72
Magazine Dijon

Automne 2017

 N°72
 
Accueil > Les numéros > N°72 > 08 > En marge de l’histoire
08

En marge de l’histoire

Un avant-goût du futur « quartier des musées » imaginé par le maire de Dijon pour redonner tout son panache au centre historique


Dix-huit mois à attendre, avant que la métamorphose ne soit achevée. Mais à chaque visite du chantier du musée des Beaux-Arts, c’est une autre vision de l’histoire en devenir que l’on découvre. Déjà, les échafaudages rue Rameau ont perdu de leur importance, laissant la pierre à nu et les fenêtres grandes ouvertes sur les futures salles du musée.

En marge de l'histoire

restauration musée des beaux arts de dijon
Pour l’heure, c’est dans les étages que tout se passe, mais aussi dans les profondeurs d’un ancien palais des ducs qui est loin d’avoir livré tous ses secrets. Difficile d’imaginer, à droite de l’entrée principale, comment se présentera demain la seule pièce renfermant jusqu’alors les vestiges du temps lointain où flamboyait encore la Toison d’Or (tout le reste ayant été piqué par les Suisses, après la défaite du Téméraire, ou par les Habsbourg, détenteurs du trésor à Vienne).
Le grand escalier fait grise mine, sous les platrats, et la vue sur la cour de Bar, pour l’heure, n’incite pas à la contemplation. Dans les hauteurs, là où la donation Granville avait trouvé refuge, un trou béant laisse le regard errer sur un quartier resté dans son jus moyen-ageux, et qui demain va bénéficier du nouvel attrait que cet espace muséographique exceptionnel va donner au petit monde des commerçants et habitants vivant à ses pieds.
Difficile d’imaginer qu’une piétonisation permettra de relier le théâtre à la préfecture en passant par un jardin des ducs qui aura perdu ses grilles mais pas ses caméras de protection, ceci dit pour les petits rigolos qui viennent le squatter à l’heure où les gardiens de l’ordre dorment du sommeil du juste.
La statue de Rameau ne reviendra pas, au grand dam des pigeons, les seuls à apprécier le compositeur mal aimé des Dijonnais, et ne sera pas remplacée par l’arbre de la Liberté, qui continuera de tourner en rond un peu plus loin.
À la place, des arbres, des vrais, et oui, côté rue Longepierre et une place aménagée pour accueillir les visiteurs, devant l’entrée principale du musée, enfin réouverte. Quelques bancs, forcément, pour profiter de la vue ou rêver de la Sainte-Chapelle, qui occupait ces lieux, démolie pour faire place à un Grand Théâtre qui devrait, un jour ou l’autre, retrouver de sa superbe.
De l’autre côté, le nouveau musée Rude, la Nef et le musée Magnin complèteront l’offre culturelle, en attendant la métamorphose des archives départementales, et l’ouverture au public du jardin caché derrière ces hauts murs, qui pourraient connaître le même sort que ceux de la banque de France, rue des Godrans.
Le programme des réjouissances, lors de l’inauguration, est loin d’être encore établi. Pas de grande exposition pour célébrer un événement qui fera déjà suffisamment parler de Dijon au dehors, nous a juste glissé François Rebsamen, entre deux prises de vue, au milieu des gravats et des ouvriers imperturbables. Faut dire qu’ils sont habitués aux allées-venues de petits groupes de spécialistes (ou non) des monuments historiques ravis de découvrir le spectacle de ce monstre encore ensommeillé, dont on triture les entrailles ou enlève des morceaux de peau, ocre ou rouge sang, appartenant déjà à une autre vie. ■ GB


Répondre à cet article

 
 

 RSS 2.0 | Plan du site | SPIP PUBLICITÉ : 03 80 73 01 15 ou 06 86 86 48 28 - contact@bing-bang-mag.com
BingBang magazine Dijon - Edité par EDIBANG : SARL au capital de 14 400 euros - 52, avenue de Stalingrad - 21000 DIJON - Tél : 03 80 73 01 15 - E-mail : 

Création sites internet Dijon : i-com - Photographic : Photographe publicitaire - Marielys Lorthios Photographe culinaire
Toute reproduction même partielle des articles et des photos interdite. Droits réservés.