72
Magazine Dijon

Automne 2017

 N°72
 
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04

par Carine Dufay

Destination Besançon Y’a encore de la marge !

-  « Dis, c’est quoi ces personnes « en marge » dont on parle dans le nouveau BB ?
-  Ce sont des gens qui ne font pas vraiment comme tout le monde.
- Ce sont des marginaux, quoi ?
-  Mais non ! Ce sont des passionnés qui ne prêtent pas attention aux regards des autres, qui bougent les frontières, ouvrent des portes, fracassent les idées reçues, expérimentent des choses nouvelles, vont à contre-sens des tendances, créent sans se soucier du « qu’en dira-t-on ».
-  Ah, en gros, ils ont plus d’audace que les autres, quoi !


Philippe Lebru © utinam
Alors qu’on apprend, au travers d’une enquête pour le moins surprenante, qu’au lit, les bourguignons-comtois préfèrent le fouet plutôt que les menottes, le Comité Régional du Tourisme de Bourgogne Franche-Comté dévoile ses futurs objectifs pour 2022 : la BFC deviendra la première région en termes d’accueil de touristes chinois (hors Ile de France… Ouf !) ! Déjà, là, niveau « En marge », on est en plein dans le mille. Mais au cœur de la cité bisontine, plus discrètement, une poignée de passionnés bousculent des habitudes parfois un peu trop ancrées, stéréotypées… Savants un peu fous, personnages surprenants, ateliers décalés… Zoom sur un échantillon de bisontins ou adresses régionales un poil brindezingues.

Quatre portraits d’ateliers, de personnages

Le poète du Temps

Aériennes et design, mêlant complexité technologique, modernité et héritage horloger, les œuvres du concepteur bisontin, Philippe Lebru, ont marqué le marché de leur empreinte. « Utinam »… La signature résonne désormais dans les esprits comtois et d’ailleurs. Elle est devenue cette marque d’horloges qui bouleversent les codes esthétiques de l’objet intemporel trois fois centenaire : notre comtoise, celle qui a rythmé le temps, pendant des générations, dans toutes les fermes de France. Et pourtant, son créateur a un rapport au temps un peu particulier, lui qui cherche quotidiennement à lui donner de l’élasticité, à ne pas figer les choses pour délier son esprit créatif.
Ce type est un vrai génie. Un capitaine Haddock à la barbe généreuse et à l’indémodable marinière. Un personnage incontournable à Besançon, exportant dans le monde entier, ses horloges monumentales, son talent, ses créations qui défient les lois de l’apesanteur.
Inventeur visionnaire et innovant, poète du temps et technicien qui réinvente l’art horloger, Philippe Lebru n’en a pas fini de nous étonner. Des idées, il en a plein le tiroir, prêtes à bousculer les habitudes et bouger les mœurs.
utinam.fr

Un atelier dans la Friche

Supersenor © Atelier Supersenor

Direction La Friche Artistique de Besançon. L’ambiance y est particulière. Paysage désolé. Normal il s’agit des anciens sites de la Rhodiaceta. D’où le nom « Friche Artistique ». Bien vu.
On tourne pour trouver une entrée digne de ce nom. Entre temps, on immortalise les œuvres de street art qui foisonnent tout autour. Dépaysement total.
Enfin, on s’engage dans un dédale de couloirs un peu trashs, un poil décrépis, façon squat. Dix minutes plus tard, on pénètre dans l’antre bisontine de la micro-édition et de l’impression artisanale… L’énergie créatrice bouillonne, les individus interfèrent les uns avec les autres, véritable fourmilière de quinze personnes, formant un collectif de graphistes, illustrateurs, sérigraphes, organisateurs de projets culturels. On est tout de suite happé par l’ambiance qui y règne.
L’Atelier Superseňor est né en 2009 et s’installe dans la foulée sur un plateau industriel de 200m2, implanté au cœur d’une usine à l’abandon. Ici, entre autres, on crée et imprime les posters des concerts organisés par le célèbre voisin, La Rodia. Des affiches sérigraphiées décalées, numérotées, hyper demandées. Mais pas que. Outre les nombreuses actions culturelles organisées dans les écoles ou associations, l’atelier, à la manière d’un Fab Lab, permet à quiconque, après une initiation sur les machines de sérigraphie, de faire ses propres impressions, sur place. Les équipes nous transmettent avec enthousiasme leur passion. On découvre, on fouine, on apprend… Et on en redemande !
www.ateliersupersenor.fr

Un atelier dans la Zone

Zone Art c’est une pépite au cœur du quartier Battant. Pour les Dijonnais, Battant c’est un peu le quartier « Saint-Jean » de Lyon. Une vieille ville à l’ambiance bohème où les artistes côtoient les musiciens, les touristes, les habitués.
Au détour d’une petite rue en pente, cachée au fond d’une magnifique cour, se trouve une adresse épatante, surprenante, vivante. Un lieu alternatif ouvert trois jours par semaine, mêlant expositions et galerie d’art, boutique de créateurs, ateliers, fabriques de travail, salon de thé, bistrot circuit-court… Bref, un labyrinthe atypique, bourré de recoins surprenants où chaque mètre carré est la promesse d’une rencontre qui ne laissera pas indifférent.
Ici, se sont installés potiers, céramistes, créateurs de mode, bijoutiers, vanniers, illustrateurs ou crocheteuses déterminées, également auteures des fameux attentats laineux bisontins. Bref, des artisans impliqués, ouverts, plutôt cools et prêts à s’entraider, à mettre la main à la pâte. A Zone Art on se sent bien, petit village d’irréductibles gaulois, où chacun raconte son métier, sa technique artisanale, ses inspirations, parfois autour d’un verre, souvent dans le cadre d’ateliers ou d’événements populaires organisés par le collectif (Zone Art plage, marché de Noël, marché de la création…). En marge Zone Art ? Assurément, car c’est une bouffée d’air joyeuse et sereine, sans relents de marketing, profit et mode éphémère. Zone Art, hôtel de Champagney, cour du 37 rue Battant à Besançon - www.zone-art.org

L’historien à la combinaison de cuir

Georges Bidalot © DR
Personnage loufoque à la tête bien faite et bien pleine, Georges Bidalot est un historien passionné de Franche-Comté. A Besançon, tout le monde l’a vu au moins une fois dans les rues et s’est retourné sur son passage. Octogénaire au look de rocker, entièrement vêtu de cuir, piercings au nez et dégaine à la one again, ce mec a une longue histoire, un parcours atypique qui pose les fondations d’un personnage haut en couleurs.
Ancien comptable reconverti en raconteur local au micro de France Bleu pendant 16 ans, il est également l’auteur de deux pièces de théâtre inédites en vers et de plusieurs livres dédiés à la région de son cœur. Il rédige également des articles pour des revues et pour l’Almanach comtois.
Mais avant tout, Georges Bidalot, marginal dans l’âme, est mordu de cuir. Il dessine ses propres vêtements, conciliant originalité et utilisation pratique. Pour les fabriquer ? Deux adresses phares : Interpeau à Besançon et Serge Duval, bottier à Dijon. Le résultat est détonnant… Excentrique, oui et carrément en marge. georgesbidalot.free.fr


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