

Texte : Gérard Bouchu
Photo : BingBang

Indécrottable Franck Berthier ! Le prince des commerçants dijonnais part en campagne…

Peau de vache, lui ? Vous rigolez ! C’est un amour. Depuis plus de vingt ans, il me fait rire et sourire de la vie. Et ce n’est pas parce qu’il a cherché au départ à me donner le look « Berthier » que je devrais aujourd’hui lui tailler un costard. Pour cette rubrique « à contre-courant », le plus « gentleman-farmer » des commerçants du centre-ville a joué le jeu. Jusqu’au bout.


Franck Berthier et son ancien voisin Claude Bourgin à Bligny-le-Sec
traite des vachesDans les années 80, quand j’étais jeune, FB m’impressionnait. Pendant quelques années, il tenta de me façonner à son image, mais –n’étant pas Sainte-Rita- y renonça très vite. Depuis, on se voit de temps à autres, place Jean Macé à sa boutique avant d’aller manger un morceau. Rien de sophistiqué : du simple mais du bon. Et en terrasse, de préférence, pour regarder passer les gens. Voir comment ils sont habillés. Sans mot dire, sans médire -c’est pas son genre ! – il médite. Une vacherie ? Non, un aphorisme ou toute autre petite phrase qu’il ira ensuite écrire sur le mur de son bureau ou dans le carnet où il les collectionne depuis tant d’années.

J’fais bien paysan, comme ça !?

« Est-ce l’amour qui rend idiot ou est-ce qu’il n’y a que les idiots qui tombent amoureux ? » FB se livre peu, pour se préserver. La vie lui ayant fait cadeau d’autant de hauts que de bas, il préfère laisser de lui l’image d’un battant, d’un donneur de coups, plutôt que d’un être connaissant comme d’autres de gros moments de doute, de déprime. Aujourd’hui, s’il repart en campagne, à nos côtés, c’est symbolique. Rien de politique là-dedans, sauf au sens premier : il est un homme qui s’intéresse à la vie de sa cité. Dijon, il l’aime, il y vit aujourd’hui, à plein temps. Homme adroit, et même à droite, il apprécie ce que fait son maire de gauche mais son cœur reste… au centre-ville. Un centre qui a une âme, qu’il aimerait plus forte, et qu’aucun centre commercial ne pourra jamais revendiquer. Changement à vue. Cet homme profondément urbain, qu’on croit hautain, sûr de lui, va troquer en quelques minutes sa casquette de boss (Hugo Boss, of course !) contre celle de son ancien voisin, Claude Bourgin, du temps où il vivait près de Bligny-le-Sec, dans la « montagne dijonnaise » : « J’fais bien paysan, comme ça !? ». vachesA l’entrée de l’étable, alors qu’il se laisse pour une fois habiller par un autre, il pourrait faire tout à fait illusion : il est sur ses terres ici, celles qu’il a souvent parcourues à cheval, avec son chien, qu’il pleuve ou qu’il neige. Lui qu’on croit toujours par monts et par vaux (par veaux, j’allais écrire) n’a pas caché son émotion de retrouver la ferme qu’il avait achetée à ses débuts, sur un coup de tête, forcément un coup de cœur, pour lui. Du « temps des vaches maigres », qu’il a connu à ses débuts, et qu’il évoque en caressant « Vaporeuse », pour l’amadouer, avant de la traire, puisque c’était le challenge de départ de ce portrait à contre-courant, on peut vous l’avouer maintenant. On ne l’en croyait pas capable, lui qu’on imaginait déjà en train de quitter la Bourgogne pour réaliser son rêve de château en Espagne, de l’autre côté des Pyrénées, en Andalousie. Mais il faudra encore du temps et de la patience pour réaliser ce rêve. Ne parlant pas bien espagnol, il n’a pas su se défendre, et c’est la première fois que les mots ont du manquer à celui qui reste le prince des vendeurs…

« Je crois beaucoup, beaucoup à la chance et plus je travaille, plus j’en ai ». Encore un de ces aphorismes qu’il adore. Lui dit toujours
« pis que pendre » de ceux qui prennent le temps de vivre (en jalousant ceux qui, comme lui, ne vivent que pour leur travail), était heureux de passer cette fin d’après-midi dans le calme d’une campagne dont il ne pourra jamais se passer. Avec Claude Bourgin, ils ont parlé du quotidien, sans jouer l’un au pauvre paysan, l’autre au pauvre commerçant. Deux mecs qui font du blé, chacun à leur façon, à votre avis, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires très terre à terre, tout simplement. « J’ai commencé par faire deux ans d’école d’agriculture, qu’est-ce que tu crois ? » Comment voulez-vous finir sur une vacherie après ça !!!!


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