71
Magazine Dijon

Été 2017

 N°71
 
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Dijon vu par… Jean Matrot

À force de baigner dans les odeurs de térébenthine, huile de lin, gesso, ma tête s’est mise à tourner. Et remplacer l’huile de lin par de l’œillet n’y changeait rien. Il me fallait nettoyer tout ça pour que ces huiles, essentielles, deviennent bénéfiques et que mon corps d’artiste retrouve son poil soyeux et sa plasticité. Arrive la mairie qui me confie Dijon pour deux mois et demi. « Tu peux y aller, lâche-toi ! ». Comment allier l’utile, prendre soin de ma petite santé (les artistes, condition de leur épanchement public, sont des êtres fragiles, c’est bien connu) et l’agréable, étaler de la pâte colorée sur une toile en buvant du déca et en écoutant des guitares saturées...


Dijon vu par Jean Matrot

Jean Matrot
Me voilà parti, appareil photo sous le bras, pour un safari urbain. Oui mes amis (comme disait le président avant son sacre !) le peintre, feignasse par essence - de térébenthine mais pas que - utilise des moyens modernes, parce que souvent il a un métier et pas toujours le temps de croquer la passante, comme disait ce bon Landru.
Me promener dans Dijon, appareil à la main ; en voilà une saine occupation ! Niveau détox, c’était idéal, le trop-plein chimique s’évaporait en plein air au fil de ma progression. Direction la plage du Lac Kir, en embuscade derrière les parasols. Deux marmots échappent à leurs parents pour filer mettre du sable sur leur glace. Clic, dans la boite noire ! Les semelles croustillantes, je retourne au centre-ville, juste à temps pour laisser passer un tram boulevard de la Trémouille. On a dit parcours de santé, transports en commun interdits, marche recommandée. Soit. Je poursuis jusqu’au Parc... qui va fermer pour sa photosynthèse. L’occasion rêvée pour un cliché. J’ai soif, retour au centre-ville pour un thé en terrasse du Quentin. L’appareil est sur la table, je déclenche. Quelques buveurs se retrouvent dans ma boite. De toute façon, ça se termine souvent comme ça. Après les poignées d’amour, les poignées en argent ! Mais me voilà bien défaitiste... le thé détox ?
Il était temps de repartir chasser le quotidien dijonnais. Alors j’ai marché, photographié, place de la Libération, Toison d’Or... même un petit détour par le « Moderne » pour regarder passer les Escalators. C’était du sport et mes mollets sont devenus plus fermes, mon rythme cardiaque plus régulier. La mise au vert était bénéfique. Restait à lui adjoindre quelques couleurs.
Tout ça s’est terminé devant Michel, mon chevalet. Cette promenade ensoleillée m’avait donné des envies de Monet, de Caillebotte. Je me suis retrouvé à faire du Matrot... On ne demande pas à un chien de bêler !
Ce « Dijon vu par » aura été l’occasion de quelques sorties revigorantes et purifiantes. Un nouveau départ pour mes pinceaux, dont le bois, pour certains, s’est mis à bourgeonner et les poils à repousser. Mon conseil beauté : le safari pictural dijonnais.
Du 24 juin au 16 septembre, le fruit de ce parcours de santé sera visible au Palais des Ducs, Salon Apollon. Venez nombreux respirer le bon air !

■ Jean Matrot

portraits par Jean Matrot


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