44
Magazine Dijon

Octobre novembre 2010

 N°44
 
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07

Agenda Dijon - Interview par Thierry Binoche

Bastien Lallemant  serial chanteur

Attention, sous ses allures d’adolescent, cet homme est dangereux, c’est un « serial chanteur » ! Il aurait très bien pu s’entendre avec William Shakespeare, tant le nombre de cadavres qui jalonnent les chansons de son dernier album aurait plu au génial auteur anglais, car Bastien est aussi un « serial... auteur » !
Ça zigouille à tout va au fond du Verger. Interrogatoire !


Thierry Binoche  : C’est un album qui a pris du temps  ?

Bastien Lallemant  : C’est un album qui a pris beaucoup, beaucoup de temps, puisqu’entre le précédent et celui-ci, ça fait bien 5 ans :
2 ans d’écriture, 2 ans d’enregistrement et encore une petite année de finalisation. Et puis ce n’est pas seulement un disque musical, c’est aussi un objet accompagné de beaucoup de choses.

TB  : En effet il y a un roman-photo et un extrait live tourné à la Vapeur.

BL  : C’est important que l’on se rende compte qu’un artiste n’est pas seulement quelqu’un qui se cache derrière un micro mais est aussi là pour monter sur scène. Cette captation donne une photographie à un moment donné de mon travail avant la sortie de l’album. Elle regroupe Albin de la Simone, Bertrand Belin, Pascal Parisot et Jacques Tellitocci, qui me suit depuis toujours, des gens qui font de la belle musique.

TB  : Des doutes, des hauts des bas  ?

BL : Il y a énormément de doutes dans la création en général et plus le temps passe et plus il y en a. Mais le temps est aussi un allié, il nous permet d’écumer et de refouler les chansons qui ne sont pas bonnes à prendre. Pour Le Verger qui contient 12 titres, j’en ai écris 25, et pendant ces 4 ans je n’ai pas cessé d’écrire. Une chanson comme La plage a été écrite l’avant dernier jour d’enregistrement.

TB  : Vos personnages sont plutôt étranges. C’est Le Petit Théâtre de la Cruauté  !

BL  : Il y a beaucoup de venin dans cet album. C’est la thématique du roman noir que j’ai abordée dans toutes ces chansons. C’est l’occasion d’aborder les personnages types du genre, crime, cinéma noir. J’ai dénombré une vingtaine de cadavres, mais c’est un minimum, on peut supposer qu’il en traîne d’autres !

TB  : Le précédent c’était «  Les érotiques. C’est important une thématique  ?

BL  : Ca m’aide beaucoup à écrire. J’aime, en tant qu’auditeur, ces albums qui tournent autour du pot, soit autour d’une histoire, soit autour d’un thème. Ce qui m’intéresse « en chanson », c’est d’en écrire dans lesquelles on puisse avoir des micro-fictions (et je trouve que le roman noir se prêtait bien à ça). Mais aussi que l’on puisse, à travers ces histoires, aborder l’âme humaine, sa profondeur et sa noirceur. Et l’érotisme que je traitais dans le précédent album, c’était pour regarder l’âme humaine sous ses dehors sensuels.

TB  : Si on écoute l’Empoisonneuse, on y trouve aussi beaucoup de sensualité.

BL  : Ce morceau, comme tous les autres titres, est une coréalisation avec Albin de la Simone et Bertrand Belin. Albin se chargeant avec moi des structures, Bertrand signant plus les sur-arrangements et les cordes. Ça s’est fait avec les moyens du bord. C’est à dire un violon, un violoniste et c’est incroyable comment ça sonne !

TB  : La famille s’est agrandie avec Armelle Pioline, chanteuse de Holden…

BL  : Je suis tout à fait amoureux de la voix d’Armelle Pioline, et en amitié avec cette personne magnifique. Avec « Mocke », le guitariste, ils ont un parcours musical et artistique détonnant, incroyable et très singulier. J’avais prévu quoiqu’il arrive d’inviter Armelle sur ce disque. En écrivant La plage j’ai tout de suite pensé à elle, pareil pour le titre l’Amour.

TB  : D’autres projets très diversifiés toujours avec votre famille de musique et de cœur  ?

BL  : Oui, il y a eu plein de concerts singuliers avec des gens comme JP Nataf, Holden, Albin de La Simone mais aussi des collaborations avec les 26000 Couverts. J’ai aussi participé à la préparation du film « Gainsbourg. Une vie héroïque » de Johan Sfar.

TB  : Vous avez un mécène  !

BL  : Oui c’est très rare dans la musique. C’est Marc Vasselot, patron d’Optimark, une grande boite de communication de Paris qui a décidé de s’investir à fond dans mon projet. Le mécénat pourquoi s’en priver, l’art contemporain y puise un certain nombre de ressources. La musique aujourd’hui a besoin de ces nouvelles voies.

TB  : Revenons à ce bel objet…

BL  : Il y a des encres de chine au pinceau que j’ai réalisées et ce roman photo. On est dans un monde d’images, il est important d’apporter cette dimension picturale autour des chansons. Elle renvoie au cinéma, celle-ci particulièrement des années 60. Donc des romans photos de l’époque. J’avais envie de travailler avec cette photographe talentueuse, Valérie Archeno

Ne soyez pas frileux ou peureux. N’hésitez pas à explorer ce Verger et à retrouver Bastien Lallemant et ses complices sur les routes de la France pour mieux faire connaissance avec tous ces personnages habitant ses petites perles chantées. Frissons garantis.

Thierry Binoche

Dates : 11 novembre : émission « le fou du roi » France Inter, 28 novembre La Loge, Paris, 16 décembre festival Générique, Dijon, 17 décembre festival Générique, Besançon


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