71
Magazine Dijon

Été 2017

 N°71
 
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Binoche 70’s


thierry-Kairon-73
Binoche'nko © DR
Le temps des matins difficiles et des premiers jobs. A cette époque, à Paris, il était beaucoup plus facile d’en trouver voire d’en refuser ! Quelques expériences musicales avec des amis et un groupe joyeusement nommé « Le Beret Cosmique » et un stock de concerts vus grâce à un camarade qui me faisait rentrer au Palais des Sports : de Genesis à Yes, de Pink Floyd à Deep Purple en passant par Led Zeppelin ou Alice Cooper à La Villette, tout était bon à prendre. C’étaient les années 70 qui démarraient.

Les premiers échos de Franche-Comté m’arrivèrent avec le groupe Ange, découvert à l’occasion des tremplins du Golf Drouot, l’un des lieux incontournables du vendredi soir à Paris, histoire de dépenser la maigre paye en attendant le 1er métro. L’époque était aux cheveux longs et aux pantalons « pattes d’éph’ ». Hélas pour moi, c’est à cette période que mes cheveux eurent la malencontreuse idée de déserter ma petite tête. Et un chauve dans le métro, ça se remarquait et c’était plutôt mal vu !
Les excès lysergiques et autres me firent comprendre qu’il était temps de changer d’air et c’est au milieu de cette décennie que le hasard (et la bonne volonté d’un ami) me fit atterrir en Bourgogne du côté de Saulieu. Samedis soir dans les bals montés, pour gagner un peu d’argent, ambiance rock’n’roll, blancs limés et baston ! Mais l’hiver est rude et la campagne ennuyeuse pour le citadin que j’étais.
Dijon étant la ville la plus proche, le choix était facile à faire. Un concert à Mansart et des mois de squat sur le campus me permirent de survivre, ce qui paraîtrait impossible maintenant. Mais j’étais curieux et je fis la connaissance du TUID et du festival de théâtre universitaire avec quelques interventions dans les restos U - on appellerait ça maintenant des performances - et ensuite du Grenier de Bourgogne avec l’ami Jean Maisonnave. Les Estivades où nous collaborions avec le duo infernal de Loisirs action - Daniel Linuesa et Fernand Royer, grands pourvoyeurs de concerts - dans le Jardin Darcy resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Folles soirées dans une ville qui jouait encore la belle endormie !

Direction ’’Peugeotland’’

Parallèlement, la musique restait un objectif majeur. L’idée de remonter un groupe fit son chemin dans la tête du solitaire que j’étais devenu et se concrétisa lorsque je rencontrai des musiciens francs-comtois lors d’un petit festival à Vanvey. Direction Audincourt. En attendant l’aboutissement du projet, je chantais dans un restaurant de Montbéliard entre deux cliquetis de fourchettes et sûrement au grand désespoir des clients. Mais rentrer au petit matin en croisant les ouvriers qui faisaient les 3/8 satisfaisait à mon bonheur. Et les Francs-comtois avaient cette chaleur et cette simplicité que Dijon ne savait pas offrir. Mes amis musiciens me firent connaître le groupe MACHIN qui allait accompagner un Thiéfaine en pleine ascension et leurs conseils à tous furent les bienvenus.

Aristote, repaire de penseurs (et musiciens) dijonnais

La naissance de BINOCHE’NKO eut lieu officiellement à l’amphi Aristote qui était la seule salle capable d’accueillir des concerts avec à peu près 500 personnes, au grand désespoir des techniciens ou organisateurs qui devaient grimper le matériel par les escaliers. Ils doivent encore s’en souvenir et je repense au décor des Frères Marcoeur (originaires de la région, je précise) qui pesait des tonnes.
Les temps changeaient. La Punkitude était passée par là. Les cheveux se raccourcissaient, les crêtes poussaient, ce qui ne changeait pas grand chose pour moi ! Nous sortions des nimbes baba cool pour un retour à l’énergie pure, la métamorphose était en cours et je devenais un vrai citoyen de Bourgogne et Franche-Comté. Les années 80 allaient faire de nous des jeunes gens modernes ou du moins le pensions-nous ! Mais ça c’est une autre histoire. Encore un grand merci à tout ceux qui m’ont permis de franchir cette décennie insouciante sans trop d’encombres.

■ TB


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