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Printemps 2017

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04

François Rebsamen l’ultime combat du maire de Dijon

Il aurait aimé que François Hollande se représente, et est resté fidèle à ses engagements, en ne paraissant pas au meeting d’Emmanuel Macron, qu’il soutiendra pourtant le moment venu quand il faudra faire front. Il avait l’oreille d’Hollande, sans que celui-ci ait besoin de brancher on ne sait quelles écoutes pour ça, mais il n’en a pas profité pour devenir ministre de l’Intérieur. Son seul vrai regret. Il s’y était préparé, depuis sa rencontre avec Joxe, en 73, il en rêvait. Trop, peut-être.


cité de la gastronomie

Retour aux années 70

D’avoir évoqué ses débuts en politique aux côtés de Pierre Joxe nous a permis de revenir sur les années 70, alors que la nuit tombait sur la place de la Lib. Nous avions squatté pour l’occasion le premier étage du « Temps des Ducs »,
une brasserie toute indiquée pour parler ville, pouvoir, temps qui passe.
Pas question de ressortir une photo d’archives où on le voit, étudiant à moustache, dans un Dijon post-soixante-huitard dont il ne semble pas avoir une nostalgie exagérée. « C’était le café des fachos, ici, à l’époque », s’amuse-t-il à évoquer, en jetant un œil amusé sur un décor évoquant avec humour les anciens Grands Ducs d’Occident.
Il ne semble d’ailleurs pas s’offusquer du surnom qu’on lui donne ici. Mais seul Arnaud Montebourg a le culot de l’appeler ainsi au téléphone : « alors le Duc, comment ça va ? »
Ses souvenirs marquants des années 70 ? Boum du pétrole, mais pas de transports en commun pour aller en fac, soirées à l’Estancot, un resto dont les poutres étaient décorées des cravates coupées aux clients, matchs de foot à l’Université…
Il vivait à Dijon, mais était pion à Mâcon, d’où un co-voiturage avant l’heure, avec une Dauphine 1093 qui en jetait… Difficile de ne pas évoquer Poujade et son refus d’une grande salle de spectacles, la création de l’Auditorium et l’arrivée des Patriat Brothers dans le paysage. « Pour s’amuser, on allait à Besançon ou dans les caves de l’Acropole ».

D’un duc à l’autre

François Rebsamen sourit en repensant aux années 80-90, à ses premiers combats, à la troisième liste qui l’empêcha de gagner, en 95. On n’est pas revenu sur la victoire en 2001, sur les deux premiers mandats et la transformation d’une ville au cœur de pierre en une ville plus animée. Trop désormais, certaines nuits, lui rappelle-t-on, ce qui l’agace un peu.
Il y a eu l’intermède parisien, pour plaire au parti. Et à sa femme, qui n’allait pas l’empêcher de devenir ministre. L’important, c’est qu’il soit revenu à temps à Dijon, pour poursuivre le combat mené depuis 15 ans. Combat sur plusieurs lignes, ce qui n’a jamais posé de problème à ce grand pêcheur devant l’éternel. Combat pour un centre élargi plus sûr, plus propre, où le tram et le vélo auront remplacé la voiture, où l’on ira à pied d’un musée des Beaux-Arts rénové à une Cité de la Gastronomie ouverte sur le monde. D’autres combats aussi sont engagés, et pas question qu’il aille pêcher la truite à la fin de son troisième mandat, s’ils ne sont pas menés à bien !

Demain, une mégalopole de 400 à 600 000 âmes !

Il reste d’autres promesses à tenir, comme la fin de la piétonisation du secteur sauvegardé, le sauvetage d’un centre ancien en péril autour des rues Jean-Jacques ou de la République, qui n’a jamais été aussi en danger. Un centre qui perd ses habitants tout en regagnant des commerces de bouche (on y boit beaucoup !), et que le projet de Cité de la Gastronomie ne rassure qu’à moitié.
Il fait confiance aux acteurs du projet pour le mener à bien, et on n’ose pas, devant lui, mettre en doute la distribution, ni le metteur en scène.
Et la mégalopole du futur ? Il a gardé l’espoir de mener à bien le projet évoqué lors du mariage Dijon-Besançon. Fousseret et lui se sont connus sur les bancs de l’école du PS, il y a quarante ans, et ils sont devenus tous deux maires il y a quinze ans. Ensemble, ils ont bâti le projet de faire de leurs deux villes la future « mégapole » d’un centre-est construit au fil du temps entre Rhône et Rhin.
De Belfort à Mâcon en passant par Montbéliard, Besançon et Dijon (et quelques petites villes comme Dole et Beaune sur lesquelles personne ne s’était appesanti à l’époque), il va falloir donner à la grande famille des francs-bourguignons l’envie de vivre ensemble. Mais un quatrième mandat sera peut-être nécessaire. Le dernier. L’époque n’est plus aux Grands Ducs. Aux Duchesses, peut-être ? Les paris sont ouverts. ■ GB


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