66
Magazine Dijon

Printemps 2016

 N°66
 
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06

billet de retour
La chronique de Jean Maisonnave

Bon appétit Messieurs ! (Hernani)

Tribulations dommageables de quelques aptères. Où l’on voit que du fromage de la Comté au poulet de Billoux, on peut encore trouver quelques motifs d’espérer. À condition de ne pas y perdre son latin.


pile de pièces de monnaie, en l'occurrence, des euros

Le latin. On y revient au latin : Dura lex, sed lex. On avait un petit peu détourné la formule pour célébrer les merveilleuses épousailles entre Bourgogne et Franche-Comté. Mariage d’amour et de raison, écrivions-nous ici. Si vous ne vous en souvenez pas, je le déplore mais bon, non omnia possumus omnes (1), on sait bien.

Or, voici qu’à peine installés, dans un élan aussi majoritaire que républicain, nos valeureux conseillers régionaux (de gauche) se sont hâtés de s’appliquer à eux-mêmes, quoi qu’il leur en coutât, les rigueurs de la loi : ils se sont augmentés.

La loi ne les obligeait pas mais les circonstances pouvaient y incliner et leur zèle était tel, de toute façon, que rien, ultra vires, ne les aurait pu retenir. Nummos post virtus (2) clamait Caton, à moins que ce ne soit l’inverse ; toujours est-il que nous voici une nouvelle fois, nous autres citoyens (de gauche), en devoir de constater que si toutes choses semblant devenir égales par ailleurs dans la médiocratie, il nous restait en propre une morale supérieure, la voici qui s’avère une nouvelle fois moins inattaquable que la femme de Caton. Alors on n’a plus trop envie de rigoler.

Remarquez c’est un exploit morphologique ce vote : faire les poches du quidam la main sur le cœur, c’est fort. C’est aussi un exploit politique. Pour la droite, qui aurait probablement fait pareil, c’était du petit lait. Elle n’a pas manqué d’en faire un fromage. Auri sacra fames (3) s’est exclamé le Virgile local tout content de refaire surface. Union sacrée ; dans nos deux terroirs, on aime partager les fromages, même s’ils puent.

Quant à nous, servum pécus déjà lassé de voir prospérer l’arsouille et l’idéal ployer sous le joug des oligarchies fricogènes, voilà qu’il nous faut à présent assister à notre barbe et pour ainsi dire à nos dépens -horresco referens ! (4) - à l’inauguration d’une union qui eût pu être fertile par une couillonnade qui eût pu être moins vile. Ça se serait fait en face, on aurait tempêté. Ça se serait fait ailleurs, on aurait ricané. Mais hic et nunc, c’est tout bonnement la honte.

En foi de quoi, nous dirons à ces gens, parodiant certes les Géorgiques, mais ça dit bien ce que ça veut dire : omnes sidi equus, melium botae cuculus. Soit, à peu près : s’ils continuent à nous prendre pour des bourrins, ils vont se faire botter le cul.
Heureusement, voyez-vous, qu’il nous reste le latin, pour nous aider à préserver l’homme de l’indignité.


 
 

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