76
Magazine Dijon

automne 2018

 N°76
 
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Histoire de théâtre

Espace de culture mais aussi de sociabilité, d’échanges et de distraction, le théâtre est un lieu important dans la vie locale depuis 1847. Sa création fut d’ailleurs la grande affaire du maire de l’époque, Joly de Saint Florent. L’ancienne salle, installée dans le bourg Notre-Dame, était peu entretenue, à tel point que le sous-préfet Vatout avait alerté le maire de l’inconvenance à recevoir des dames dans cette salle. Bien conscient de la vétusté des lieux, le conseil municipal n’avait toutefois pas les moyens de financer un nouveau théâtre. 


Théâtre de Semur © Pauline Renardet

Théâtre de Semur

La situation se décanta lorsqu’un certain Lazare Gueneau d’Aumont fit par testament le 10 décembre 1840 don d’un terrain à la ville pour y installer un lieu d’utilité publique. A cela s’ajouta une somme de 3000F pour les premiers frais. La décision fut prise d’affecter le legs à la construction « d’une salle destinée aux réunions publiques ».  Armand Bruzard, adjoint au maire et personnalité locale influente, va s’investir dans le projet dès 1843. Il sollicite son frère Félix, architecte installé à Paris pour avoir son avis et ensemble, ils vont reprendre le projet en main. Dès le départ, les premiers plans proposent un théâtre dit à l’italienne avec sa salle en forme caractéristique de fer à cheval. Il est construit sur l’emplacement de l’ancienne courtine ouest contre la tour Margot qui lui est associée (salle des fêtes puis arrière scène). Cet important chantier est le premier qui modifie substantiellement la morphologie du donjon par l’érection d’un vaste quadrilatère reformant, d’une certaine façon, l’emprise originelle du donjon ducal ouvert à l’ouest depuis de longues décennies. Le 24 octobre 1847, la salle est inaugurée avant même l’achèvement de décors.   

Renaissance d’une scène

Détruit par un incendie le 5 Août 1901, le théâtre renaît très vite de ses cendres. La municipalité décide de le reconstruire dans son « style Empire » d’origine, et sur le même emplacement. Les travaux se poursuivent jusqu’en 1904, incluant la restauration de la tour Margot endommagée par le feu et l’édification du bâtiment.
L’architecte de la ville, Hector Marcorelles est chargé des travaux et doit faire face avec la commission municipale à de nombreuses polémiques notamment lorsque l’artiste peintre Henri Collin, qui exécute gracieusement la toile du plafond ajoute cette phrase sibylline : A bas la calotte… alors que le pays est partagé sur la question de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ce qui ne manque pas de soulever des débats houleux chez les Semurois, mais celle-ci restera malgré les polémiques. 
La salle conserve le plan d’un théâtre à l’italienne, composé d’un étage, avec des loges réservées à un public qui venait se montrer, voir se donner en spectacle, et un parterre où le peuple restait debout. Dans la salle et le fumoir, les décors « art nouveau » luxuriants et l’acoustique exceptionnelle de la scène font du théâtre un délicat écrin dédié à l’art lyrique et à la musique.
Le théâtre connaît encore deux autres restaurations, en 1930, puis en 1987, avant de fermer ses portes en 2012 sur ordre de la commission de sécurité. La municipalité décide alors de faire les travaux de mises aux normes et aussi de restauration nécessaire. 
Après près de 6 ans de fermeture, dont plus de 3 ans de travaux, le théâtre a réouvert ses portes cet automne avec la dernière création de François Morel « J’ai des doutes » et la première saison, dont on vous présente un aperçu, offrira une programmation pluridisciplinaire diversifiée associée à une démarche de découverte. 


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