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Magazine Dijon

Décembre 2009 Janvier Février 2010

 N°41
 
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Texte : Patrick Lebas
Photos : fotolia

Dijon retourne au goulot

La Côte dijonnaise aurait pu obtenir son appellation d’origine contrôlée, tout comme la Côte de Nuits ou de Beaune. Si si, c’est vrai, Dijon produisait même de bons vins avec des climats comme les Marcs-d’Or… oui oui. Et pourtant, le vin tourna non pas au vinaigre mais au blanc cassis.


au-bon-caviste

Alors que les Français sirotent de moins en moins de vins (la consommation a été divisée par trois en 50 ans), les Dijonnais semblent retrouver un certain penchant sinon pour la bouteille du moins pour le verre de vin. Adieu kir, pastis et autres picons, voilà le grand retour du cru dans la capitale. Un engouement qui ne se dément depuis quelques mois avec le retour des bars à vin. Retour enfin pas si sûr car les plus vieux bars ne sont pas si vieux : l’Hôtel du nord, le Chabrot ou quelques bistrots, grossistes en vin tel que Vivindor ou Paul Court. Dijon compte beaucoup de négociants-éleveurs dans les années d’après guerre.
Le journaliste Jean-François Bazin nous apprend dans son Tout Dijon que la ville aurait pu devenir une place forte. À partir du XIIIe siècle, on relève l’existence de vignes. Au XVIIIe siècle, on met même en avant sur les étiquettes des climats dijonnais tels que Marcs-d’Or (un excellent terroir dit-on à l’époque), Poussots (qui fut d’abord une référence vineuse avant de devenir un terrain de jeu pour footeux). L’aventure viticole dijonnaise prendra fin au milieu du XIXe siècle. Dans les années 20, Dijon aimerait bien bénéficier de sa côte dijonnaise mais les viticulteurs de Nuits et de Beaune, pour une fois d’accord, s’y seraient opposés. Le reste est plus classique : c’est la faute à la crise, encore elle, et à l’urbanisation, encore elle aussi, qui ratisse la vigne à coups de bulldozers pour construire dans le social. Chenôve, La Fontaine-d’Ouche… auront finalement raison du vignoble dijonnais.
Finalement, les vins perdront en qualité (la faute au gamay). Et tombera dans le business du vin de table. La capitale devient alors un carrefour à piquette, un petit vin blanc produit dans les collines de Dijon. On le mélange alors avec du cassis. Les cassiers ayant même réussi, avec l’aide de leur chanoine-maire, à l’imposer comme le deuxième apéritif national derrière l’anis. Chapeau bas. Mais entre les trente glorieuses et la crise de 2008, il en est passé de l’eau dans les bistrots. Heureusement Dijon n’aura pas, c’est bien heureux, succombé à la mode des bars à flotte. Le Grand Dijon, qui a sorti sa carafe dijonnaise, n’aurait peut-être pas été contre.
Faut-il y voir une conséquence du changement de régime politique mais la ville retrouve un certain plaisir à prendre l’apéritif, à découvrir des petits producteurs ? Pour une ville que l’on disait ignorante, on la retrouve plutôt inspirée par la dive bouteille. Le Chabrot et l’Hôtel du nord ont vu apparaître de la concurrence : rue des Godrans, le Caveau de la Chouette et son ambiance jazzy, rue Jean-Jacques Rousseau, Bruno Crouzat empile les bouteilles autant que les jambons, La Part des anges, rue Vauban joue davantage sur une ambiance de quartier, quand le Quentin ou Le Vin des rues (place des Halles), Le Café gourmand, le Bar de l’Hôtel de ville ou le plus récent B comme Bon (place de la Libération) jouissent d’un emplacement privilégié…
Côté cavistes, ce n’est pas mal non plus. Les anciens franchisés sont toujours là : Nicolas, La Carte des vins… mais d’autres petits indépendants ont fait leur apparition : Ô Gré du vin pour des vins de petits producteurs, parfois bio, L’Éveil des sens, rue Pasteur, pour des vins « authentiques, expertisés et sélectionnés rigoureusement auprès de propriétaires », ou encore Dingovino, rue Jeannin. Sans oublier Wine Appart, là encore un petit jeune passionné, ou les plus « anciens » As du vin, avenue du Drapeau. Et la liste est encore longue : Chez Bacchus sur la place des Halles, Aux Grands crus, rue Verrerie, Vinéla qui s’est offert un lifting plus attrayant pour les belles bouteilles qu’il propose ou encore, plus original, Aux Vieux millésimes.
Points communs de ces « petits » cavistes : la passion et l’envie de vous faire découvrir parfois « des petits domaines pas trop chers ». Ils incarnent en tout cas l’engouement d’une ville pour le vin. Il était temps.


 
 

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