79
Magazine Dijon

Été 2019

 N°79
 
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04

Besançon - Rock around the city

Bordeaux, Nantes ? Has been. Paris ? Never been. Seattle, Manchester ? Trop loin. Et Dijon ? Connais pas. Les villes rock existent aussi en France. Et pas besoin d’aller bien loin pour se gaver de bonne musique. Suffit d’être curieux pour le voir. Oui, la musique - et le rock en particulier -, se porte très bien à Besançon, ville forte d’une vitalité musicale incroyable où règne une certaine émulation


Todd Trainer du groupe US Shellac

« Ce qui a de dingue à la Rodia, c’est de croiser dans les couloirs des gars comme Todd Trainer , batteur et vocals du groupe Shellac, porté par, le devenu mythique, Steve Albini, guitare et voix (producteur entre autres de Slint, Pixies, The Jesus Lizard, The Breeders, Nirvana, Helmet, Fugazi, PJ Harvey, Sloy, Low, The Jon Spencer Blues Explosion, Neurosis, NIN, The Irradiates, Mogwai ...). Shellac se vit en live et pas sur Utube. Radical ! »

Todd Trainer du groupe US Shellac
© C. Dufay

"Besançon, ville rock ? Peut-être.

On ne va pas parler banane et santiags, laissons tomber les clichés. Si tous les bisontins n’ont pas la panoplie du parfait « kid », comprenez « rocker », ils peuvent quand même assister à des concerts rock grâce à quatre lieux : La Péniche, le Lux, le Blue et le Montjoye."

Telle est l’intro d’un reportage télévisuel datant du 4 juin 1986 et publié sur le web par l’Institut National de l’Audiovisuel. On y voit un fringant et tout jeune Jean-Louis Fousseret, alors adjoint municipal de la ville, vantant les mérites du toujours très actuel Bastion, ancien fort converti en local de répétition. S’agite aussi à l’écran le déjanté Binoche, animateur de l’émission bisontine « Le rock à Binoche ». Puis un Paul-Aimé Baudier, père du célèbre festival local de Clermoulin, ancêtre des Eurockéennes et passage obligé pour de nombreux artistes français de l’époque.

Le rock à Besançon est sorti des caves au début des années 80 pour aller vers « Le Lux », un ancien cinéma, jamais vraiment restauré. Puis devant l’absence de volonté publique de rénover les lieux, le rock est retourné se réfugier du côté de Larnod. C’est la belle époque du « Cylindre », un équipement singulier du paysage culturel bisontin dans les années 2000, celui qui dessinait les contours d’une Rodia en devenir. Le rock et Besançon, c’est donc une histoire d’amour qui semble durer. Aujourd’hui, les quatre salles phares de l’empire du rock bisontin ont disparu mais ont laissé la place à la Rodia, salle de musiques actuelles, véritable tremplin des groupes régionaux, voire nationaux. On y découvre aussi des pépites internationales, mises en lumière par cette salle à fleur de rivière aux allures de port de plaisance. Objectif : faire venir des artistes en devenir. « Une fois qu’ils ont fait toutes les scènes de France, cela ne nous intéresse plus. On essaye de sortir du mainstream », susurre la vedette de la place, Manou Comby, directeur des lieux. Mission réussie. On vient parfois de loin pour la programmation (même de Dijon !) orchestrée par un Tico aux goûts toujours affutés. Et puis, il y a les associations, les bars et plus petites salles de Besançon, ces laboratoires de travail qui contribuent à faire perdurer le mythe d’une ville aux accents rock n’roll. Un vrai réservoir à talents. Des groupes prometteurs qui cherchent à se faire les dents et que les papas de la Rodia viennent écouter et surveiller pour mieux les aider à passer le cap du concert privé au fond du bar. Besançon, côté rock n’est donc toujours pas has been. En témoigne ce terreau fertile qui rend nos nuits plus belles que nos jours… Car n’oublions jamais : ce sont les petites salles qui font les plus grandes capitales rock !

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