53
Magazine Dijon

hiver 2012 2013

 N°53
 
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06

Benoit Lambert, Philippe Prost, Yann Rivoal Le tiercé gagnant

Il n’y a pas que la politique pour qui le changement c’est maintenant, la culture a aussi son jeu de chaises musicales. Un jeu salvateur pour le renouvellement et le non encroûtement qui fait tourner les tètes des institutions dijonnaises. Nos trois derniers arrivés, contrairement au tiercé, se ressemblent un peu. Mêmes âges, mêmes silhouettes, mêmes envies de partage et de d’ouverture. Suivons donc ces trois là et laissons les nous emporter vers la nouveauté, maintenant.


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Benoit Lambert, Philippe Prost, Yann Rivoal.

Benoit Lambert, Philippe Prost, Yann Rivoal.

Benoît Lambert

Théâtre Dijon Bourgogne-CDN

En janvier, le TDB change de tête. François Chattot s’en va et Benoît Lambert investit le théâtre ; La maison devra t-on dire car son projet ressemble plus à une maison d’artistes qu’à un seul lieu de représentation.
Metteur en scène, créateur du Théâtre de la Tentative avec le comédien Emmanuel Vérité, il a roulé sa bosse de Paris à Belfort en passant par Macon et Le Blanc-Mesnil. Ses pièces ont rencontrées un franc succès et la petite dernière “Que faire ?” créée à Dijon, est un vrai bijou. S’il a eut envie d’être directeur du TNDB, c’est qu’il aime beaucoup la ville, la région, le lieu et la vraie lignée d’artistes qui ont fait le théâtre avant lui. Heureux de cet héritage, Benoît Lambert ne voulait pas diriger un théâtre, il voulait diriger celui là. Après l’intellectuel Cantarella et le farceur François Chattot voici l’intello qui aime rire avec la volonté de montrer le théâtre dans toute sa variété, de grandes formes classiques, canoniques, des objets innovants d’aujourd’hui, de grandes épopées et du théâtre de chambre… Benoît Lambert aime bien les contrastes. « Je ne veux pas que ce lieu soit le lieu de mon esthétique mais d’esthétiques variées extrêmement diverses, il faut être spectateur de choses très différentes.”
Pour ça, Benoît Lambert n’arrive pas seul, il s’accompagne de Pauline Bureau co-directrice, jeune metteuse en scène de « La meilleur part des hommes » programmé au mois de mars. Elle participera à la création et à la politique de transmission, de formation. Viendra aussi Idem collectif, cie dijonnaise de trois comédiennes qui travaillent sur l’écriture contemporaine, la sonorité des mots, la musicalité des textes.
Et puis de la jeunesse, beaucoup de jeunesse ! “La jeunesse dijonnaise doit rentrer au TDB et s’approprier le centre dramatique même s’ils ne veulent pas devenir professionnels. En dialogue avec le conservatoire, j’aimerais fabriquer un éco système favorable au renouvellement des spectateurs et de générations d’artistes, permettre aux gens de grandir.”
Vous l’aurez compris l’idée du centre dramatique n’est plus, place à la maison de création, vivante, grouillante d’acteurs qui aiment et défendent le théâtre.
“Faire vivre un théâtre au 21ème siècle en Europe est une idée folle. On est dans un monde difficile. Que vive le théâtre et qu’il réussisse à s’adresser au plus grand nombre, à donner des armes à tous, ça reste une idée folle.”

Philippe Prost

ABC

Il fallait bien à cette vieille dame de l’ABC un trublion du genre de Philippe Prost pour la réveiller un peu. Bisontin d’origine, il est ravi de revenir dans la région après un passage à Wissemberg puis à Montauban. Monté sur ressort, bourré d’énergie, le voici prêt à faire bouger l’institution dijonnaise.
“L’ABC, c’est exactement ce que j’aime : un projet pluridisciplinaire, auquel il faut ajouter une petite perle, A pas contés, ce formidable festival pour les plus jeunes. Ce qui m’intéresse aussi dans cet héritage, c’est son côté populaire, Il n’y a pas un spectateur-type à l’ABC, mais des publics variés.”
Encore plus de diversité dans la programmation, aucun interdit, un plus grand élargissement du public et un peu plus de danse, c’est ce qu’il nous promet. Il lui faudra pourtant jouer des coudes avec mesure, le budget n’est pas extensible et la trésorerie pas au mieux de sa forme. Le premier pas vers le futur s’est fait avec un nouveau logo, tout beau, tout rond qui se décline sur des panneaux de circulation un peu partout dans la ville ; une jolie manière de dire que la programmation reste tout public et toute discipline. Bien entendu, À pas contés restera un moment fort de ce programme ; le petit festival a bien grandi et s’est taillé une réputation nationale.

Yann Rivoal

La Vapeur

Yann connaît bien la musique. Après avoir fait ses armes aux Vieilles Charrues en Bretagne, il se lance en solo dans le conseil et accompagnement culturel. Mais le travail en équipe lui manque et La Vapeur, équipement bien ancré dans la ville, le tente.
Pendant près d’un an, Yann, agréablement surpris par l’accueil qu’il trouve excellent, découvre le paysage culturel extrêmement riche de Dijon. Il a pris le temps pour de nouvelles perspectives, un projet global bien ficelé présenté à la rentrée. Une nouvelle com, bien sûr, mais pas seulement : “C’était le moment de renouveler l’image, le site était vieillissant, d’où un nouveau logo pour un nouveau départ. Après, on rénovera l’espace et on lui donnera une nouvelle jeunesse.”

Ce qui ne veut pas dire que l’on change tout, la programmation reste éclectique, La Vapeur continue d’accompagner les groupes locaux et travaille avec les autres acteurs culturels dijonnais, comme avant. Yann aime construire les choses dans le temps et pour ça, il s’appuie sur les acquis. “C’est un lieu généraliste. Peu importe son âge ou la connaissance que l’on a de ces musiques actuelles, tout le monde a sa place à La Vapeur. »
Les portes sont grandes ouvertes désormais aux bricoleurs pendant les ateliers de bidouillages sonores, aux chanteurs amateurs – J’peux pas, lundi j’ai chorale – et aux enfants avec des concerts exprès pour eux le dimanche.



 
 

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