76
Magazine Dijon

automne 2018

 N°76
 
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04

par Benoît Bordat
élu local et paysan dans l’âme

Dijon à l’heure de l’autosuffisance alimentaire ?


Benoît Bordat © RP

Benoît Bordat, conseiller métropolitain à l’agriculture périurbaine, est chargé des questions qui touchent au bien-être des citoyens. On lui laisse la parole d’autant plus volontiers qu’il n’est pas facile de l’interrompre quand on touche à son dada. Le projet « Dijon, territoire modèle du système alimentaire durable de 2030 », porté par Dijon Métropole et ses partenaires, fera-t-il partie des dix qui se partageront les 450 M€ sur 10 ans promis par l’État ? L’enjeu est capital : l’évolution des systèmes alimentaires représente une formidable opportunité pour la transformation des territoires en termes de qualité environnementale, de développement économique et au final de bien-être, de santé et de cohésion sociale. Seul 1% des productions agricoles de notre grand territoire sont consommées à Dijon. Il n’y aurait pas un problème ? On veut du Made in Dijon, du fabriqué en Côte d’Or ou dans le coin ! Des produits faits, transformés et vendus par nos producteurs, avec la qualité qui va avec. On ne veut plus boire du glyphosate, on ne veut plus manger de la viande importée bourrée aux hormones, on ne veut plus de ces dizaines d’additifs et colorants truffés dans tous nos plats, on ne veut plus que ce qui se retrouve dans notre assiette ait fait des milliers de kilomètres sans avoir été payé au juste prix pour le producteur. On ne veut plus manger des trucs insipides qui nous rendent malades et tristes !
Il y a dix ans, quand on parlait de « maraichage urbain », on se disait que c’était un truc bobo ou un délire de joyeux barbu utopiste. Pourtant Dijon l’a fait récemment : installer en pleine ville un jeune maraicher bio plein d’idées dans d’anciennes serres municipales. Son projet tient la route, il est viable et fournit déjà les grandes tables de Dijon. Ni gadget, ni utopie. La résistance et la résilience s’installent dans les villes. Et la métropole fait désormais figure d’exemple et de référence : reconquête massive des espaces agricoles avec l’achat de près de 200 ha de terres agricoles depuis 2013, renaissance du vignoble de la Côte de Dijon, réappropriation des terres maraichères, développement de l’apiculture… >>> Il appartient aussi aux consommateurs de s’impliquer. Chacun doit contribuer et les Dijonnais ne sont pas en reste : jardins partagés, jardins ouvriers, consommation responsable, ils sont de plus en plus nombreux à accompagner le mouvement dans tous les quartiers. Même si nous ne produirons jamais notre cacao, nos bananes ou une huile d’olive aussi bonne que celles que l’on trouve dans le sud de la France, nous sommes capables demain de revenir à l’essentiel. On fait ici le pari de l’intelligence collective et du bon sens. Et demain ? Demain, peut-être nous lèverons-nous pour récolter nos pommes de terre plantées ici ou là sur les toits des terrasses végétalisées ? Il faut parfois mener des idées folles pour faire avancer les choses. Toutes les contributions, tous les projets sont les bienvenus. ■ B. Bordat

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