53
Magazine Dijon

hiver 2012 2013

 N°53
 
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07

C’est Chronique chez Binoche


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Lou-Doillon
En ces temps de crise, eh oui ! C’est paradoxal d’en parler dans un numéro consacré au Luxe, aller au spectacle en est il un ? Il est vrai que certains prix de place atteignent des sommets quasi stratosphériques. Ce qui n’empêche pas de remplir les salles, à l’exemple du dernier concert de Johnny Halliday : complet ! Un vrai choix à faire, au moment où chacun compte ses euros. Petit ou grand luxe, le spectacle reste un refuge pour oublier la grisaille et les ennuis de toutes sortes. Pour franchir le cap et attendre la fin du monde, prévue le 21 décembre, pour ceux qui ne seraient pas prévenus, La Vapeur organise la veille une Stalingrad party ! Quoi de mieux que de se faire exploser les neurones sur une BO proposée par la fine fleur de la scène électro dijonnaise : Electric Rescue qui sera entouré de jeunes pousses locales, Rémi Caumont et Eponym, et par le plus expérimenté Marc Ayats. A la veille de ce grand moment hihan ! J’adore et qu’ça saute, let’s dance ! et Boum !!! « Et si on nous aurait menti à l’insu de nous même ? » Alors 2O13 arrivera.

Avec un début de saison plutôt calme, histoire de se remettre de cette attente insoutenable, c’est du côté de la Vapeur, si elle a tenu, le choc que nous nous retrouverons. Depuis 2006, le Festival Europavox réunit, à Clermont-Ferrand, le meilleur de la scène musicale européenne et inaugure en janvier 2013 sa première tournée hivernale. Organisée en partenariat avec les plus dynamiques des salles de concerts françaises, elle passera donc par Dijon avec à l’affiche Great Mountain fire (Belgique). Dans une ambiance à la fois disco et minimaliste, les compositions sont à la fois originales et complexes, laissant une grande place à la section rythmique résolument intense. Entre douceur amère et folie passagère, ils imposent un univers contrasté créé à partir de flash électronique et de post-punk. Ewert & the two dragons (Estonie), ce quatuor rock folk est un joyau venu de l’Est. Dans un écrin joyeux, leurs chansons sont serties de voix rêveuses, douces et mélancoliques. L’harmonie du groupe vous entraînera dans un monde sans pesanteur, un voyage merveilleux empreint de douceur et de fantaisie. L’Europe se construit aussi en musique !


Mais pour moi le véritable évènement, au même titre que le fut le passage de Patti Smith dans ces mêmes murs, sera la venue de John Cale. A la fois membre créateur du Velvet Underground et connu aussi pour ses multiples collaborations avec cette même Patti Smith, The Stooges et bien d’autres et bien sur sa carrière solo lancée dans les années 70, ce génial créateur nous revient en explorant encore de nouveaux territoires. Une multitude de couleurs et de textures se superposent délicatement, chacune trouvant sa place pour y attirer l’auditeur. Un mélange équilibré de chaos et de beauté qui atteste de l’esprit aventureux de son auteur. Lou Doillon est l’une des grandes surprises de cette année 2012 et le sera peut-être sur scène pour l’année à venir. Depuis des années, en secret, Lou jouait de la guitare et écrivait des chansons en anglais, sa “langue intime”. Sans Étienne Daho, mélomane insatiable et tuteur bienveillant, elle n’aurait sans doute jamais fait le grand saut. La parution de son premier album, Places, est une délivrance pour Lou Doillon et marque le début d’une nouvelle carrière.

Dans un précédent numéro je me plaignais, un peu, du manque de programmation pour un public jeune au Zénith, ; la fin de l’hiver me contredira avec les venues de plusieurs artistes qui font faire remonter les statistiques du genre ! En premier lieu avec C2C sacré 4 fois Champion du Monde DMC (disco Mix Club, pour les ignorants comme moi) entre 2003 et 2006. Le groupe s’impose ainsi comme une référence internationale par son originalité, en réussissant à allier musique organique et numérique, sampling et composition pure, dans un esprit qui fleure bon l’indépendance, l’artisanat et la créativité. Forts de cette ascension, nos quatre Dj’s se voient rapidement plébiscités par les festivals et salles dans le monde entier. Dans un tout autre style, l’enfant terrible du rock français Saez revient pour nous prouver qu’il existe encore des rebelles dans un monde devenu bien trop aseptisé. Avec un triple album, Messina dans sa besace, plus un nouveau qui va suivre très vite, Miami, cet auteur prolixe, qui connaît bien Dijon, est de retour pour un concert qui s’annonce très chaud. Dans la foulée et après le succès de Shaka Ponk, je ne doute pas que les Skip the use ne prennent le relais, toujours dans cet esprit de furie punk avec des riffs rock et métal, le tout pimenté de beats électro ou d’autres influences disco ou hip hop. A la fois provocateur et sulfureux, de quoi sauter dans tout les sens, à chacun ses exercices physiques. Autre ambiance attendue dans l’enceinte du Zénith avec la venue de BOOBA, l’un des plus célèbres rappeurs francophones. Il est aujourd’hui le premier artiste à détenir le record de téléchargement légal en France Il est aussi le premier rappeur solo français à remplir Bercy et cumule les disques d’Or et autres récompense. « Yo ! Mon frère, le Hip Hop est dans la place ! » Si ça, ce n’est pas du luxe, alors ? … Et vive la fin du monde !

Thierry Binoche


 
 

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