64
Magazine Dijon

automne 2015

 N°64
 
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08

Astrid Handa-Gagnard Directrice du FRAC Bourgogne

Directrice du FRAC depuis trois ans, elle avait travaillé longtemps au côté d’un seul artiste, Yan Pei Ming.


Astrid Handa-Gagnard © DR

“C’est une évolution au sein du même milieu intellectuel, le développement de ce que j’ai toujours voulu faire. Après onze ans chez Ming, c’est une opportunité d’évolution. J’enseigne à l’université depuis 2001, j’ai des activités de recherche et de commissaire d’exposition. Je suis passée d’une œuvre à 250 œuvres, c’est comme un peu comme de passer d’un individu à 250 ; j’ai une relation intime mais familière avec les œuvres du FRAC.”

Après trois ans de travail, on peut dire que le FRAC a changé. Elle voulait “donner à voir la collection”, c’est fait. Le changement d’espace, aux Bains du Nord, a permis des expositions de meilleure qualité, mieux situées et la politique de médiation donne au public un accès direct aux œuvres. Le projet de réserve est arrivé à son terme, rue des Ateliers. Sa volonté de renouer avec des partenariats forts, à Dijon et en région, c’est fait aussi : les œuvres se baladent à Chagny, Leuglay…

“Dijon a une histoire particulière avec l’art contemporain… le 1 %, le Consortium, l’école nationale, la formation du pôle d’art contemporain en est presque évidente. C’est une synergie : on associe formation, transmission avec l’école (ENSA Dijon), médiation avec le FRAC, conservation avec les musées, production avec le Consortium.

La première action du pôle était l’exposition à Saint-Philibert avec une réédition l’année prochaine. Un “acte” sera signé très bientôt entre les partenaires de ce projet. Enfin le parcours d’art contemporain, (véritable chouette parcours, ndlr) sera inauguré en même temps que l’arrivée de l’œuvre place du théâtre.”

Questions

1- Le moment, le jour où vous avez regretté d’être une femme ?

Non jamais ce n’est pas un frein. Quelquefois, en effet on m’a fait comprendre que j’étais une “bonne femme idiote” (le garagiste ou le plombier, c’est très cliché). Ma grand-mère était secrétaire, à l’époque c’était une grande réussite. Elle a poussé mon père dans ses études et il est devenu magistrat mais dans sa tête, il fallait que je devienne à mon tour, secrétaire…

2- Le moment, le jour où vous auriez rêvé d’être un homme ?

Jamais.

3- La femme que vous auriez pu épouser ?

Plein de personnalités sont intéressantes mais je n’idéalise pas. Gamine, je regardais la série télé « A woman called Golda » avec Ingrid Bergman, retraçant le parcours de Golda Meir. Cette femme qui fuit les persécutions avec sa famille par l’immigration, qui veut être enseignante, qui ne se marie pas avec l’homme que ses parents lui choisissent mais avec un peintre d’affiches, qui se forme et s’émancipe par la politique et qui devient la première femme chef de gouvernement d’un état occidental, m’a frappée et impressionnée.

4- Votre idée d’un homme, un vrai…

Jean Moulin, peut-être. Je lis en ce moment sa biographie. Ce type, dont on ne peut mettre en cause le courage, avait une trouille bleue avant de sauter en parachute, ça le rend plus fragile. Au-delà de la figure mythique de la Résistance, c’est le fin politique, dessinateur et connaisseur des avant-gardes artistiques qui m’intéresse, pas seulement la figure de celui qui n’a pas parlé, pas trahi, mais encore une fois son épaisseur humaine.

5- Le moment, le jour où vous avez « profité » du fait d’être une femme ?

Volontairement, consciemment, non, je ne sais pas faire.

6- L’évolution et l’avenir des femmes dans votre secteur d’activité ?
Une grande féminisation et le fait d’être une femme, ce n’est pas un obstacle, on repousse les limites.


 
 

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