69
Magazine Dijon

Hiver 2016/2017

 N°69
 
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05

Murder party

François Rebsamen - En toutes confidences Néo-polar politique à la française

“Play it again, Sam”


François Rebsamen - En toutes confidences

François Rebsamen en « privé » : un suspense électoral bien amené

Il faudra attendre le tome 2 de ses mémoires pour savoir si l’héritier d’Humphrey Bogart, un personnage attachant de maire-enquêteur hors norme, arrivera à sauver l’héritage dilapidé par les différents suspects et empêcher d’autres suicides politiques dans la famille de son client principal.
Un client qui lui claque en quelque sorte entre les doigts alors qu’on a à peine terminé la lecture du premier volume. Un polar incroyable qui nous promène des bureaux ministériels parisiens aux portes d’un aérodrome moribond près de Dijon. Rencontre étonnante avec un ex-président de droite disparu quelques jours avant le « client » qu’il s’était promis de sauver, un président looser qui avait lui aussi de nombreux concurrents décidés à avoir sa peau. Une fin d’année 2016 aussi meurtrière, qui aurait pu s’en douter ?

L’homme qui a échappé aux tueurs du Faucon noir !

On a lu avec plaisir « En toutes confidences », le premier tome d’une série sur la vie (et la mort) politique dans une France que l’on redécouvre, avec bonheur, sous la plume de François Rebsamen. Les mémoires d’un détective nouvelle formule, formé lui-même par un personnage énigmatique, un certain Pierre Joxe. Notre Humphrey (François en VF) aurait pu devenir le premier flic de France si un type louche aux oreilles décollées n’avait tout fait pour le tuer en premier, avant de s’en prendre à tous ceux qui seraient sur son chemin pour capter l’héritage mitterrandien. L’auteur n’en parle pas trop, dans ce premier opus, qui grouille déjà de créatures maléfiques que l’on n’aura aucun mal à repérer, car on les a toutes découvertes, sous un jour différent, grâce à la télé et internet. Mais le mystérieux M, alias le Faucon Noir, on le reverra forcément un jour ou l’autre, sous un autre déguisement. Même présidentiel, pourquoi pas, en ces temps troublés.

Murder party

Un sosie de Ventura qui aurait pour frère un sosie de Gabin

De tout cela, on aurait aimé parler autour d’un verre, et même de plusieurs, dans un rade qu’on fréquente à quelques mètres du bureau où le sosie de Sam Spade ronge son frein avec l’envie d’en découdre de nouveau. Mais il faut plus d’un verre de vin de pays pour faire parler un dur à cuire qui a déjà en tête la trame du second polar qui sortira après les élections de mai 2017.
On a tout essayé, en vain, comme un certain Ruquier, qui a même tenté, avec un duo de tueurs sortis tout droit de l’univers de Tarantino (Ardisson et Baffie, si ce sont bien leurs pseudos) de faire parler notre Sam Spade local une nuit sur France 2. Ils ont failli prendre une baffe, quand l’un d’eux a voulu jouer au con, mais vous n’avez rien vu, ça a été coupé au final.
Quand il raconte ça, ce n’est plus à Bogart qu’il fait penser, mais à Ventura. Un acteur qu’il aime bien, manifestement (il a donné son prénom au contournement de Dijon). Gabin ? Impossible, il a déjà un frère restaurateur à la retraite qui joue son rôle, depuis pas mal d’années.

Premières primaires de la gauche à Dijon en 2019 pour élire le futur maire !

On l’a donc laissé parler en « vins », notre maire-enquêteur, en savourant le moment présent autant qu’un vin de La Cras trentenaire qui, comme lui, avait besoin de temps pour s’ouvrir, mais on n’avait pas toute la nuit pour en parler. On n’était pas chez Ruquier, on fait partie des gentils. De ceux qui apprécient l’homme qui a laissé la capitale, ses coups fourrés et ses coups de poing qui se perdent pour retrouver ses racines, ses terres à vins et ses eaux vives, où l’on pêche encore la truite.
La prochaine fois, au lieu de parler cuisine électorale, on parlera cuisine tout court. Tandis qu’il fera cuire ses truites sur un immense barbecue installé place de la Lib, il nous racontera ses projets pour 2019. Le lancement de la cité de la gastronomie et la réouverture du musée, déjà. Avec une grande exposition où l’on verrait les arts de la table célébrés par les plus grands maîtres. Des tableaux allant de Brueghel à Picasso, pourquoi pas ? Et un grand festival qui donnerait enfin à Dijon une image métropolitaine et joyeuse. Des vins de Bourgogne à l’honneur, des grands chefs locaux associés aux étoilés qui auront d’ici là investi une ou deux places fortes dijonnaises, des orchestres de Bourgogne et d’ailleurs, tout cela uni pour ce festival « Piqu’assiette » tant attendu.
Et puis on aurait les premières primaires de la gauche à Dijon, pour élire le futur maire. Lui-même entretiendrait le suspense jusqu’au bout pour dire s’il se représenterait, le suspense serait à son comble. ■ Gérard Bouchu

PS (comme on dit encore ici) : il n’y a qu’une chose d’absolument irréalisable, dans tout ce qu’on vient de vous raconter, vous l’avez compris. C’est le barbecue place Royale, comme disent certains fonctionnaires chargés depuis des décennies à faire de Dijon une ville où rien ne bouge si un « privé » ne se charge pas de les secouer un peu. Alors « play it again, Sam ! »


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