Si vous avez préféré Kameloot sur la 6 à Plus belle la vie sur la 3, vous devriez aimer ce cadeau de Noël qu’on aurait aimé offrir en avant-première aux Dijonnais, si les temps n’étaient pas si durs : imaginez un KAMELOOT à la dijonnaise ! Un grand feuilleton plein de meurtres, de sexe et de fou-rire, où l’on s’embarquerait à la suite des Pleurants, les vrais, pour suivre le cortège des funérailles depuis la Belgique jusqu’à Champmol. Un cortège pas triste car on apprendrait tous les potins du moment, forcément. Le PVIB (Point de vue et Images de Bourgogne) et la compagnie Phosphosis Productions soutiennent le projet.
Vous vous rendez compte de l’impact qu’on aurait sur l’imaginaire des spectateurs, qui n’ont de nous que la caricature du journal de TF1 à 13 heures pour savoir qu’on existe ? Entre Ségolène qui fout joyeusement la merde et les bans bourguignons qui suivent les repas bien arrosés, on peut glisser d’autres images des Dijonnais en fête, on peut bien donner notre vision, et même notre révision de l’histoire… tout en montrant qu’on a un présent.
Au diable la vérité historique, ce qu’on veut savoir, dans ce type de feuilleton qui nous fait voir plus belle la vie au quotidien, c’est le nom des assassins envoyés pour tuer le cousin Armagnac félon, celui de la camériste qui empoisonna la maîtresse du duc pour lui piquer sa Toison d’Or... On veut suivre les mésaventures de notre duc préféré, celui que les Dijonnais appellent secrètement au secours lorsqu’ils doivent prendre une décision (rappelez-vous son fameux « Père, gardez-vous à droite, père, gardez-vous à gauche »). On verrait Jean Sans Peur invitant un sosie d’Obama à sa table, avec un pot de moutarde sous le bras, comme cadeau d’accueil. On découvrirait les courtisans au travail, les filous félons oeuvrant à l’ombre de la Tour de Bar, on partirait sur les pas du Téméraire, mais on ne le laisserait pas mourir tout seul comme un chien au milieu des loups.