36
Magazine Dijon

Octobre 2008

 N°36
 
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02

Texte : Marie-Claude Pascal
Photo : BingBang

Dijon face à son destin

Du train au tram, de la gare à la place Grangier :
histoire d’une ville qui a toujours su s’adapter à l’époque


Dijon face à son destinUne ville bouge. Dijon était, au temps gallo-romain, bien à l’abri dans sa première coquille d’escargot. Elle prend ses aises au Moyen-Age dans la nouvelle enceinte établie après un incendie gigantesque par un duc prévoyant. Et finalement n’en bouge plus jusqu’à l’époque industrielle. A l’intérieur, on vit, on s’adapte, les petites maison médiévales en bois font place à celles en pierre. Les modes font changer les façades : on montre sa richesse au grand jour, on se retranche. C’est affaire de goût, d’espace, d’emplacement et de standing. Vivre le plus près possible du palais. Comme toujours.

La bascule se fait avec l’arrivée du chemin de fer en 1851. Ligne gagnée de haute lutte, nécessaire au développement d’une ville qui fait éclater du coup sa ceinture fortifiée, se met à l’industrie, du biscuit à la clé à molette et aux cycles. Toute une bourgeoisie d’affaires se développe et monopolise vite ces terrains à l’ouest de la ville, près de la gare. Regardez Dijon : entre la place Darcy, les immeubles à grand gabarit qui la bordent, la place Grangier et la rue Jean-Jacques, la rue Jeannin ou la rue Berbisey alignant leurs petites maisons aux façades étroites, ponctuées d’hôtels particuliers, quel rapport ?

C’est une mutation de société, de mode, d’aspect. A l’époque, pas de frein au développement : on peut démolir, faire du neuf. Le château ? Un mauvais souvenir pour nombre de Dijonnais. Les remparts ? Un carcan. Pas de plan de sauvegarde. Mais au fond, c’est bien à cette absence d’entraves, cette vitalité, ce renouvellement d’une ville sur elle-même que l’on doit une église aussi fantasque que Saint-Michel, empilant les siècles, un palais des Etats rassemblant toutes les époques et ce défilé de façades au fil des rues où se mêlent poutres sculptées du Moyen Age, chimère et masques Renaissance, frontons classiques et roses Art Déco.

Pensez à l’audace qu’il fallut pour commanditer cet étonnant immeuble Art Nouveau, aux toits en pagode, qui jouxte la Poste et la librairie Grangier. La commande d’une femme … riche et certainement cultivée. Peut-être une voyageuse qui avait vu l’Art nouveau s’épanouir à Bruxelles, Nancy ou Paris ? Sans doute pourrait-on le savoir mais parfois imaginer suffit … Tout cela pour espérer du futur… Il y a toujours quelqu’un pour glisser la part du rêve et aménager une ville.

Alors le tramway ? Certainement une mutation, une occasion d’aller au delà des limites que l’on ne voit même plus : les tangibles, celles de la voirie et celles que nous portons en nous-même, la forme d’une ville qui peut toujours s’épanouir, s’élargir, grandir sans pour autant perdre son âme…


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