40
Magazine Dijon

Octobre Novembre 2009

 N°40
 
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08

Texte : Françoise Perrichet
Photo : DR

C’est du foutage de gueule ma fille de cinq ans en fait autant…

Combien de fois à la sortie d’une exposition d’art contemporain, j’ai entendu ce genre de bêtises !
Rarement, parle t-on de beauté, d’émotion, ou simplement d’amusement.
Où est le problème, c’est trop intello l’Art aujourd’hui ? On ne nous a pas donné les clefs pour comprendre ? Ou pire, l’explication de texte est tellement obscure, tellement pleine d’un vocabulaire incompréhensible que l’on est proche de l’amphigouri ? Evidement, vous comme moi, sommes trop intimidés pour oser demander quoi que ce soit au cerbère chargé spécialement de faire la gueule à l’entrée du musée. STOP ! Arrêtons les idées reçues, rangeons nos commentaires désagréables, d’un côté comme de l’autre et ne gardons que le plaisir d’y voir clair.


C'est du foutage de gueule

Qui est Atsing ?

À part sa date de naissance, je n’ai pas trouvé grand chose sur Atsing : Son vrai nom, Xue He-Qing, qu’il est né à Shanghai et que c’est un copain de Ming… Alors je cours au musée archéologique. La jeune gardienne n’en sait pas plus. Si, si, il travaille à Dijon. Non, la peinture n’est pas faite de papier déchiré comme indiqué dans le texte à l’entrée mais déclinée d’après des photos de magazines. On est sensé reconnaître les personnages ? … Toutes les toiles s’appellent Sans titre … Je flotte … comme les hommes et les femmes sur la toile … Mon cœur balance … C’est joli ces gris colorés, ces grosses touches et cette précision sur certains détails … ça change … et ça ne change pas … une impression de déjà vu ? … ça me rappelle Moganshan Lu, quartier de Shanghai ou l’on trouve des galeries très modes et des artistes squatteurs d’immeubles voués à la démolition. Beaucoup de très grands portraits, énormément de peintres, un peu de céramistes, pas plus de trois/quatre artistes conceptuels … Les artistes chinois très novateurs n’ont pas l’air d’être en Chine … ou en tout cas plus pour longtemps. Six mois après ma première visite, les ouvriers destructeurs avaient remplacés les artistes dans les squats et l’accès à Island 6 était fermé … Amertume et flottement … comme les personnages de Atsing … Et lui, c’est qui finalement ? Qui peut me le dire ?
Jusqu’au 6 novembre 2009
Musée Archéologique, 5 rue du Docteur Maret

J’espère que vous n’avez pas loupé…

Le Parcours de la Chiotte.
Belle initiative, drôle et courageuse. Tout le monde connaissait le parcours de la Chouette, idée de génie pour découvrir le vieux Dijon, à son rythme, sans se perdre. Erell invente le parcours de la Chiotte, un cheminement de lieux d’expositions insolites pour ses toiles qui ne le sont pas moins. De grands portraits, de drôles de dames chauves vous observent, dans ce lieu intime, cette fois, vous n’êtes plus seul.
Bons points aux restaurateurs, commerçants et théâtreux qui ont joué le jeu.
Mauvais point à la dame pipi de la mairie qui a refusé l’accès aux toilettes du marché sous prétexte que ce jeu de mot nuisait à l’image du volatile… pff !
Dijon, du 15 au 31 octobre, toilettes dijonnaises.

De la poésie en suspension

Ça y est les jours raccourcissent. Il est temps de profiter une dernière fois des rayons déclinants. Allez jouer avec la lumière et les couleurs. Imprégnez vous de la poésie dans l’air, dansez au milieu des écrans peints les jours de soleil. Entrez dans la transparence. Plongez et nagez en eaux sereines les jours plus gris de novembre. Allez-y et retournez-y. C’est l’exposition incontournable de l’été… indien.
Suspens, exposition de Cécile Bart au FRAC Bourgogne, 49 rue de Longvic, jusqu’au 29 novembre.
Tous mes amis en ont parlé avec des étoiles dans les yeux, c’est le comble pour cet accrochage qui ne se joue qu’à la lumière.

Maupet’show !

Impressions Grèce - Exposition de Philippe Maupetit au Salon Apollon,
Palais des Ducs, jusqu’au 15 novembre - Livre aux éditions Cercle d’Art
Tous les ans, la foire… et ses aficionados. Moi, l’odeur de graillon et la nouvelle serpillère qui fait tout, ça m’écœure, mais c’est l’occasion de découvrir la face artistique de notre célèbre photographe dijonnais Philippe Maupetit.
La foire… et son pays invité, qui comme ses photographies, se suivent et ne se ressemblent pas. 2009, la Grèce.
Je tiens à préciser qu’il n’est pas l’auteur de la photo de Bimbo que l’on voit tous les ans sur les affiches de la foire. Revenons au sujet Maupetit. Comme il le dit lui-même, il a décidé d’être moins intrusif et plus discret, de se fondre à la foule et aux gens. Et ça se voit, photos plus intimes, plus décalées, Maupetit nous montre non pas la Grèce normalisée des cartes postales mais au contraire la Grèce d’aujourd’hui.
“Cette photo est prise sur l’Ile de Santorin, site géologique extraordinaire, construit sur le col d’un volcan. Au bout du village d’Oia, il y a un éperon rocheux sur lequel on peut se rendre au coucher du soleil. Les gens viennent là tous les soirs, regarder le soleil mourir et la lune se lever. C’est incroyable, ils ne parlent pas. Ils observent, ils sont dans une communication qui est non orale, même avec la personne qui les accompagne ou avec leur histoire, leur mémoire. C’est cette intensité là qui est sur l’image. Je suis resté 4 heures au même endroit. Il faut être un buvard, une espèce d’animal. Je fais très peu de photos. Il faut une émotion et cette émotion qui appuie sur le bouton.”


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