40
Magazine Dijon

Octobre Novembre 2009

 N°40
 
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Jean Maisonnave

A quand une taxe sur la connerie ? Humeurs de table


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Le marché de Sète n’est pas le plus grand de France mais c’est peut-être le plus intelligent. Ou le plus vivant, à l’instar des dorades qui gigotent sur les étals. Parce qu’il n’est pas seulement une accumulation de marchandises et de porte-monnaies. C’est un vrai lieu d’échanges internationaux. Boutiques italiennes, espagnoles, africaines et autres ; on y trouve des produits de partout et même de la Montagne noire, où se font encore les meilleures saucisses sèches. Et puis, on peut y manger, bistrot et dégustations de fruits de mer. Et puis il y a un espace de repos où les vieux détaillent le journal. Et puis un espace de jeu où on peut laisser les gosses, tout ça imbriqué. Brassage social, agora.

Le mot commerce y retrouve une partie de son étymologie : « relations, rapports de société, échange de pensées, de sentiments ». Quand, à grande échelle, on essaie de nous isoler dans notre rapport aux marchandises, le marché de Sète - sans autre utopie- remet un peu d’humanité dans la circulation du pognon. On devrait y condamner les banquiers à six mois de travail d’intérêt général.

Restons au marché. Celui de Dijon, enfin, autour ; ça fait deux fois qu’on me sert la même scène au dessert. La première, dans le resto où j’étais. Cette fois, dans celui d’à côté. Des touristes, à un peu plus de 14 heures, se font jeter ; la première fois par un proprio goguenard, cette fois par un serveur pressé. Sans leur indiquer où aller. Deux fois, ça fait symptôme. Dans le pays au monde qui tire le plus grand bénéfice du tourisme. Dans celui aussi, récent sondage, où les touristes estiment que l’accueil est le plus nul, Paris surtout, avant la Côte d’Azur. Alors bon, le repos, tout ça, je sais que c’est un métier difficile, mais quand même. Dans une petite ville de Suisse, on m’a servi des girolles et du mignon de porc à 15 heures. En Suisse. Peut-être qu’on y est moins gâté… Mais c’est surtout la manière ; on peut s’excuser, expliquer, orienter. Eviter en tout cas cet air de supériorité outragée qui fait repérer le franchouille sur toute la planète. L’art de recevoir, selon Brillat-Savarin, est une des beautés de ce métier difficile. Puisqu’il paraît que la baisse de la TVA a créé un léger manque à gagner, et voyant la réaction de certains professionnels, je me dis qu’avec une taxe sur la connerie, y aurait du fric à récupérer.
JM


 
 

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