58
Magazine Dijon

Pintemps 2014

 N°58
 
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Dijon, ville mutante par FAKIR

Ah, la place Grangier, cette longue histoire de désamour avec les Dijonnais ! Voilà une place qui a pourtant tout pour elle : bordée d’immeubles remarquables et située dans le centre historique de la ville où convergent pas moins de trois rues piétonnes, on s’attendrait légitiment à la voir détrôner la place Émile Zola dans le cœur des citadins.


Malgré cela, elle réussit l’exploit d’être une des places les plus ratées de Dijon. Incommode et lacérée de plusieurs voies automobiles, nous en décrions tous la laideur sans oser y toucher. Et pour cause : la place Grangier abrite en son sein un parking, le réceptacle de nos jouets sacrés sans lesquels nous n’envisageons plus le moindre déplacement. Dans la conscience collective, attaquer une place dédiée au stationnement est à peu près aussi moral qu’aller bousculer une mère avec son enfant dans les bras. Non mais quelle horreur, attaquer un parking, je vous jure.
Ainsi, Fakir l’a bien compris : nous ne pourrons plus sauver la place Grangier. On aura beau tenter tous les embellissements possibles avec du mobilier hors de prix et des arbustes en pots, cet espace public n’en restera pas moins un vaste échangeur surmonté d’un édicule en béton matricé. Alors que faire quand toute action d’amélioration est vouée à l’échec sur une place engoncée dans un inextricable carcan de conciliations visant à protéger nos putains de bagnoles ? Eh bien c’est bien simple, on fait un attentat. On ne discute plus, on s’incruste. Si la qualité urbaine ne peut pas parvenir jusqu’à la place Grangier de manière pacifique, nous décidons de l’imposer par la force.

dijon-Fakir

Le projet que nous proposons est simple et radical : nous faisons envahir l’espace public par des unités parasitaires qui viennent proposer une alternative au fonctionnement de la place. En y accédant par ses pattes, l’usager se retrouve hissé dans le ventre de la bête où se retrouvent les usages fantasmés : étals de marché couverts, programmes associatifs, magasins temporaires, amphithéâtres, espaces pour la détente, verdure... Une bouée de secours dans un centre historique qui préfère mourir que se résoudre au changement.
Ces monstres d’apparence effrayante sont des soldats au cœur bouillonnant de vie, des perfusions qui viennent coloniser tous les espaces publics abandonnés pour faire à nouveau couler le sang dans les artères de Dijon. Fakir envoie ainsi un véritable espoir, celui d’une nouvelle ville détachée de ses contraintes physiques, patrimoniales et programmatiques pour que ses habitants puissent enfin y savourer ce qu’ils attendent : la spontanéité d’une vie urbaine.

www.fakir-archi.net

Et que Vive l’architecture, Fakir au bord de la mer !

Anaïs Krebs et Marie Bellorini, toutes deux architectes, ainsi que Charlène Cieslewicz, conceptrice paysage céramique, se sont rencontrées lors des réunions du collectif Fakir, association dijonnaise créée en 2008 composée de passionnés d’architecture. Débordantes d’enthousiasme et d’envies, elles ont poussé les frontières de leur terrain de jeux habituel, le Grand Dijon, pour s’aventurer vers d’autres rivages. Leur projet a été sélectionné par le festival Architectures Vives de Montpellier. Ce festival s’attache à mettre en avant le travail d’une jeune génération d’architectes, paysagistes, urbanistes mais aussi à faire découvrir des territoires urbains inattendus.
“Sans-dessus sans-dessous” est une interprétation du jardin secret de façon contemporaine et urbaine. Ce jardin symbolique sera installé à La Grande Motte, face à la mer, du 21 au 29 juin. Une déambulation entre les fleurs architecturées, des secrets enfermés dans chacune d’elles, rappellent la présence de la mer toute proche, évoquent des souvenirs emprunts de sensualité. Ces trois jeunes femmes en sont au stade de la fabrication et cherchent quelques sponsors pour les aider. Si vous avez une menuiserie, des câbles au fond de votre garage… N’hésitez pas à les appeler. ■

www.fakir-archi.net

festivaldesarchitecturesvives.com


 
 

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