47
Magazine Dijon

été 2011

 N°47
 
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02

Gérard Bouchu

Dernier été entre nous ! Rencontre avec Antonin Dujardin

Rencontre avec Antonin Dujardin, philosophe belge et gastronome en culotte courte. Venu de Bruges pour découvrir l’ancienne capitale des Ducs de Bourgogne, il nous a livré une interview exclusive. Antonin a reçu fin juin la médaille de la Ville pour avoir été le 10 000ème touriste à nous rendre visite malgré les travaux en cette année 2011, dernière année de l’ère glacière dijonnaise avant le réchauffement climatique des esprits.


Dernier été entre nous à Dijon

C’est à Bruges que j’ai fait la connaissance de cet étrange personnage qui cachait derrière un sourire jovial une grande lassitude. Il en avait assez de voir les touristes le photographier autant que le jardin des Biguines ou le tombeau de Marie de Bourgogne. Son compagnon de vie, avec qui il partageait une petite maison donnant sur un de ces canaux qui ont fait la réputation de la ville, m’avait servi de guide. Entre deux visites de monuments, Jérémie avait proposé de me laisser travailler en paix dans son jardin, le temps de remettre à jour mes infos sur les Flandres. Lui parti, et comme j’en avais assez de voir les touristes nous prendre en photos, Antonin et moi, j’ai commencé à échanger quelques mots avec lui. Comme il est petit pour son âge, certains ont cru que je parlais tout seul.
Antonin m’a raconté sa vie. Son maître l’avait trouvé en fait au marché de Wazemmes, à Lille, un lieu de vie que j’aimais beaucoup, je lui ai dit. Je l’ai même comparé au marché de Chenove, près de Dijon, en plus grand. J’avais pas compris pourquoi son maître me l’avait présenté comme le ch’ti Antonin. Je croyais à du racisme, je lui ai expliqué qu’on n’avait pas le droit de se moquer de la taille, du sexe (j’espère que le maquettiste va garder la virgule, sinon, Antonin va rougir), de la couleur de la peau, des opinions religieuses. Philosophe, il se moque qu’on le traite de ch’ti ou de flamand, il est au-dessus de ça.

D’apprendre que je vivais à Dijon a resserré les liens entre nous. Lui ne m’a pas parlé de moutarde, ni de ban bourguignon. Il aime l’idée de la Bourgogne, Antonin, et s’est moqué d’une conservatrice de musée flamand qui, sachant d’où je venais, évoqua ‘la Flandre qui allait de Dijon à la Hollande’. Chacun réécrit l’histoire à sa façon…
Difficile d’en vouloir aux Flamands, qui sont bien les seuls à vous accueillir les bras ouverts (s’ils ne vous prennent pas pour un touriste ou un wallon, car ils n’aiment ni les uns ni les autres) quand vous dites le mot magique : Bourguignon. Ils parlent même d’atmosphère à la bourguignonne pour expliquer que dans tel resto il n’y a pas de Hollandais ni de culs-coincés, on croit rêver !

Tout ça pour vous die que je n’ai pas pu dire NON quand son maître m’a demandé d’accueillir Antonin quelques jours à Dijon pendant qu’il allait lui à Beaune assister à la remise de la médaille du tourisme d’une de ses copines. Au début, on s’est fait un peu remarquer, certains l’ont pris de haut, Antonin, et c’est là que les ennuis ont commencé, car il avait son mot à dire sur tout, et comme certains ont fait semblant de ne pas comprendre, je me suis dit que c’était bien de l’écrire, pour vous amuser, cet été…

Gérard Bouchu


 
 

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